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L’État français dit adieu à Windows : les coulisses d’une migration historique vers Linux
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Le grand basculement de l’administration française

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Le gouvernement français a pris une décision majeure concernant son infrastructure informatique. À la suite d’un séminaire interministériel organisé le mercredi 8 avril, l’exécutif a officiellement annoncé son intention de migrer les ordinateurs de l’État vers le système d’exploitation Linux. Cette démarche vise à se détacher de Microsoft Windows pour réduire progressivement la dépendance du pays aux technologies américaines.

L’initiative s’inscrit dans un objectif précis : accroître la souveraineté numérique nationale, dans un contexte global marqué par des tensions politiques croissantes entre les États-Unis et les autres pays. David Amiel, ministre français de l’Action et des Comptes publics, a explicité cette stratégie dans un communiqué officiel. « L’État ne peut plus se contenter de constater sa dépendance, il doit en sortir. Nous devons nous désensibiliser des outils américains et reprendre le contrôle de notre destin numérique », a-t-il déclaré.

Le ministre a souligné la nécessité de s’affranchir des incertitudes liées aux fournisseurs étrangers pour garantir la sécurité de l’État. « Nous ne pouvons plus accepter que nos données, nos infrastructures et nos décisions stratégiques dépendent de solutions dont nous ne maîtrisons ni les règles, ni les tarifs, ni les évolutions, ni les risques », a précisé le représentant du gouvernement.

Le catalyseur outre-Atlantique et les tensions géopolitiques

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Cette annonce de l’État français intervient en réponse directe à l’imprévisibilité de l’administration américaine. Depuis son deuxième mandat en tant que président des États-Unis en janvier 2025, Trump a initié des décisions controversées. Ces mesures ont provoqué d’importants bouleversements économiques et géopolitiques au niveau mondial.

Sur le plan commercial, les décisions du gouvernement américain incluent de nouvelles taxes ainsi que des tarifs douaniers excessivement élevés imposés à d’autres pays comme le Canada, le Mexique, la Chine et l’Union européenne. Ces décisions commerciales ont logiquement accentué les tensions entre les États-Unis et les autres pays, sans compter les attaques délibérées de l’administration Trump dirigées directement vers d’autres dirigeants politiques.

Le domaine de la justice internationale subit également ces bouleversements. Trump a imposé des sanctions à des juges de la Cour pénale internationale qui ne sont pas en faveur de ses politiques, les empêchant de collaborer avec des entreprises américaines. Les personnes visées ont signalé la fermeture de leurs comptes bancaires, la suspension de leur accès aux services technologiques américains ainsi que de tout autre service américain.

Une prise de conscience européenne face aux géants de la technologie

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Face à ces imprévisibilités, les législateurs européens prennent toujours plus conscience de leur dépendance excessive aux technologies américaines. Une volonté de s’en affranchir émerge clairement à l’échelle continentale. En janvier de cette année, le Parlement européen a par exemple adopté un rapport enjoignant la Commission européenne à identifier les secteurs où l’Union européenne pourrait réduire sa dépendance aux fournisseurs étrangers.

La stratégie française consistant à s’affranchir de Windows s’aligne sur cette vision européenne. Le produit de Microsoft demeure le système d’exploitation le plus utilisé au monde, mais il fait depuis quelques années l’objet de critiques concernant le volume de ses logiciels préinstallés, de leur fiabilité et ses fonctionnalités payantes. À l’inverse, Linux, un système open source, est toujours plus adopté, en particulier par les développeurs informatiques.

Le gouvernement n’a pas communiqué de calendrier précis quant à l’exécution de cette migration, mais a indiqué qu’elle débutera avec les ordinateurs de la direction interministérielle du numérique (DINUM). « La transition est en marche : nos ministères, nos opérateurs et nos partenaires industriels s’engagent aujourd’hui dans une démarche sans précédent pour cartographier nos dépendances et renforcer notre souveraineté numérique. La souveraineté numérique n’est pas une option », a souligné David Amiel dans le communiqué.

La quête de l’indépendance technologique à l’échelle mondiale

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La dynamique de transition vers des systèmes d’exploitation alternatifs dépasse les frontières européennes. La France n’est d’ailleurs pas le premier pays à vouloir s’affranchir de Microsoft Windows pour garantir le contrôle de son infrastructure nationale.

En 2023, la Chine a franchi une étape similaire en lançant OpenKylin. Il s’agit de son premier système national d’exploitation open source, lequel est directement basé sur Linux. Cette alternative souveraine a été développée grâce à la mobilisation d’une vaste communauté d’environ 4 000 développeurs.

Le déploiement de ce nouveau système d’exploitation s’opère déjà dans des domaines hautement stratégiques. Selon NDTV, OpenKylin est utilisé dans le programme spatial chinois, ainsi que dans des secteurs vitaux tels que la finance et l’énergie.

Un vaste chantier de transformation pour les services publics

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L’abandon de Windows pour Linux constitue la dernière initiative en date d’un mouvement plus large amorcé par l’État français. Ce changement de cap intervient quelques mois après que le pays a annoncé son intention de cesser d’utiliser Microsoft Teams et Zoom pour ses visioconférences. Le gouvernement privilégie désormais Visio, un outil français basé sur Jitsi, que TechCrunch décrit comme un outil de visioconférence open source chiffré de bout en bout.

D’autres institutions publiques majeures suivent cette trajectoire vers l’autonomie technologique. La Caisse nationale d’Assurance maladie de la France a également annoncé récemment la migration de ses 80 000 agents vers des outils du socle numérique interministériel. Ces professionnels s’appuient désormais sur Tchap, Visio et FranceTransfert pour le transfert de documents au quotidien.

La gestion des informations sensibles des citoyens fait l’objet d’une vigilance tout aussi stricte. Le gouvernement prévoit de migrer sa plateforme de données de santé vers une nouvelle plateforme de confiance d’ici la fin de l’année. Les autorités n’ont cependant pas encore précisé laquelle assurera cet hébergement stratégique.

Selon la source : trustmyscience.com

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