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Les secrets de la comète interstellaire 3I/ATLAS révélés par la sonde spatiale européenne JUICE
Crédit: ESA/Juice/JANUS

L’arrivée d’un visiteur interstellaire sous haute surveillance

credit : lanature.ca (image IA)

L’année 2025 a été marquée par le passage remarqué de la comète 3I/ATLAS. Découvert le 1er juillet de cette même année, l’objet céleste a rapidement captivé l’attention du public, s’imposant comme le troisième visiteur interstellaire connu à ce jour par la communauté scientifique. Sa trajectoire l’a amené à atteindre sa distance la plus proche de la Terre juste avant la période de Noël, devenant ainsi un sujet d’étude incontournable et massivement médiatisé pour de multiples missions spatiales et télescopes.

L’astre a présenté un comportement particulièrement atypique en disparaissant derrière le Soleil pendant plusieurs semaines. Durant cette longue phase d’invisibilité depuis notre planète, des explorateurs robotiques ont pris le relais pour maintenir une surveillance constante sur le corps céleste.

Les équipes de recherche sur Terre n’ont commencé à recevoir les précieuses données en provenance de ces vaisseaux spatiaux qu’au cours des toutes dernières semaines, ouvrant la voie à des analyses inédites.

La sonde JUICE braque ses instruments sur un astre millénaire

credit : lanature.ca (image IA)

Parmi les observateurs privilégiés figure la mission JUICE de l’Agence spatiale européenne (ESA), un vaisseau initialement en route vers les lunes glacées de Jupiter. L’ESA a diffusé de premières images et vidéos au cours des dernières semaines, avant de publier une nouvelle série de visuels accompagnés d’informations approfondies sur les propriétés physiques de la comète.

Les instruments de la sonde JUICE ont examiné 3I/ATLAS juste après son périhélie, c’est-à-dire le point de son orbite le plus proche du Soleil. L’astre chevelu ne s’est pas approché extrêmement près de notre étoile, se maintenant à une distance de 210 millions de kilomètres, soit environ 130 millions de miles, lors de cet événement orbital.

Cette proximité a tout de même suffi pour affecter considérablement l’intégrité de ce corps glacé. La comète s’est formée il y a plus de 7 milliards d’années, une estimation qui pourrait même s’élever entre 10 et 12 milliards d’années selon les modèles. Son dernier passage près d’une étoile remonte à au moins 10 millions d’années, une durée d’isolement qui pourrait s’avérer bien plus longue en réalité.

Des pertes d’eau massives et une anatomie singulière

Les mesures effectuées par le vaisseau spatial de l’ESA ont mis en évidence un dégazage d’une ampleur impressionnante. La comète perdait l’équivalent de 70 piscines olympiques d’eau chaque jour, ce qui représente environ 2 000 kilogrammes de vapeur d’eau libérés par seconde. Ce volume se situe dans la fourchette haute des observations réalisées sur les comètes connues, bien qu’il ne représente qu’un dixième de l’eau libérée par la célèbre comète de Halley, qui s’approche beaucoup plus près du brasier solaire.

Les données indiquent que cette puissante émission provenait majoritairement de la face de la comète exposée au Soleil. Cette zone spécifique a d’ailleurs rapidement développé une anti-queue dès les premiers stades de l’approche. Si les queues cométaires traditionnelles pointent toujours à l’opposé du Soleil, une anti-queue se forme lorsque des grains massifs sont libérés et que la pression de la lumière solaire ainsi que les vents solaires ne parviennent pas à les repousser vers l’arrière.

Ce phénomène s’explique par l’origine même de l’expulsion d’eau. Les analyses confirment que la majeure partie de la vapeur d’eau ne s’échappait pas directement du noyau solide, mais provenait plutôt des grains en suspension situés dans la coma, ce vaste halo de poussière et de gaz qui enveloppe l’astre.

Des dimensions vertigineuses sous l’œil des ultraviolets

credit : lanature.ca (image IA)

Les observations menées dans le spectre ultraviolet ont permis d’estimer avec précision l’étendue des éléments gazeux et poussiéreux de la comète. Ces derniers s’étiraient sur une distance gigantesque de 5 millions de kilomètres, correspondant à 3,1 millions de miles. Ces dimensions sont imposantes, bien qu’elles ne battent aucun record absolu, certaines queues cométaires observées par le passé pouvant s’étirer sur 10 millions de kilomètres, soit 6,2 millions de miles.

L’analyse actuelle conforte l’hypothèse avancée par les astronomes depuis quelque temps : 3I/ATLAS s’est avéré être à la fois un objet exceptionnel venu d’au-delà de notre Système solaire et une comète au comportement tout à fait classique une fois réchauffée. De nombreuses données continuent d’être traitées et pourraient révéler des éléments plus singuliers, tels que sa composition chimique exacte ou son niveau d’activité à mesure qu’elle s’éloigne du Soleil.

La sonde JUICE n’avait pas été conçue pour ce type d’observation, mais elle a parfaitement relevé le défi technique. Olivier Witasse, scientifique du projet à l’ESA, s’est exprimé auprès du média IFLScience en octobre, lors de l’annonce de la campagne : « Cette campagne était inattendue pour tout le monde ! Pour JUICE, en effet, nous sommes dans une phase de croisière pendant laquelle il y a des contraintes thermiques, étant relativement proches du Soleil (par rapport à la phase scientifique autour de Jupiter). Par conséquent, aucune activité de charge utile n’était censée avoir lieu en ce moment. Cependant, étant donné le caractère unique de ces observations, il a été décidé de préparer cette planification d’observation supplémentaire. »

Défense planétaire et cap vers le système jovien

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Les données recueillies par la sonde JUICE ont offert un avantage supplémentaire inattendu. Elles ont été utilisées pour réduire les incertitudes concernant l’orbite de la comète, démontrant au passage que les missions opérant dans l’espace lointain sont capables de fournir des informations cruciales pour les programmes de défense planétaire.

L’astre 3I/ATLAS ne représentait aucunement un objet dangereux pour la Terre. Néanmoins, d’autres astéroïdes potentiellement menaçants croisent dans le cosmos. La maîtrise de nouvelles approches permettant de mieux définir les orbites de ces corps célestes revêt une importance capitale pour la prévention des risques futurs.

En l’absence de nouveaux visiteurs interstellaires imprévus, la mission JUICE se concentre désormais exclusivement sur sa trajectoire en direction de Jupiter et de ses lunes glacées. La sonde atteindra sa destination finale en l’an 2031. Cette campagne d’observation impromptue a clairement démontré les capacités techniques exceptionnelles de la mission.

Claire Vallat, co-scientifique du projet, a fait part de son enthousiasme dans un communiqué officiel : « Les données que nous voyons déjà provenant des instruments de Juice sont vraiment prometteuses. Nous sommes de plus en plus enthousiastes quant à leur bon fonctionnement et à ce que nous révélerons sur Jupiter et ses lunes glacées dans les années 2030. »

Selon la source : iflscience.com

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