Le double danger qui menace nos koalas : un duo de maladies aggravé par le stress
Auteur: Mathieu Gagnon
On aime tous les koalas, ces petites boules de poils qui semblent passer leur vie à faire des câlins aux arbres. Mais derrière cette image adorable se cache une réalité bien plus sombre. Beaucoup d’entre eux luttent en silence contre deux ennemis redoutables : un virus sournois et une bactérie qui peut leur faire beaucoup de mal. Des chercheurs se sont penchés sur leur cas, et ce qu’ils ont découvert est assez préoccupant.
Une étude récente a suivi de près 67 koalas pour essayer de comprendre comment le stress, un virus et une infection jouent ensemble. Et malheureusement, il semble que ce trio forme un cocktail vraiment dangereux pour leur santé.
Les deux coupables : une bactérie et un virus
Pour bien comprendre, il faut connaître les deux menaces principales. D’un côté, il y a la Chlamydia pecorum, une vilaine bactérie. Elle s’attaque à leurs yeux, au point de les rendre aveugles, et à leur système reproducteur, ce qui les empêche d’avoir des petits. C’est une maladie très douloureuse qui peut même être mortelle si on ne la soigne pas.
De l’autre côté, il y a un virus appelé le rétrovirus du koala (ou KoRV). Ce virus est particulier car il peut s’inscrire directement dans les gènes du koala, un peu comme un mauvais héritage. Quand un koala a une grande quantité de ce virus dans le sang, son système de défense s’affaiblit. C’est un peu comme laisser la porte ouverte aux microbes. Et c’est là que la bactérie Chlamydia en profite pour attaquer.
Le rôle du stress : le facteur qui aggrave tout
Vous vous demandez sûrement ce que le stress vient faire dans cette histoire. Eh bien, il joue un rôle énorme. Comme nous, les koalas produisent des hormones de stress, notamment le cortisol. Pour savoir s’ils sont stressés, les scientifiques ont eu une idée maligne : analyser leurs crottes ! C’est une méthode qui ne dérange pas les animaux et qui donne de très bonnes informations.
Les chercheurs ont remarqué que plus un koala a de virus dans le sang, plus son niveau de stress a tendance à augmenter. C’est un véritable cercle vicieux. Le stress et le virus semblent se nourrir l’un l’autre, et le koala se retrouve coincé au milieu.
L'oeuf ou la poule ? Le virus vient en premier
Une grande question se posait : est-ce que c’est la maladie qui fait augmenter le virus, ou est-ce que c’est le virus, déjà présent, qui rend le koala plus fragile face à la maladie ? L’étude a enfin apporté une réponse claire.
La docteure Michaela Blyton, qui a mené ces recherches, l’explique très bien : « La quantité de virus KoRV chez un koala reste très stable dans le temps. » En d’autres termes, même quand on soigne un koala pour la Chlamydia, son niveau de virus ne baisse pas. Cela prouve bien que c’est une charge virale élevée qui ouvre la porte à l’infection, et non l’inverse. Le virus est la cause, la maladie est la conséquence.
Pourquoi certains koalas sont-ils plus touchés ?
Les scientifiques ont aussi découvert quelque chose d’intéressant. Le stress ne fait pas que fatiguer le koala, il pourrait aussi donner un coup de pouce au virus. En fait, ils ont trouvé dans les gènes du virus une sorte d’« interrupteur » sur lequel les hormones de stress peuvent appuyer. Quand un koala est stressé, par exemple parce que son habitat disparaît, son corps produit plus de cortisol. Et ce cortisol pourrait directement activer le virus et le rendre plus agressif.
De plus, tous les koalas ne sont pas égaux face à ce virus. Certains naissent avec une charge virale plus élevée, transmise par leur mère. Leur destin est en quelque sorte déjà un peu tracé dès la naissance, ce qui les rend plus vulnérables pour le reste de leur vie.
Quelles solutions pour les aider à s'en sortir ?
Alors, que peut-on faire ? La première chose, et la plus importante, est de protéger leur maison : la forêt. Un koala qui vit dans un environnement sain et de qualité sera moins stressé, et donc moins malade. C’est la base de tout.
Mais la médecine progresse aussi. Un vaccin contre la Chlamydia a récemment été approuvé en Australie, ce qui est une excellente nouvelle ! Cela pourrait sauver la vie de nombreux koalas sauvages. Enfin, pour les programmes de reproduction, les experts suggèrent de choisir des parents ayant une faible charge virale. L’idée est de donner aux futurs bébés koalas les meilleures chances possibles de grandir en bonne santé.
Conclusion : Un combat sur plusieurs fronts
Ce qu’il faut retenir, c’est que sauver les koalas n’est pas juste une question de soigner une maladie. C’est un problème bien plus complexe où l’environnement, le stress et les microbes sont tous liés. C’est un combat qui doit être mené sur tous les fronts à la fois.
Grâce à des études comme celle-ci, on comprend mieux comment les aider. En protégeant leurs forêts et en utilisant les nouveaux outils médicaux à notre disposition, on peut espérer offrir un avenir plus serein à cet animal si emblématique de l’Australie. Chaque effort compte.
Selon la source : earth.com