Le dénouement autour du projet de loi 15
PL15 – PHARMACIENS
Je suis heureux d’annoncer qu’une entente de principe est intervenue entre l’AQPP et notre gouvernement afin de se pencher sur la question des coûts des médicaments de spécialités.
Les pharmaciens communautaires jouent un rôle essentiel dans l’accès aux soins…
— Jean Boulet (@JeanBoulet10) March 30, 2026
Une étape décisive vient d’être franchie dans le bras de fer opposant le gouvernement du Québec aux professionnels de la pharmacie. Lundi soir, les deux parties ont officialisé une entente de principe destinée à retirer une disposition hautement controversée du projet de loi 15. Cette mesure visait spécifiquement à plafonner la facturation que les pharmaciens propriétaires soumettent aux assureurs privés.
L’annonce de ce compromis s’est déroulée sur la plateforme X. C’est le ministre Jean Boulet qui a pris la parole pour confirmer la nouvelle. « Je suis heureux d’annoncer qu’une entente de principe est intervenue entre l’AQPP et notre gouvernement afin de se pencher sur la question des coûts des médicaments de spécialité », a-t-il déclaré.
La source de la discorde financière

L’introduction initiale de cette règle dans le projet de loi 15 avait provoqué une forte grogne au sein de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP). Le texte législatif prévoyait de bloquer la possibilité pour ces professionnels de réclamer aux assurances privées un montant supérieur à celui facturé dans le cadre du régime public.
Face à cette restriction, l’organisation accusait directement le gouvernement du Québec de mettre en péril le gagne-pain de ses membres. La situation générait de vives inquiétudes sur le terrain, les pharmaciens propriétaires allant jusqu’à craindre que le maintien de cette mesure finisse par compromettre l’accès à certains services pour la population.
L’origine de l’amendement

La tension autour de ce dossier n’a cessé de monter au cours des derniers jours. La situation s’était particulièrement envenimée la semaine dernière, modifiant l’équilibre des débats parlementaires et forçant les différents acteurs à réagir rapidement.
Cette escalade trouvait sa source dans l’ajout de l’amendement à l’origine du litige. La proposition de plafonnement avait été soumise par Alexandre Leduc, le député représentant la formation politique Québec solidaire. Son initiative avait immédiatement cristallisé l’opposition frontale du secteur pharmaceutique.
Le recul de Québec et l’engagement tripartite

Le mécontentement ne s’est pas limité aux seuls pharmaciens. Le gouvernement provincial a dû faire face à une convergence d’enjeux soulevés par de multiples acteurs économiques, allant des employeurs aux syndicats, sans oublier les assureurs eux-mêmes. C’est cette pression élargie qui a conduit Québec à décider de reculer sur cette disposition précise.
Le ministre du Travail a clarifié les modalités de ce retrait et les engagements pris pour l’avenir. « Nous comprenons les préoccupations exprimées par les pharmaciens. Un amendement sera déposé afin de retirer cette disposition du PL. En contrepartie, l’AQPP participera à des discussions tripartites avec le gouvernement et les assureurs sur la question des honoraires associés aux médicaments de spécialités », a-t-il ajouté.
Le projet de loi 67 en toile de fond

Ce revirement stratégique s’inscrit dans un climat de négociations qui dure depuis déjà plusieurs mois. Le gouvernement de la province et les pharmaciens propriétaires maintiennent des pourparlers réguliers dans le but de s’entendre sur un tout nouveau cadre de rémunération globale.
Ces discussions de fond doivent permettre d’adapter les revenus à la nouvelle réalité de la profession. De nouveaux pouvoirs ont en effet été octroyés aux pharmaciens par le biais du projet de loi 67, nécessitant une révision complète des paramètres financiers qui encadrent leur pratique au quotidien.
Selon la source : journaldemontreal.com