Une perte dans le silence de Noël

C’est une nouvelle qui, il faut bien l’avouer, laisse un goût amer. Imaginez un peu : on arrive à l’église pour la messe de Noël, un moment de paix et de recueillement, et on découvre que quelque chose cloche, littéralement. C’est ce qui est arrivé aux paroissiens de l’église anglicane St. Peter’s, sur la Woodstock Road à Fredericton. Un vol, presque impensable, a eu lieu dans la nuit du 29 décembre 2025, vers 2h14 du matin. La police locale est maintenant à la recherche de témoignages, après qu’une partie de l’objet volé – une énorme cloche en laiton – a été retrouvée, détruite, dans un fossé. L’autre partie, elle, manque toujours à l’appel.
On parle pas d’un bibelot, là. Ross Hebb, l’ancien recteur de cette paroisse, a l’air encore sonné quand il en parle. Les fidèles ont d’abord remarqué une chaîne cassée le soir du réveillon. « Elle pendait mollement, ce qui est très étrange parce qu’elle était toujours bien en place », raconte-t-il. Sur le moment, ils se sont dit que le gel avait peut-être joué un mauvais tour. Mais non. La vérité, elle est plus dure.
« Je suppose que c’est dans la nuit de Noël que la cloche s’est envolée », lance-t-il, avec une pointe d’amertume dans la voix. Une façon de dire les choses qui en dit long sur l’absurdité de l’acte. Vole-t-on vraiment des cloches d’église, en plein 21ème siècle ? Apparemment, oui. Et pas n’importe laquelle.
Un poids historique, et pas seulement sur la balance
Quand on y réfléchit, le coup a dû être préparé. Ce n’est pas le genre d’objet qu’on embarque sur un coup de tête en sortant de chez soi. Ross Hebb l’estime entre 300 et 400 livres. « Ce n’est pas le genre de chose qu’un homme, ou même deux, pourrait soulever et emporter comme ça », fait-il remarquer, assez logiquement. Ça demande des outils, un véhicule, une certaine… détermination. La police, d’ailleurs, croit qu’un pick-up Ford F-150 noir, à quatre portes, est impliqué. Une image du véhicule suspect a été captée par une caméra de sécurité des environs.
Mais au-delà du poids, il y a l’histoire, écrasante. Et là, le cœur se serre encore plus. Cette cloche, elle a été forgée en Angleterre en 1820. Je répète : 1820. Elle a traversé l’Atlantique pour servir les premières congrégations anglicanes de Fredericton. « Elle a donc appelé les Frederictoniens au culte du Dieu Tout-Puissant à partir du début des années 1830 », explique Hebb, avec le respect qu’on doit à un tel témoin du temps.
Son vol, pour lui, n’a rien d’un acte de passion pour le patrimoine. « Je ne pense pas qu’ils l’aient volée pour sa signification historique. Ils la volent pour ce qu’ils pensent être sa valeur pécuniaire. » Un triste constat. De la vieille quincaillerie à fondre, en somme. Une vision qui ignore totalement qu’elle fait « partie de notre histoire collective, pas seulement de notre histoire religieuse, mais de notre histoire culturelle ici au Nouveau-Brunswick, et pour tous les Canadiens, d’ailleurs. » On a volé un morceau de mémoire commune, c’est ça qui est si révoltant.
L’enquête avance, grâce à vous
L’affaire n’est pas au point mort, heureusement. La police de Fredericton le dit elle-même : la récupération partielle de la cloche a été rendue possible grâce à un tuyau donné par un membre du public. Ils remercient d’ailleurs la communauté pour son aide et sa coopération, ce qui est plutôt réconfortant. Ça montre que les gens sont attachés à leur patrimoine, eux.
L’enquête se poursuit activement. Selon Ross Hebb, les enquêteurs espèrent que des informations supplémentaires permettront d’identifier les responsables. « Ils pensent qu’avec cette image [du pick-up], et s’ils peuvent obtenir d’autres renseignements, de petits détails qui peuvent paraître insignifiants aux yeux de certains, ils pourront peut-être reconstituer une plus grande partie de l’histoire. » C’est souvent comme ça que ça se passe, non ? Un petit rien, une observation en passant, et tout se débloque.
Alors, si vous avez vu ou entendu quelque chose de suspect dans ce secteur de la Woodstock Road fin décembre, surtout cette nuit du 29, n’hésitez pas. Même si ça vous semble anodin. La police de Fredericton et Crime Stoppers sont à l’écoute. Parfois, aider, c’est juste se souvenir d’un bruit, d’une voiture garée bizarrement, d’une lumière.
Conclusion : Quand le métal a plus de valeur que la mémoire
En fin de compte, cette histoire de cloche volée, c’est un peu un symbole. Un symbole de ce qu’on choisit de valoriser. D’un côté, un objet massif, chargé de deux siècles de prières et de vie communautaire, témoin silencieux de l’évolution d’une ville. De l’autre, quelques kilos de laiton à revendre au poids. Le contraste est brutal.
Ross Hebb l’a dit avec une tristesse résignée : il était « stupéfait ». « Ça ne m’avait jamais traversé l’esprit qu’on ait besoin de sécurité pour garder en place une cloche d’église historique. » Peut-être que c’était naïf. Mais quel monde vivons-nous si on en arrive là ? Un monde où il faut mettre une alarme sur les souvenirs ?
L’espoir, maintenant, repose sur la solidarité des gens et le travail de la police. Retrouver les responsables, et peut-être, qui sait, les autres morceaux de cette cloche. Pour lui rendre, ne serait-ce qu’un peu, de sa dignité. Parce qu’une cloche, ça ne sert pas qu’à sonner. Ça sert aussi à rassembler. Et aujourd’hui, c’est son absence qui nous rassemble, dans l’incompréhension et l’indignation.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.