Carney : « L’époque où le Canada envoyait 70 % de son budget militaire aux États-Unis est terminée. »
Auteur: Simon Kabbaj
Une déclaration choc à Montréal

Un virage stratégique majeur pour le Canada. S’exprimant samedi lors du congrès national du Parti libéral à Montréal, le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé une refonte profonde de la politique de défense du pays. L’objectif affiché : réduire une dépendance historique et massive envers les États-Unis en matière de dépenses et d’achats militaires.
Devant les délégués du parti, Mark Carney a utilisé une formule percutante qui a immédiatement marqué les esprits. Selon la chaîne CTV, sa déclaration a été accueillie par une ovation debout. Il a affirmé sans détour : « les jours où notre armée envoyait 70 cents de chaque dollar aux États-Unis sont révolus ». Une phrase qui sonne comme la fin d’une ère et le début d’une nouvelle doctrine pour l’industrie de la défense canadienne.
La priorité au « Fait au Canada »

Au cœur de ce changement de cap se trouve une volonté de renforcer la souveraineté économique et l’unité nationale du Canada. Le Premier ministre a détaillé les plans de son gouvernement pour donner la priorité absolue aux matériaux et à la main-d’œuvre canadiens dans les futurs projets. Il ne s’agit pas seulement de défense, mais d’une vision industrielle plus large.
Mark Carney a martelé son message avec une promesse claire : « Nous allons bâtir un Canada fort avec de l’acier canadien, de l’aluminium canadien, du bois canadien, des travailleurs canadiens ». Cette politique, baptisée « Achetez Canadien » (« Buy Canadian »), vise à consolider les communautés à travers le pays et à diminuer la dépendance du Canada vis-à-vis des marchés extérieurs.
Un contexte de tensions avec Washington

Cette annonce s’inscrit dans un climat de relations commerciales tendues avec le voisin américain. Mark Carney a directement évoqué les frictions croissantes avec Washington, citant notamment les droits de douane introduits sous la présidence de Donald Trump. Si ces tarifs sont perçus comme la menace immédiate la plus visible, le Premier ministre a souligné un défi plus profond et durable.
Selon lui, le plus grand enjeu pour le pays est de maintenir l’unité et un sens partagé du bien commun face aux pressions extérieures. Cette réorientation stratégique n’est d’ailleurs pas passée inaperçue à Washington. Les remarques de M. Carney font suite à des critiques émises par le Bureau du représentant américain au Commerce, qui avait qualifié la politique d’approvisionnement du Canada d' »irritant commercial ».
La nouvelle stratégie industrielle de défense

Le gouvernement canadien a formalisé cette nouvelle approche dans un document : la « Stratégie Industrielle de Défense ». Ce plan ne se contente pas de vouloir rapatrier les contrats, il cherche activement à diversifier les partenariats de défense au-delà des États-Unis. Une coopération plus étroite est notamment envisagée avec l’Union européenne et le Royaume-Uni.
Les chiffres illustrent l’ampleur du changement visé. Actuellement, près de la moitié de la production canadienne liée à la défense est exportée. Environ 69 % de ces exportations sont destinées aux États-Unis et aux autres partenaires du groupe des « Five Eyes ». Par ailleurs, le plan a pour ambition d’augmenter la part des contrats de défense attribués aux entreprises nationales pour qu’elle atteigne 70 %, un miroir inversé de la situation actuelle avec les États-Unis.
Vers une autonomie stratégique accrue

La déclaration de Mark Carney ne représente pas seulement un ajustement budgétaire, mais bien un pivot stratégique pour le Canada. En s’engageant à réduire drastiquement la part des dépenses militaires allouées aux États-Unis, Ottawa envoie un signal fort sur sa volonté de renforcer son autonomie et sa base industrielle nationale.
En complément de cette politique de réindustrialisation, le Canada se fixe un autre objectif ambitieux sur le plan commercial. Le Premier ministre a ajouté que le pays visait à doubler ses exportations non américaines au cours de la prochaine décennie. C’est donc une redéfinition globale des alliances économiques et militaires qui semble se dessiner, avec des implications durables pour les relations nord-américaines et la place du Canada sur la scène mondiale.
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