La vie extraterrestre cachée tout près de nous ? Ces radiations qui pourraient servir de festin
Auteur: Mathieu Gagnon
Une nouvelle perspective sur la vie spatiale

On a souvent tendance à penser que la Terre est une sorte d’exception miraculeuse, n’est-ce pas ? Avec notre rotation stable, notre atmosphère protectrice et ce fameux champ magnétique qui nous évite de griller au soleil, notre point bleu utopique semble unique. Pourtant, figurez-vous que des scientifiques remettent en question cette idée reçue : et si les conditions que nous jugeons hostiles étaient en réalité parfaites pour d’autres formes de vie ?
C’est une hypothèse un peu folle, je l’admets, mais une étude récente suggère que ce que nous appelons « rayonnement mortel » pourrait être une source d’énergie vitale ailleurs. Au lieu de chercher des planètes jumelles de la Terre, nous devrions peut-être regarder là où la radiation est intense, car elle pourrait bien servir de carburant, ou devrais-je dire de « nourriture », pour une vie microbienne cachée juste sous la surface.
Quand la radiation devient un repas

Alors, comment ça marche exactement ? Une étude parue dans l’International Journal of Astrobiology explique que des amas de particules à haute énergie, qu’on appelle les rayons cosmiques galactiques, traversent l’espace en permanence. Ces rayons, en frappant la matière, provoquent des réactions chimiques — un processus nommé radiolyse — qui brisent les molécules et libèrent des sous-produits exploitables par des organismes vivants. C’est un peu comme si l’univers préparait le dîner en bombardant le sous-sol.
Pour comprendre cela, il suffit de regarder chez nous. Nous connaissons des organismes extrêmophiles, comme cette bactérie au nom imprononçable, Candidatus Desulforudis audaxviator, qui se nourrit littéralement de la désintégration radioactive de l’uranium. C’est fascinant, non ? Ces créatures se terrent sous terre pour éviter le gros des radiations, un peu comme nous le ferions dans un abri antiatomique, tout en profitant de l’énergie chimique générée. Les chercheurs pensent que le même scénario pourrait se jouer sur nos planètes voisines.
Encelade, Mars et Europe : Les candidats idéaux

L’équipe de recherche s’est penchée sur trois mondes familiers : Mars, Europe (la lune de Jupiter) et Encelade (celle de Saturne). Et les chiffres sont assez surprenants. D’après leurs simulations, c’est Encelade qui tient la corde : cette lune pourrait abriter jusqu’à 42 900 cellules par centimètre cube à seulement 60 centimètres de profondeur. Mars n’est pas en reste avec environ 11 600 cellules possibles à un demi-mètre sous la surface, tandis qu’Europe pourrait en soutenir 4 200 un peu plus profondément.
Bon, ne nous emballons pas trop vite : on ne parle pas ici de petits hommes verts ou d’écosystèmes luxuriants. Il s’agirait, selon toute vraisemblance, de formes de vie très primitives, comme des microbes, car l’énergie disponible reste limitée. Mais comme le souligne Dimitra Atri, co-auteur de l’étude, cela « élargit notre recherche ». Des mondes que nous pensions stériles parce qu’ils sont trop loin du soleil ou sans orbite classique pourraient finalement être habitables.
Des indices concrets dans la glace

Ce qui est encore plus excitant, c’est que nous avons peut-être déjà des preuves sous le nez. En octobre dernier, une autre étude publiée dans Nature Astronomy a révélé la présence de composés organiques dans des échantillons de glace d’Encelade. Ces fragments avaient été éjectés par la lune et capturés par la sonde Cassini lors d’un survol en 2008. L’analyse montre que cette lune émet plus de substances à base de carbone qu’on ne le pensait.
Cela ne signifie pas forcément qu’il y a de la vie, mais comme le dit Caroline Freissinet, astrobiologiste, « tous les ingrédients sont là ». Bien sûr, certains scientifiques pensent que ce sont plutôt les cheminées hydrothermales qui fournissent l’énergie, et non les radiations décrites par l’équipe d’Atri. Mais peu importe le mécanisme précis, l’espoir de trouver quelque chose de vivant dans ces océans glacés n’a jamais été aussi fort.
Une révolution silencieuse

Au fond, que ce soit grâce aux radiations ou à la chaleur des abysses, la découverte de la moindre cellule vivante ailleurs que sur Terre serait un bouleversement total. Cela prouverait que la vie n’est pas un hasard unique, un accident cosmique heureux, mais quelque chose qui peut émerger dès que les conditions minimales sont réunies, même dans des endroits qui nous semblent infernaux.
Nous attendons toujours ce premier contact, qui sera probablement microscopique plutôt que conversationnel. Mais savoir que des milliers de cellules pourraient théoriquement survivre juste sous la croûte de Mars ou d’Encelade rend notre système solaire soudainement beaucoup moins vide, et, je dirais même, beaucoup plus accueillant.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.