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Québec adopte une loi interdisant la prière dans les rues et les salles de prière dans les écoles
Crédit: Side-by-side fusion: "Jean-François Roberge.png" by TVA Nouvelles licensed under CC BY 3.0 via Wikimedia Commons + "Flag of Quebec.jpg" by Quintin Soloviev licensed under CC BY 4.0 via Wikimedia Commons / lanature.ca (image IA)

La fin des prières de rue et un paysage politique divisé

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Le paysage urbain québécois s’apprête à connaître une transformation visible. Jean-François Roberge, le super-ministre de l’Identité de la Coalition Avenir Québec (CAQ), vient de faire adopter son projet de loi visant à renforcer la laïcité dans l’espace public. Cette législation marque formellement la fin des prières de rue sur le territoire de la province.

La justification de cette mesure repose sur une vision stricte de l’ordre public. Le ministre Roberge a d’ailleurs déclaré que les prières de rue pouvaient constituer des « actes de provocation ». Une exception demeure toutefois prévue par le texte de loi : les municipalités conserveront le pouvoir d’autoriser ces rassemblements, à condition de respecter certains critères précis établis par le gouvernement.

Sur le plan politique, l’adoption de ce texte a redessiné les alliances habituelles. Le projet de loi a bénéficié du soutien appuyé du Parti Québécois (PQ), qui a joint ses voix à celles de la majorité. Face à eux, le Parti libéral et la formation Québec solidaire se sont fermement opposés à cette nouvelle législation, marquant une profonde division sur la question de la gestion des pratiques religieuses.

De nouvelles règles strictes pour les éducatrices et le personnel scolaire

lanature.ca (image IA)

L’application de la laïcité s’étend désormais à la petite enfance. La nouvelle loi instaure une interdiction formelle du port de signes religieux pour toutes les éducatrices travaillant dans les garderies. Le gouvernement provincial élargit également cette mesure d’interdiction aux enseignants et aux membres du personnel œuvrant dans les établissements scolaires privés.

Pour adoucir la transition, le législateur a prévu une clause de droits acquis, communément appelée clause grand-père. Cette exception garantit que les employés ayant été embauchés avant la date fatidique du 27 novembre 2025 ne seront pas soumis à cette nouvelle interdiction et pourront conserver leurs signes religieux dans le cadre de leurs fonctions.

Le voile intégral fait l’objet d’un encadrement encore plus rigoureux. Son port sera totalement prohibé au sein des garderies, des Cégeps et des universités. Cette interdiction s’applique de manière bidirectionnelle : elle concerne aussi bien les personnes qui fournissent les services éducatifs que celles qui les reçoivent.

Un ultimatum de trois ans pour les écoles privées subventionnées

lanature.ca (image IA)

Le gouvernement de François Legault signale la fin d’une époque pour les écoles privées confessionnelles bénéficiant de subventions de l’État. Ces établissements se voient accorder un délai strict de trois ans pour modifier en profondeur leur fonctionnement interne. Ils devront notamment mettre un terme à la sélection de leurs élèves et de leurs enseignants sur la base de leur affiliation religieuse.

L’enseignement du contenu religieux pendant les heures de classe régulières devra également cesser sous peine de sanctions financières majeures. Si ces écoles privées ne se conforment pas à ces nouvelles directives au terme des trois années accordées, elles perdront purement et simplement leur accès aux fonds publics.

La vie spirituelle ne disparaît pas totalement de ces murs, mais elle est repoussée aux marges de l’horaire scolaire. Les activités religieuses pourront continuer à se dérouler au sein de ces établissements, à la condition stricte qu’elles aient lieu en dehors des heures de cours, qu’elles demeurent facultatives pour les élèves et qu’elles ne soient financées par aucun fonds de l’État. En parallèle, le ministre annonce la fermeture définitive des salles de prière dans les Cégeps et les universités de la province.

Le renforcement de la loi 21 et le bouclier juridique

Lea-Kim, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Toutes ces mesures s’inscrivent dans une volonté affichée du gouvernement Legault de consolider les fondations de sa loi 21 sur la laïcité de l’État. Cette législation emblématique prohibait déjà le port de signes religieux pour les employés de l’État occupant des postes d’autorité, une catégorie qui englobe les juges, les policiers et les enseignants du réseau public.

Pour garantir l’application de ces nouvelles dispositions sans entrave judiciaire, le Québec a de nouveau recours à un outil constitutionnel puissant. Le gouvernement protège sa loi contre d’éventuelles contestations devant les tribunaux en invoquant la clause dérogatoire, s’assurant ainsi que les tribunaux ne puissent invalider le texte au nom des chartes des droits.

Cette stratégie législative trouve un écho favorable auprès du Parti Québécois, qui n’hésite pas à s’attribuer une part de la paternité du texte. Le député péquiste Alex Boissonneault a tenu à souligner cette dynamique parlementaire : « Reconnaissons que plusieurs idées dans ce projet de loi, qui deviendra loi, viennent du Parti Québécois. Nous avons affaire à un gouvernement qui, souvent lorsque nous mettons en avant une idée, réagit en disant que cela n’a pas de sens. Puis, finalement, adopte essentiellement les lignes que nous avions initialement. Donc, nous pensons que c’est en effet ce qui doit être fait, » a-t-il argumenté.

Des inquiétudes soulevées face à la crise des services publics

Side-by-side fusion: « RubaGhazal 2 (3×4).jpg » by QuebecSolidaireMercier licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons + « Flag of Quebec.jpg » by Quintin Soloviev licensed under CC BY 4.0 via Wikimedia Commons

L’adoption de cette loi ne se fait pas sans heurts sur la scène sociale et politique. La formation Québec solidaire (QS) a choisi de concentrer ses critiques sur un point précis : la condamnation ferme de l’interdiction des signes religieux imposée aux éducatrices des garderies et des Centres de la petite enfance (CPE).

La porte-parole solidaire, Ruba Ghazal, a exprimé de vives inquiétudes quant aux conséquences directes de cette mesure sur le maintien en emploi du personnel. « Contrairement à ce que dit le ministre, il y aura des éducatrices en CPE qui perdront leur emploi si elles ont été embauchées après le 27 novembre ou si elles changent d’établissement. C’est grave ! Alors qu’aujourd’hui, nous avons une crise dans nos services publics, les parents sont inquiets, les femmes veulent travailler et avoir quelqu’un pour s’occuper de leurs enfants en CPE, » a-t-elle déclaré avec véhémence.

Cette nouvelle étape dans la codification de la laïcité québécoise modifie ainsi en profondeur le cadre d’exercice de plusieurs professions liées à l’éducation et à la petite enfance. La mise en application de ces règles au cours des prochaines années, notamment avec l’échéance de 2025, constituera un test majeur pour le réseau des services publics de la province.

Selon la source : montreal.citynews.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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