Le gouvernement canadien investit 412 millions de dollars pour la protection du saumon du Pacifique
Auteur: Simon Kabbaj
Un investissement de 412,9 millions de dollars sur cinq ans

Le gouvernement fédéral canadien annonce un investissement de 412,9 millions de dollars réparti sur cinq ans. L’objectif de ce financement est de renouveler la Stratégie pour le saumon du Pacifique, un plan formellement conçu pour protéger et reconstruire les populations sauvages de l’espèce.
L’annonce a été faite ce mardi à North Vancouver par Joanne Thompson, la ministre des Pêches. Dans une déclaration officielle, elle a souligné que les cinq premières années de l’initiative ont démontré ce qu’il était possible d’accomplir lorsque les partenaires travaillent de concert. Ces efforts initiaux ont permis de restaurer des habitats, d’élargir les programmes d’écloseries, d’améliorer la gestion et de trouver de nouvelles méthodes pour protéger les stocks vulnérables.
La ministre a ensuite complété son annonce : « Mais les défis auxquels sont confrontés les saumons sauvages du Pacifique sont loin d’être terminés, » a-t-elle précisé. Elle a poursuivi : « À travers la stratégie renouvelée pour le saumon, notre gouvernement s’engage dans le prochain chapitre de ce travail — un chapitre fondé sur la science, guidé par le leadership autochtone, et motivé par la responsabilité partagée de protéger le saumon pour les générations à venir. »
L’attente des groupes de conservation locaux

Du côté des associations de protection de l’environnement de la Colombie-Britannique, l’annonce financière a été qualifiée de bienvenue. Comment ces fonds vont-ils être déployés sur le terrain ? C’est le point central soulevé par les acteurs locaux qui observent le dossier de près.
Les groupes de conservation insistent sur le fait que cet argent doit être dépensé correctement. Ils réclament expressément la présence de « bottes sur le terrain » pour évaluer les risques encourus par les différentes populations de poissons.
L’attention de ces groupes se porte tout particulièrement sur les grands projets en développement. Les défenseurs de la nature soulignent la nécessité de surveiller étroitement les risques associés à ces initiatives majeures, car celles-ci sont considérées comme potentiellement très polluantes pour les écosystèmes du saumon.
Craintes face aux pollueurs et aux coupes budgétaires

Aaron Hill, directeur exécutif de la Watershed Watch Salmon Society, mentionne plusieurs préoccupations spécifiques. Il cible un certain nombre de projets liés aux ressources naturelles qui pourraient s’avérer hautement polluants. Selon lui, la présence de ces installations pourrait « faire beaucoup de dégâts » aux saumons sauvages si aucune surveillance n’est exercée.
Le responsable associatif exprime également son inquiétude face à la réduction des budgets de fonctionnement du ministère des Pêches décidée par le gouvernement fédéral. Cette diminution des ressources intervient à une période où le nombre de pollueurs potentiels pourrait être à la hausse.
Lors d’une entrevue, Aaron Hill a détaillé sa position : « Il est vraiment important qu’ils maintiennent leurs programmes de base comme l’évaluation des stocks qui nous permet de savoir combien de poissons nous avons et comment ces populations se portent, et de continuer à faire avancer les programmes de pêche sélective afin que nous puissions avoir les pêcheries les plus durables possibles, ». Il a ensuite ajouté : « Nous faisons face à des creux historiques pour beaucoup de nos populations de saumons, et nous en sommes donc à un point maintenant où nous devons faire tout ce que nous pouvons pour reconstruire ces populations afin que nous puissions avoir une certaine abondance. »
Le débat autour des pêches sélectives

Les données fournies par le ministère fédéral dressent le bilan actuel de l’espèce. Actuellement, deux douzaines de populations de saumons sauvages du Pacifique ont été évaluées comme étant en voie de disparition. À ce chiffre s’ajoutent 10 populations considérées comme menacées et neuf autres classées comme étant particulièrement préoccupantes.
Mardi, Misty MacDuffee, responsable du programme sur le saumon sauvage à la Raincoast Conservation Foundation, a partagé ses attentes concernant l’utilisation des fonds. Elle espère que cet argent ira à l’avancement des pêches sélectives. Cette approche éviterait le mélange des stocks sauvages avec ceux issus des écloseries, un phénomène qui expose les saumons sauvages aux risques liés à certains types de pêche.
« Nous comprenons de plus en plus qu’il y a une mortalité, et cela dépend de la taille du poisson, du type de poisson, de toutes ces sortes de facteurs, » a déclaré Misty MacDuffee. Elle a poursuivi son explication : « Donc, il y a un coût dans la façon dont nous avons essayé de gérer au cours de la dernière décennie ou deux, quelques décennies en réalité. » Pour conclure son intervention, elle a affirmé : « Je pense que là où beaucoup de gens, de scientifiques, d’écologistes et de nations arrivent, c’est que ce n’est tout simplement pas la façon de pêcher. »
Bilan d’un projet amorcé en 2021

L’initiative globale pour le saumon trouve ses origines lors de son lancement initial en 2021. Dès le commencement, le projet a été structuré pour permettre une vaste collaboration entre de multiples intervenants à l’échelle régionale.
Les gouvernements de la Colombie-Britannique et du Yukon se sont ainsi associés aux peuples autochtones, aux pêcheurs et aux scientifiques. Les groupes environnementaux, les groupes d’intendance, ainsi que les communautés établies le long de la côte ouest ont également été intégrés à ce travail conjoint.
Quel est le résultat formel de ces partenariats ? Selon la déclaration du ministère des Pêches, ces alliances ont été centrales dans l’accomplissement de plusieurs objectifs. Elles ont permis de restaurer l’habitat du saumon, de lutter contre les pêches illégales, et de moderniser ou de construire plus de 70 écloseries dans les zones concernées.
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