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Épave identifiée après 82 ans : la fin tragique et unique du sous-marin USS Herring pendant la Seconde Guerre mondiale
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une disparition mystérieuse à l’aube du 1er juin 1944

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Le matin se levait à peine au large des îles Kouriles le 1er juin 1944 lorsque des détonations inquiétantes ont résonné au loin. Ces bruits sourds ont été entendus par l’équipage du sous-marin USS Barb (SS-220), provoquant un sombre pressentiment parmi les marins présents à bord. Les événements de cette matinée allaient marquer la fin d’une ère pour l’un des bâtiments les plus redoutables de la flotte américaine.

La nuit précédente, les hommes du Barb avaient tenu une ultime rencontre avec l’équipage du l’USS Herring (SS-233). Au cours d’une conférence improvisée à l’aide de mégaphones, les deux commandants avaient établi leur stratégie : le Herring devait se diriger vers le nord pour patrouiller dans les eaux entourant l’île de Matua, au Japon, tandis que le Barb prendrait la route du sud. Ce bref échange nocturne allait se révéler être le tout dernier contact enregistré entre les deux navires.

Les grondements entendus au loin signalaient en réalité la destruction imminente du submersible. Selon un rapport historique officiel de la marine américaine, l’USS Barb n’a plus jamais reçu la moindre communication de son navire jumeau après cette séparation, laissant le destin du navire et de son équipage entouré de mystère pendant plus de huit décennies.

Une carrière militaire jalonnée de succès

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Avant cette tragique matinée, le navire avait connu un parcours opérationnel particulièrement brillant, survivant à huit patrouilles de guerre couronnées de succès. Lancé le 15 janvier 1942, il avait d’abord été affecté à la mer Méditerranée aux côtés de quatre autres sous-marins, juste avant le lancement de l’opération Torch. Cette mission majeure marquait l’invasion alliée du Maghreb, la région d’Afrique du Nord colonisée par la France après la chute de l’Empire ottoman.

Durant son déploiement dans ces eaux européennes et africaines, l’équipage a prouvé son efficacité en coulant un cargo français de 5 700 tonnes. Suite à ces premiers faits d’armes, le commandement militaire a décidé de transférer le bâtiment vers le théâtre d’opérations du Pacifique, où il a continué à infliger de lourdes pertes à l’ennemi en coulant quatre navires japonais supplémentaires.

Son efficacité redoutable ne s’est pas démentie jusqu’à ses derniers jours. Seulement dix jours après avoir envoyé par le fond ses deux ultimes cibles en mai 1944, le bâtiment établissait son contact final avec le Barb. Ce parcours impressionnant souligne l’importance stratégique de ce sous-marin dans l’effort de guerre américain.

Une attaque destructrice d’une nature sans précédent

credit : lanature.ca (image IA)

Les pertes répétées infligées par les attaques américaines avaient fini par rendre les forces japonaises furieuses. Déterminées à organiser une contre-attaque sans pour autant risquer d’endommager davantage leurs précieux navires de guerre, elles ont opté pour une stratégie terrestre. Les troupes nippones ont ainsi utilisé une artillerie lourde côtière pour cibler le submersible depuis le rivage.

L’assaut a été foudroyant. Les canons côtiers ont tiré deux obus mortels : le premier a frappé le kiosque, la tour de contrôle depuis laquelle un officier dirige les opérations, tandis que le second a percuté la proue du navire. Grièvement touché, le sous-marin a relâché d’immenses bulles et a fui de l’huile sur des kilomètres avant de sombrer définitivement au fond de l’océan, ne laissant aucun survivant parmi les 83 membres d’équipage.

La cause de cette perte reste totalement unique dans les annales militaires américaines. Comme le rapportent les archives navales, les États-Unis ont perdu 52 sous-marins au cours de la Seconde Guerre mondiale, mais celui-ci est le seul à avoir été détruit par une batterie côtière. Tous les autres ont succombé à des grenades sous-marines, des mines, des attaques aériennes ou d’autres causes. Pour honorer de manière posthume le service exemplaire de ses marins, le bâtiment a finalement reçu cinq étoiles de bataille et la Médaille de la Victoire.

Des expéditions successives menant à l’identification officielle

Le mystère de l’emplacement exact de l’épave a commencé à se dissiper en 2017, lorsqu’une expédition conjointe menée par la Société géographique russe et des navires militaires russes a découvert un sous-marin reposant sur le fond marin au large des îles Kouriles. Cette première observation a relancé les espoirs de clore ce chapitre de l’histoire navale, bien qu’une confirmation formelle soit encore nécessaire.

Une seconde expédition conjointe est retournée sur le site en 2022 afin de procéder à une documentation minutieuse. En signe de profond respect, les chercheurs ont laissé sur place une plaque commémorative rendant hommage aux 83 marins disparus. Cette plaque a été gravée d’une image du hareng, le poisson dont le navire tire son nom en anglais, accompagnée des noms des victimes et de l’inscription solennelle : « Dieu accorde le repos à leurs âmes vaillantes ».

Il aura cependant fallu attendre le 1er juin 2026 pour que l’identification soit définitivement scellée. Après une longue analyse des données issues des missions précédentes par des chercheurs bénévoles américains, la branche d’archéologie sous-marine du Naval History and Heritage Command a officiellement confirmé qu’il s’agissait bien de l’épave tant recherchée. Reposant à 300 pieds de profondeur, le fantôme submergé est remarquablement préservé, et les dégâts observés à sa proue et à son kiosque correspondent parfaitement aux rapports historiques de l’attaque.

Une tombe sous-marine protégée à perpétuité

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Aujourd’hui, l’épave repose toujours droite sur sa quille dans l’obscurité des abysses. Sous la juridiction stricte du département de la Marine, le site bénéficie de protections légales rigoureuses. Seules les investigations par télédétection et les méthodes de recherche non invasives sont autorisées autour des épaves navales américaines. Toute recherche plus intrusive nécessiterait un permis spécial, extrêmement difficile à obtenir.

Cette approche prudente vise à garantir que le site demeure intact. Le navire restera donc paisiblement dans les eaux du Pacifique, préservé comme un sanctuaire inviolable. C’est en ce lieu que la mémoire du bâtiment et celle des hommes intrépides qui servaient à son bord continueront de perdurer, à l’abri des perturbations du monde moderne.

La doctrine officielle entourant ces sites est d’ailleurs très claire. « Ces navires, ainsi que leur contenu associé, représentent une collection de ressources historiques non renouvelables et significatives qui servent souvent de tombes de guerre, transportent des munitions non explosées et contiennent du pétrole ou d’autres matières dangereuses », indique le site historique officiel de la marine américaine. « En conséquence, la politique globale du département de la Marine est que ses embarcations militaires englouties et terrestres restent en place et ne soient pas perturbées. »

Selon la source : popularmechanics.com

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