Trump : « Les États-Unis ont remporté une victoire totale et complète, à 100 %, sans aucun doute »
Auteur: Simon Kabbaj
Le fil du rasoir et l’annonce de Donald Trump

Mardi, depuis Washington, le président des États-Unis a pris la parole lors d’un appel téléphonique inattendu avec l’Agence France-Presse (AFP). Au cœur de cet échange, l’annonce d’un accord de cessez-le-feu de deux semaines conclu avec l’Iran, que Donald Trump a immédiatement qualifié de réussite totale pour son administration.
Le calendrier de cet accord révèle une tension extrême sur le terrain. En effet, les deux camps ont validé cette trêve à peine une heure avant l’expiration de l’ultimatum fixé par Donald Trump. Ce dernier avait alors menacé de réduire à néant la république islamique si aucune solution diplomatique n’était trouvée dans les délais impartis.
Interrogé par l’AFP pour savoir s’il revendiquait le succès de cette opération lors de ce bref appel, le dirigeant américain a répondu sans hésitation. « Victoire totale et complète. 100 pour cent. Il n’y a aucun doute là-dessus, » a-t-il déclaré, affichant un optimisme résolu face à la situation.
Les contours de l’accord et le détroit d’Ormuz

Malgré l’enthousiasme affiché par le dirigeant américain, des interrogations subsistent sur les détails précis de ce qui a été convenu entre les deux parties. De son côté, Téhéran présente également cette issue comme une victoire pour son propre camp, ce qui ajoute une certaine confusion autour des concessions réelles obtenues par chacun.
L’une des principales zones d’incertitude concerne les dispositions relatives à la réouverture du détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle pour le trafic pétrolier. Donald Trump a néanmoins insisté sur le fait qu’il existait un cadre solide pour parvenir à un accord sur le plus long terme.
Lors de son annonce précédente sur son réseau Truth Social, le président républicain avait indiqué que l’Iran avait soumis une proposition en 10 points jugée « réalisable ». Au téléphone, il a précisé sa pensée : « Nous avons une transaction en 15 points, dont la plupart ont fait l’objet d’un accord. Nous verrons ce qui se passera. Nous verrons si cela aboutit, » a-t-il affirmé.
La question cruciale de l’uranium enrichi

L’autre question centrale qui pèse sur cette trêve est le sort réservé aux réserves d’uranium enrichi détenues par l’Iran. Le président américain a d’ailleurs rappelé que cette guerre visait en partie à garantir que Téhéran ne puisse jamais se doter d’une arme nucléaire.
Face à ce sujet sensible, Donald Trump a assuré que le matériel nucléaire serait couvert par tout éventuel accord de paix. « Cela sera parfaitement pris en charge, sinon je n’aurais pas accepté, » a-t-il souligné, sans toutefois fournir de détails spécifiques sur la manière dont cet uranium serait géré concrètement.
Que se passera-t-il si cet accord finit par s’effondrer ? Le locataire de la Maison-Blanche a refusé de dire s’il mettrait à exécution ses menaces initiales, qui consistaient à ravager les ponts et les centrales électriques civiles de l’Iran. « Vous allez devoir voir, » a simplement répondu Donald Trump à l’AFP.
Un mois de frappes et la médiation du Pakistan
Cette trêve inattendue intervient après une période d’hostilités intenses. Les deux camps sortent de plus d’un mois d’attaques destructrices menées par les États-Unis et Israël contre les installations iraniennes, plongeant la région dans un état d’alerte permanent.
La désescalade n’a été rendue possible que grâce à une intervention extérieure. C’est en effet une médiation orchestrée par le Pakistan qui a permis de nouer les premiers contacts entre les belligérants et de stabiliser provisoirement la situation sur le terrain.
Lors de son entretien téléphonique, Donald Trump a également partagé sa conviction quant au rôle joué par la Chine pour convaincre l’Iran de s’asseoir à la table des négociations. Lorsqu’on lui a demandé si Pékin s’était impliqué pour amener son allié clé à négocier, sa réponse a été directe : « J’entends que oui, » a-t-il indiqué.
Le rôle de Pékin et le sommet des superpuissances

Les regards se tournent désormais vers la suite du calendrier diplomatique américain. Le président des États-Unis doit se rendre à Pékin à la mi-mai pour y rencontrer son homologue chinois Xi Jinping. Ce sommet entre les deux superpuissances est décrit comme crucial par les observateurs de la scène internationale.
Ce voyage officiel était initialement programmé pour le début du mois d’avril. Cependant, Donald Trump l’avait repoussé, expliquant qu’il devait rester à Washington pour superviser personnellement la guerre en Iran.
La position de Pékin dans ce dossier est particulièrement complexe. Proche partenaire de Téhéran, la Chine est également le principal acheteur du pétrole iranien, dont la majeure partie transite justement par le détroit d’Ormuz. Parallèlement, le gouvernement chinois entretient de solides liens économiques avec les pays du Golfe et a, à plusieurs reprises, critiqué les attaques perpétrées par l’Iran contre ces derniers.
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