La NOAA prévoit 61 % de probabilité d’El Niño en 2026 : tout ce qu’il faut savoir
Auteur: Mathieu Gagnon
Les nouvelles prévisions climatiques de la NOAA

Les dynamiques climatiques mondiales pourraient connaître une évolution significative dans les mois à venir. Selon les dernières modélisations scientifiques, il est de plus en plus probable qu’un épisode El Niño se développe d’ici la fin de l’année. Si ces prévisions se confirment, les années 2026 et 2027 pourraient présenter des conditions météorologiques très agitées.
Le Centre de prévision du climat de la NOAA a publié un nouveau bulletin le 9 avril, détaillant ces perspectives. Les données indiquent une probabilité de 61 pour cent qu’El Niño fasse son apparition entre les mois de mai et juillet 2026, pour se maintenir au moins jusqu’à la fin de l’année civile. Le rapport ajoute qu’il y a 80 pour cent de chances que des conditions neutres de l’El Niño-Oscillation australe (ENSO) soient « favorisées » sur la période d’avril à juin 2026.
Des signaux convergents vers un phénomène précoce

De son côté, le service européen sur le changement climatique Copernicus avance des indices similaires, bien que formulés avec une légère nuance. L’organisation souligne que le mois de mars 2026 a enregistré la deuxième température mondiale de surface de la mer la plus élevée jamais mesurée. Cette situation est décrite par Copernicus comme « reflétant une transition probable vers des conditions El Niño ».
De nombreux autres centres climatiques soupçonnaient déjà qu’El Niño émergerait plus tôt en 2026. Au fil des mois, ces anticipations gagnent en précision, certains experts évoquant même la possibilité d’un événement d’une intensité extrêmement forte. Bien qu’il soit prématuré de l’affirmer formellement, les chercheurs estiment avoir de bonnes raisons de rester prudents face à ces indicateurs.
La chronologie de ce phénomène potentiel interpelle la communauté scientifique. Le précédent épisode El Niño s’est déroulé lors de la saison 2023-2024, alors que ce type de réchauffement survient habituellement tous les deux à sept ans. L’émergence d’un nouveau cycle dès 2026 constituerait une situation assez inédite, expliquant pourquoi même les non-spécialistes ont de bonnes raisons d’y prêter attention.
Comprendre la mécanique de l’oscillation australe

Derrière ces annonces se cache l’ENSO, un cycle climatique d’origine naturelle. Ce mécanisme est piloté par les fluctuations des températures océaniques et de la pression atmosphérique dans la zone tropicale orientale de l’océan Pacifique. Les conditions dans cette région engendrent des répercussions en chaîne ressenties à l’échelle planétaire, influençant tout le spectre météorologique, des précipitations aux sécheresses, en passant par les cyclones tropicaux et les vagues de chaleur.
Le cycle ENSO bascule entre trois phases distinctes. Il y a El Niño, qui correspond à la phase chaude, La Niña, qui représente son équivalent plus froid, et un état neutre. La planète vient de quitter une phase La Niña pour entrer dans des conditions ENSO-neutres, caractérisées par un retour à des températures de surface de la mer proches de la moyenne dans le Pacifique équatorial oriental. Actuellement, la trajectoire globale indique un retour imminent vers un réchauffement des eaux du Pacifique.
Un accélérateur des températures mondiales

Les conséquences directes d’El Niño sur le thermomètre mondial sont documentées par les climatologues. Ce phénomène a la capacité d’augmenter les températures globales jusqu’à environ 0,2 degré Celsius. Dans un contexte où le globe est déjà réchauffé par les émissions de gaz à effet de serre, ce cycle climatique apporte une poussée de chaleur supplémentaire, augmentant les chances d’atteindre des niveaux de chaleur record.
Les statistiques climatiques récentes illustrent cette dynamique. Même sous l’influence rafraîchissante de La Niña, l’année 2025 s’est classée parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées. En retirant ce facteur atténuant pour lui substituer la poussée thermique d’un El Niño entrant, les années 2026 et 2027 pourraient afficher des valeurs encore supérieures, alimentant les épisodes extrêmes comme les sécheresses et les inondations.
Le constat s’inscrit dans une tendance à long terme ininterrompue. Les onze dernières années représentent déjà les onze années les plus chaudes des archives. Si El Niño se matérialise effectivement, cette série historique ne montre aucun signe d’arrêt.
Des répercussions ciblées selon les régions

Outre l’impact sur la moyenne des températures mondiales, El Niño va provoquer des modifications météorologiques étendues à l’échelle régionale. Dans le sud des États-Unis et dans le sud de l’Europe, les prévisions s’attendent à observer une augmentation des précipitations, avec un risque potentiel d’inondations. À l’inverse, le nord des États-Unis et le Canada devraient connaître un climat plus sec et plus chaud que d’habitude.
Le comportement des tempêtes tropicales sera par ailleurs affecté différemment selon les bassins océaniques. Dans l’océan Atlantique, l’apparition d’El Niño a pour effet d’affaiblir les saisons des ouragans. En revanche, le phénomène renforce l’activité cyclonique dans les bassins du Pacifique central et oriental.
Bien que la certitude absolue concernant la fin de l’année 2026 n’existe pas, la menace d’un épisode El Niño de forte intensité plane lourdement sur les scénarios météorologiques des mois à venir.
Selon la source : iflscience.com