Le Manumea, plus proche parent du Dodo, refait surface après 5 ans de silence radio
Auteur: Mathieu Gagnon
Un retour inespéré pour le cousin du Dodo

On a souvent tendance à penser que lorsqu’une espèce est classée « en danger critique », elle a déjà un pied dans la tombe. C’est un peu vrai, je suppose, mais il y a tout de même un monde entre être mal en point et finir comme le célèbre dodo, disparu à jamais. Eh bien, figurez-vous que le plus proche parent vivant de ce fameux dodo, le Manumea (ou Didunculus strigirostris pour les intimes), vient de donner signe de vie alors qu’on ne l’avait pas revu depuis 2020.
C’est une nouvelle assez incroyable quand on y pense. Les îles, comme les Galápagos qui ont inspiré Darwin, sont des laboratoires de l’évolution fascinants mais terriblement fragiles. Dès que l’isolement est brisé, les espèces locales trinquent souvent face aux envahisseurs. Le dodo est devenu le triste symbole de cette fatalité, mais son cousin samoan, lui, s’accroche. Des observations réalisées en octobre et novembre derniers près d’Uafato, sur l’île samoane d’Upolu, prouvent qu’il n’a pas encore dit son dernier mot. C’est une lueur d’espoir, même si le chemin reste semé d’embûches.
Une traque sans photo, mais riche en certitudes

Alors, je vous vois venir : « A-t-on une photo ? ». Malheureusement, non. Et c’est bien là toute la frustration de l’histoire. En novembre, la Société de conservation des Samoa a annoncé la bonne nouvelle sur Facebook, mais ils ont dû admettre que l’oiseau est un véritable fantôme. Il bouge trop vite, se faufile dans la canopée et reste à distance ; bref, un cauchemar pour les photographes. Mais attention, l’absence de cliché ne veut pas dire qu’on fabule.
Contrairement à ces cas isolés où une seule personne croit voir quelque chose (ce qui finit souvent par être une erreur), ici, c’est du sérieux. Plusieurs membres de l’équipe de recherche ont vu le Manumea, parfois même ensemble au même moment. Cette accumulation de témoins oculaires donne une crédibilité solide à la découverte. D’ailleurs, ce n’était pas une surprise totale. En mai, un outil d’intelligence artificielle avait déjà identifié son cri spécifique parmi d’autres enregistrements, et un ornithologue de passage jurait déjà en avoir aperçu un l’année précédente. L’objectif maintenant ? Réussir une capture pour collecter de l’ADN et, qui sait, lancer un programme de reproduction en captivité.
De l’argent pour les mammouths… qui sauve les oiseaux

C’est ici que l’histoire prend une tournure un peu ironique, voire surprenante. Les écologistes samoans cherchaient cet oiseau depuis des années, mais les fonds manquaient cruellement pour une recherche systématique. Qui est venu à la rescousse ? Colossal Biosciences. Oui, c’est cette entreprise célèbre (et parfois critiquée) qui veut ressusciter le mammouth ou le dodo, et qui est connue pour ses loups terribles — qui n’en sont pas vraiment, soit dit en passant.
On peut penser ce qu’on veut de la « dé-extinction », mais il faut reconnaître un mérite à leur démarche : ils financent la protection des espèces proches de celles qu’ils veulent ramener à la vie. En aidant le Manumea, ils espèrent comprendre comment vivait le dodo. C’est un peu cynique, peut-être, car les ultra-riches semblent parfois plus enclins à payer pour des animaux disparus que pour sauver ceux qui sont encore là, mais l’argent est là. Et le Manumea en a besoin.
Cet oiseau est l’emblème national des Samoa, un archipel qui compte une centaine d’espèces d’oiseaux dont neuf uniques au monde. Le Manumea est crucial car il dissémine de grosses graines que les autres ne peuvent pas manger. Il était commun jusqu’aux années 1980, mais les espèces invasives, la perte d’habitat et le changement climatique ont provoqué un déclin effrayant.
Conclusion : Une lueur dans une année sombre

Il faut bien l’avouer, l’année 2025 n’a pas été tendre avec la biodiversité. Elle ressemble tristement aux précédentes, avec son lot de mauvaises nouvelles, comme la disparition officielle de trois espèces de la famille des bandicoots et d’autres animaux à travers le monde. C’est déprimant, certes. Mais cette réapparition du Manumea, tout comme la redécouverte récente du chat à tête plate, nous rappelle que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. L’extinction n’est inévitable que lorsqu’elle est actée.
Ce succès est le fruit d’un travail collectif immense. La Société de conservation des Samoa a tenu à remercier tout le monde : Birdlife International, deux zoos, le groupe de spécialistes des pigeons de l’UICN, le ministère samoan, et surtout la communauté locale d’Uafato. Des gardes forestiers aux bénévoles venus d’outre-mer, ils ont tous arpenté les vallées du nord-est d’Upolu pour prouver que le cousin du dodo respire encore.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.