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Les astronautes d’Artemis program observent déjà une face de la Lune invisible depuis la Terre, avant de battre aujourd’hui un record de distance
Crédit: NASA

Un nouveau regard sur notre satellite naturel

credit : lanature.ca (image IA)

Le voyage de la mission Artemis II offre déjà des perspectives visuelles spectaculaires de notre environnement spatial. L’équipage composé des astronautes de la NASA Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, ainsi que de l’astronaute de l’Agence spatiale canadienne Jeremy Hansen, documente chaque étape de son éloignement terrestre.

Parmi les premiers clichés diffusés, la « bille de nuit » a particulièrement capté l’attention du public. Cette image figeant la face cachée de la Terre alors que le vaisseau s’en éloigne est rapidement devenue une favorite parmi les observateurs de la mission.

Aujourd’hui, l’attention se tourne vers notre satellite naturel à mesure que la capsule s’en approche. Les premières photographies lunaires semblent familières, mais une observation attentive révèle un détail troublant : l’angle de vue actuel offre une perspective qu’il est physiquement impossible d’obtenir depuis la surface terrestre.

Le déplacement visuel de l’Océan des Tempêtes

credit : lanature.ca (image IA)

Pour comprendre cette anomalie visuelle, il faut se pencher sur la géographie lunaire classique. Les zones sombres de la surface sont appelées les mers, ou maria. La formation principale sur la face visible de la Lune est plus vaste qu’une simple mer : il s’agit d’Oceanus Procellarum, une immense plaine de lave s’étendant vers le limbe occidental de l’hémisphère observable depuis notre planète.

Cette région façonne en grande partie l’illusion d’optique bien connue de l’homme dans la Lune, ou celle du lapin présente dans plusieurs cultures asiatiques. Depuis la Terre, Oceanus Procellarum se situe sur le bord du disque lunaire.

Sur les images transmises par Artemis II, Oceanus Procellarum trône désormais en plein centre de l’astre. Le cratère Tycho, reconnaissable à ses spectaculaires rayons blancs, apparaît avec un angle d’inclinaison différent. De ce point de vue inédit, la partie occidentale de la face cachée se révèle beaucoup plus nettement.

La mer Orientale sous un nouveau jour

credit : lanature.ca (image IA)

Dans cette région nouvellement observable, la formation la plus imposante est Mare Orientale, ou la mer Orientale. Son nom provient de sa position géographique, située à l’extrême est de la face cachée de la Lune. Il s’agit d’un cratère colossal mesurant 930 kilomètres, soit 580 miles de diamètre.

La physionomie de cette dépression est singulière. Son fond de basalte sombre, entouré de multiples crêtes concentriques, lui donne une forme de cible parfaite. Les géologues estiment qu’il pourrait s’agir du plus jeune bassin d’impact de la Lune.

Cet impact colossal aurait eu des répercussions sur l’ensemble de la topographie lunaire. L’événement aurait nivelé la quasi-totalité des pentes supérieures à 35 degrés sur l’astre. Depuis la Terre, seules les chaînes de montagnes encerclant le cratère, les Montes Rook et les Montes Cordillera, peuvent être aperçues, rendant la vue directe de Mare Orientale exceptionnelle.

L’entrée dans la sphère d’influence lunaire

Le vaisseau Orion a franchi une limite physique majeure en pénétrant dans la sphère d’influence de la Lune. Ce franchissement s’est produit précisément à 0 h 37 EDT, le 6 avril. Dès cet instant, la gravité lunaire est devenue la force prédominante agissant sur l’engin spatial.

Christina Koch, qui détient désormais le titre de la femme ayant voyagé le plus loin de la Terre, a décrit ce basculement gravitationnel : « Nous tombons maintenant vers la Lune plutôt que de nous élever loin de la Terre. C’est une étape incroyable ! »

Le passage au plus près de la surface lunaire n’est plus qu’à quelques heures. L’équipage s’apprête à observer à l’œil nu des régions de la face cachée qu’aucun être humain n’a jamais vues directement. Ces observations visuelles seront couplées à des analyses scientifiques importantes ciblant ces territoires inexplorés.

La chute du record d’Apollo 13

L’apogée de l’expédition Artemis II se profile pour la soirée. À 19 h 05 EST ce soir, la capsule Orion et son équipage atteindront la distance maximale de leur trajectoire par rapport à notre planète.

À cet instant précis, les quatre astronautes se trouveront à environ 406 773 kilomètres, ce qui correspond à 252 757 miles de la Terre. Ce jalon marque le point le plus lointain jamais atteint par une mission habitée dans l’histoire de l’exploration spatiale.

En atteignant ces coordonnées, la mission effacera des tablettes le précédent record établi par Apollo 13. Ce record historique, qui aura tenu pendant 56 ans, sera battu par une marge significative de plus de 6 600 kilomètres, soit 4 100 miles, redéfinissant ainsi les frontières du vol spatial humain.

Selon la source : iflscience.com

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