Les raisons pour lesquelles la NASA retire sa promesse de faire atterrir la première femme sur la Lune, suite au décret de Trump
Auteur: Simon Kabbaj
Le rêve de voir la première femme marcher sur la Lune s’éloigne. L’ambitieux programme Artemis de la NASA, qui prévoyait d’emmener non seulement la première femme, mais aussi le premier astronaute issu d’une minorité ethnique et des partenaires internationaux sur le sol lunaire, vient d’être profondément modifié. Cette décision controversée fait suite à un décret signé par Donald Trump, dont les répercussions dépassent le simple cadre spatial. Le site officiel de la NASA a effacé toute mention de ces objectifs symboliques. Un changement qui ne passe pas inaperçu, surtout à une époque où l’inclusion semblait enfin trouver sa place jusque dans les étoiles.
1. Artemis : un programme plein de promesses

Le programme Artemis, lancé par la NASA, représentait l’espoir d’un retour historique sur la Lune. Son objectif initial : explorer plus que jamais la surface lunaire grâce à de nouvelles technologies. Mais surtout, Artemis devait marquer une nouvelle ère de l’exploration spatiale, en envoyant pour la première fois une femme, une personne racisée, et un astronaute partenaire international sur le sol lunaire. Ce message d’inclusion était clairement affiché sur le site officiel de la NASA… jusqu’à récemment.
2. Un site modifié, une intention effacée

C’est le journal Orlando Sentinel qui a sonné l’alerte : le site officiel d’Artemis a été modifié discrètement. Toutes les mentions des femmes, des personnes racisées et des partenaires internationaux ont disparu. La nouvelle version ne fait référence qu’à un équipage américain, sans indication de diversité. La réaction sur les réseaux sociaux ne s’est pas fait attendre : de nombreux internautes s’interrogent sur un retour à une vision exclusivement blanche et masculine de l’exploration spatiale.
3. Une réponse officielle

Contactée par IFLScience, la NASA a répondu par la voix de Jimi Russell, porte-parole de la Direction des opérations spatiales. Sa déclaration évoque une mise à jour « conforme au décret présidentiel », sans confirmer explicitement un changement de politique. Il affirme cependant que l’agence reste déterminée à explorer la Lune et Mars au bénéfice de tous. Une formulation vague, qui laisse planer l’incertitude sur les réelles intentions de l’agence.
4. Un décret contre la diversité dans les institutions fédérales

Ce n’est pas un cas isolé. Le décret signé par Donald Trump vise à supprimer toute référence à la diversité, à l’équité et à l’inclusion (DEI) dans les agences fédérales. Cela a conduit à la suspension de financements, notamment pour des projets contenant des termes comme « femmes », « diversité », « handicap », « LGBT », ou encore « patrimoine culturel ». Des décisions jugées ségrégationnistes et en violation avec des décisions de justice fédérales. La NASA elle-même a licencié 23 personnes dans ses bureaux scientifiques et d’inclusion, dont la scientifique en chef Katherine Calvin et le technologue en chef A.C. Charania.
5. Retards, doutes, et promesses fragilisées

Le programme Artemis n’est pas seulement victime de décisions politiques, il est aussi miné par des retards successifs. Artemis II, qui devait décoller en 2023, a été repoussé deux fois, d’abord en 2024, puis à 2025. Cette mission doit faire voler autour de la Lune Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch, et le Canadien Jeremy Hansen. Si elle se déroule comme prévu, Koch deviendrait la première femme et Glover le premier Afro-Américain à voyager dans l’espace lointain. Mais ce vol ne prévoit pas d’atterrissage lunaire. Quant à Artemis III, censé poser enfin des humains sur la Lune, il est désormais annoncé pour 2027, un horizon jugé peu crédible par de nombreux experts, notamment à cause des échecs répétés des fusées Starship de SpaceX.
6. Une révélation inquiétante

Voici le cœur du scandale : le retrait de la promesse d’inclusion n’est pas le fruit du hasard, mais bien un ordre direct du décret signé par Donald Trump, dont l’objectif est de purger les institutions de toute politique de diversité. Pire encore, le poste même de scientifique en chef de la NASA, créé dans les années 1980, a été supprimé. Ce n’est donc pas une simple reformulation du site web, mais une réorganisation structurelle profonde, alignée sur une vision politique très claire. Le futur de la NASA pourrait encore basculer : en attente de confirmation, le milliardaire Jared Isaacman est pressenti pour prendre la tête de l’agence. Ironie du sort, lors de ses vols spatiaux privés, il a toujours maintenu une parité hommes-femmes dans son équipage…
Conclusion – Un pas en arrière pour l’humanité ?

Ce qui devait être un pas de géant pour l’humanité semble désormais un retour en arrière. Le programme Artemis, porteur d’un message fort d’égalité et d’ouverture, semble aujourd’hui remodelé selon une vision plus restreinte, plus politique que scientifique. Alors que la Lune redevient un objectif majeur, le rêve d’y voir enfin la diversité humaine représentée semble compromis. La science, pourtant sans frontières, se retrouve prise au piège des décisions partisanes. Mais une question demeure : le prochain administrateur de la NASA redonnera-t-il à l’espace la place de rêve universel qu’il mérite ?