Le constat alarmant d’une crise sociale grandissante

L’itinérance visible connaît une recrudescence marquée à travers l’ensemble du territoire québécois. Les acteurs municipaux observent cette réalité au quotidien, notant une présence accrue de personnes sans abri dans les différents espaces publics de la province.
Des données préliminaires récentes viennent quantifier cette évolution, dressant un portrait particulièrement sombre de la situation. Ces statistiques spécifiques évoquent une hausse estimée à 20 % de l’itinérance visible au Québec pour la période s’étalant entre les années 2022 et 2025.
Face à ces projections inquiétantes, Bruno Marchand a choisi de réagir publiquement. Le maire de Québec a lancé un appel pressant destiné aux formations politiques, exigeant que cet enjeu devienne une véritable priorité de campagne.
L’échéance électorale du 5 octobre en ligne de mire

La sortie médiatique du maire s’inscrit directement dans la perspective du scrutin général qui se tiendra le 5 octobre prochain. Cette date butoir cristallise les attentes du milieu municipal envers les futurs candidats à la députation.
L’élu municipal souligne que son message s’adresse indistinctement à tous les partis qui se présenteront lors de cette élection. Il souhaite imposer la question de la précarité extrême comme un passage obligé pour quiconque aspire à diriger la destinée de la province.
Pour appuyer son propos et marquer les esprits, Bruno Marchand n’a pas hésité à utiliser une formule percutante. Il a ainsi tonné : « Si vous n’avez pas d’ambition [quant à l’enjeu de l’itinérance], vous ne méritez pas de gouverner le Québec ».
L’urgence de déployer des actions radicales

Le dirigeant municipal met en garde les acteurs politiques contre les promesses superficielles. Il estime à ses yeux qu’il ne suffit pas « d’une ligne [dans la plateforme] pour dire que l’itinérance c’est important » lors de la rédaction des divers programmes électoraux.
La situation exige selon lui l’adoption de mesures précises, qu’il réclame d’ailleurs comme étant « agressives », pour contrer efficacement ce phénomène complexe. L’objectif avoué est de faire en sorte que le Québec ne se retrouve pas à la même place à la fin du prochain mandat électoral.
Afin d’illustrer l’inefficacité de l’approche actuelle, le maire a filé une métaphore parlante. Il a comparé la situation présente à celle, absurde et vouée à l’échec, de quelqu’un qui tenterait d’arrêter le courant d’une rivière en utilisant ses seules mains.
Le recul progressif de l’idéal de l’itinérance zéro

L’intervention de Bruno Marchand s’appuie sur une expertise reconnue par ses pairs à l’échelle provinciale. Il préside actuellement un comité spécifiquement dédié à l’itinérance au sein de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).
Fort de ce mandat de représentation, il défend la conviction qu’il demeure possible d’éradiquer cette crise sociale, tout en constatant avec amertume que la trajectoire actuelle pointe dans la direction opposée. Le diagnostic municipal révèle des ressources insuffisantes sur le terrain.
Lors de son allocution, il a déploré la dynamique actuelle en ces termes exacts : « On n’utilise pas assez de moyens et de ressources pour mettre fin à l’itinérance. Oui, c’est possible de mettre fin à l’itinérance. Oui, on s’éloigne de l’itinérance zéro partout au Québec ».
Le regard critique sur huit années de gouvernance

Adoptant une perspective plus large sur l’administration publique, le représentant de l’UMQ a porté un jugement sévère sur la gestion provinciale récente. Il n’a pas été tendre avec le gouvernement caquiste, une formation politique qui se trouve aux commandes du Québec depuis près de huit ans.
Pour le maire de Québec, l’imputabilité politique face à cette crise ne fait l’objet d’aucun doute. Il a déclaré sans détour : « La responsabilité première appartient au gouvernement du Québec ».
Bien qu’il reconnaisse que des efforts financiers supplémentaires aient été concédés, il pointe un manque d’engagement fondamental pour changer la donne. Il conclut son analyse avec fermeté : « Il est temps qu’on se dise que ce n’est pas vrai qu’on va accepter 20 % de plus, 100 de plus là, 60 de plus là […]. Le gouvernement a mis plus [d’argent], mais il n’y a pas une réelle volonté politique d’en faire une priorité. C’est ça qu’il n’y a pas eu. »
Selon la source : journaldequebec.com