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Des archéologues explorant une jungle ont découvert les vestiges de marchés antiques mayas
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une géométrie commerciale enfouie dans la forêt

Les terres basses mayas du sud-est du Mexique dévoilent une nouvelle dimension de leur organisation urbaine. Un chercheur a mis au jour des dizaines de structures qualifiées de constructions imbriquées, réparties à travers d’anciennes communautés historiques. Ces vestiges datent de la période classique, s’étendant de l’an 250 à 900 de notre ère.

Au total, ce sont environ cinquante sites archéologiques qui ont été identifiés dans cette région forestière. L’ensemble de ces complexes présente une forte similitude, caractérisée par des anneaux concentriques formés de structures basses.

Cette conception spatiale trouve un écho direct dans les archives historiques. L’agencement correspond aux descriptions des marchés du centre du Mexique rédigées à l’époque de la Conquête.

L’architecture des plateformes d’échange

credit : lanature.ca (image IA)

Ivan Šprajc, rattaché au Centre de recherche de l’Académie slovène des sciences et des arts, documente ces découvertes. Son étude, publiée dans la revue Ancient Mesoamerica, souligne que les terres basses mayas centrales et occidentales abritent une véritable diversité de ces complexes.

L’analyse de la disposition physique permet de reconstituer l’animation de ces lieux. Le spécialiste décrit la structure : « Les monticules bas, étroits et allongés, disposés en cercles concentriques ou en rectangles, sont probablement les vestiges de plateformes qui soutenaient autrefois des étals périssables pour exposer des marchandises, les allées intermédiaires servant de passages, »

Autour de ces zones de chalandise, d’autres bâtisses complétaient l’organisation spatiale. L’expert ajoute une précision sur le rôle de ces annexes : « Les grandes structures associées et les cours annexées peuvent avoir abrité des autorités administratives ou servi d’installations de stockage. »

La dimension rituelle de l’économie mésoaméricaine

credit : lanature.ca (image IA)

Ces espaces antiques ne se limitaient pas à une stricte fonction commerciale. De nombreuses localisations intègrent des autels en pierre et des zones de sanctuaires, tandis que certaines abritent des bâtiments cérémoniels, voire des terrains de jeu de balle. Ces éléments renforcent l’association entre les pratiques marchandes mésoaméricaines et leurs dimensions religieuses ou rituelles.

L’hypothèse de la place de marché s’appuie sur plusieurs éléments matériels. Ivan Šprajc note que les modèles architecturaux de ces lieux correspondent à ceux des marchés précédemment identifiés lors de recherches archéologiques dans d’autres cités mayas. Cette déduction est confortée par la découverte de peintures illustrant des activités de marché.

Bien que certains de ces sites aient pu accueillir des activités rituelles, de la production artisanale et de la consommation de nourriture, la vocation marchande reste privilégiée. L’auteur de l’étude écrit : « L’idée que les complexes présentant cette configuration distinctive représentent les vestiges de marchés construits semble être l’interprétation la plus viable à la lumière des données disponibles, »

Géographie et spécialisation des flux commerciaux

credit : lanature.ca (image IA)

La répartition géographique de ces constructions imbriquées révèle des schémas d’implantation précis. Ivan Šprajc rapporte que certaines zones affichent une concentration nettement plus élevée de ces aménagements.

Ces lieux d’intense densité se situent souvent dans des secteurs moins favorables à la culture agricole sur le plan naturel. Cette contrainte environnementale induisait potentiellement, selon le texte de l’étude, un « plus grand besoin d’importer et de redistribuer les produits agricoles. »

Une autre concentration majeure de ces marchés potentiels se trouve autour d’un des cours d’eau les plus stables de la région, la rivière La Rigueña. Des recherches complémentaires indiquent que cette rivière faisait l’objet d’une pêche intensive, ce qui suggère que les marchés établis dans ce secteur spécifique étaient axés sur le commerce du poisson.

Variations régionales et traces archéologiques

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Des recherches supplémentaires s’avèrent nécessaires pour dresser un tableau plus riche de la distribution de ces lieux d’échanges. Ivan Šprajc juge improbable que ces complexes aient été uniformément répartis dans chaque secteur des terres basses mayas.

L’archéologue suggère que l’apparence de ces espaces variait selon les endroits, offrant un éventail de variations régionales sur le concept des marchés construits par les anciens Mayas.

Cette diversité explique les défis liés à leur repérage actuel. Il précise ce point de vue : « Étant donné la variabilité régionale connue dans diverses expressions culturelles, il semble évident que les mêmes activités auraient pu se dérouler dans des enceintes avec des configurations architecturales différentes ou même dans des espaces sans structure permanente, » avant d’ajouter que ces espaces ouverts finissent par s’effacer, « laissant ainsi peu de traces détectables sur le plan archéologique. »

Selon la source : popularmechanics.com

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