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La stratégie linguistique du PLQ : entre promesses de Charles Milliard et échos de l’ère Anglade
Crédit: Amélie Caron, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons

Un nouveau plan linguistique en préparation au conseil général

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Lors de l’ouverture de son conseil général qui s’est tenu vendredi, le Parti libéral du Québec (PLQ) a abordé la question linguistique sous l’égide de son chef, Charles Milliard. Ce dernier a affirmé sa volonté de proposer un plan qui fera « mieux » pour le français que les initiatives portées par la Coalition Avenir Québec (CAQ). Selon ses déclarations, ce plan sera déposé « en temps opportun » et « va plaire aux Québécois ». Lors de ce même événement, le dirigeant a également affirmé : « On est fiers de notre langue ».

Cependant, de nombreux observateurs tracent un parallèle direct entre l’approche de Charles Milliard et celle de l’ancienne cheffe de la formation politique, Dominique Anglade. Les deux dirigeants font face à des analyses suggérant un manque de sérieux de la part des libéraux lorsqu’ils abordent l’avenir de la langue française. Les incertitudes persistent également concernant la position ferme du parti sur l’utilisation potentielle d’une disposition de dérogation, soulevant un questionnement constant et irrésolu : oui, non, ou peut-être ?

Le rejet du projet de loi 8 et l’influence de la base électorale

credit : lanature.ca (image IA)

Ces déclarations entourant la langue surviennent alors que le PLQ venait tout juste d’annoncer qu’il rejetterait le projet de loi 8. Cette pièce législative, proposée par la CAQ, vise spécifiquement à étendre les règles d’application de la loi 101 à la formation professionnelle ainsi qu’au secteur de l’éducation des adultes. Ce positionnement a relancé les discussions sur les dynamiques électorales qui influencent la formation politique.

Dans l’arène publique, il est régulièrement souligné que les libéraux demeurent inféodés aux clientèles anglophones situées dans l’ouest de Montréal, un bassin d’électeurs comprenant plusieurs personnes parfois désignées dans le débat public sous le terme d' »angryphones ». Selon les critiques de cette approche, cette dynamique pousse le parti à traiter la question du français comme une simple « fleur à la boutonnière ». Bien que les discours célèbrent la langue, le PLQ a tendance à se défiler dès qu’une mesure implique une forme de coercition, une obligation stricte ou même une incitation forte. Certains commentateurs politiques estiment que de refuser ces mesures contraignantes équivaut, en pratique, à souhaiter que le français se « folklorise » tranquillement sur le territoire du Québec.

Le précédent de 2021 : des propositions aux divisions internes

L’attente entourant le futur plan de Charles Milliard ravive inévitablement le souvenir de la dernière stratégie linguistique que le parti s’est donnée en 2021. À l’époque, l’élaboration de cette feuille de route avait provoqué d’importants déchirements internes au sein du caucus libéral, aboutissant à ce que divers analystes ont qualifié de volte-face ridicules au fil de la progression du dossier.

Ce dossier épineux avait été piloté par la responsable Hélène David, qui avait pourtant produit un travail de réflexion élaboré comprenant un total de 27 propositions distinctes. Fait à noter, certaines de ces idées ont depuis été officiellement intégrées à la loi 96. C’est le cas notamment de la création d’un poste de Commissaire à la langue française indépendant, une initiative qui avait par ailleurs déjà été formellement proposée par la CAQ en 2017.

La délicate question des quotas dans les cégeps anglophones

credit : lanature.ca (image IA)

L’un des points centraux et les plus débattus du plan de 2021 concernait la gestion de la population étudiante dans le réseau collégial. Pour les cégeps anglophones, Hélène David, qui bénéficiait alors de l’appui explicite de sa cheffe Dominique Anglade, proposait de « maintenir le nombre actuel d’étudiants équivalent temps plein ». Pour clarifier cette position, la responsable martelait la formule suivante lors de ses interventions : « Ça veut dire : ni plus ni moins ».

Lors de la présentation de cette politique, Hélène David avait néanmoins admis publiquement qu’en tenant compte de la croissance continue de la population québécoise, cette mesure de gel entraînerait mathématiquement une diminution du pourcentage de places disponibles au sein des collèges anglophones de la province.

En parallèle de cette gestion des effectifs, le plan mettait de l’avant une exigence académique supplémentaire. Il proposait d’obliger les étudiants inscrits dans les cégeps anglophones à réussir au minimum trois cours en français qui soient directement liés à leur programme d’études spécifique.

Les volte-face électorales et le concept de l’escouade de francisation

L’évolution de la position libérale sur ces propositions académiques, entre le dépôt des 27 propositions en avril 2021 et l’élection provinciale de 2022, a été marquée par de multiples changements de cap qui donnent le tournis. En février 2022, lors de l’étude parlementaire de la loi 96, Hélène David avait soumis ce qu’elle décrivait elle-même comme « un compromis formidable, historique ». Cette proposition audacieuse visait à faire appliquer la mesure des trois cours en français même aux ayants droit, c’est-à-dire aux membres de la minorité historique anglophone.

Toutefois, ce positionnement fut de courte durée. Dès le mois d’avril 2022, le PLQ a officiellement abandonné ce « compromis formidable, historique ». Pour justifier ce recul, Dominique Anglade avait alors déclaré que la mise en œuvre de cette mesure aurait mis « en danger l’avenir de certains jeunes ». Cette justification avait suscité des commentaires sarcastiques chez certains critiques de la scène politique, raillant l’idée que le français puisse être considéré comme « terrifiant ».

Aujourd’hui, les observateurs se demandent si le futur plan de Charles Milliard reprendra l’idée sympathique de Mme David consistant à créer une « équipe dédiée à la promotion, au soutien et à la francisation des commerces du centre-ville de Montréal ». À l’époque, cette unité avait été illustrée par sa conceptrice comme « une sorte d’escouade de type SWAT ». L’anticipation politique actuelle suggère que si cette proposition s’avère le moindrement controversée au sein de la communauté anglophone, le chef libéral hésitera avant de sans doute reculer.

Selon la source : journaldequebec.com

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