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Un crâne vieux de 3 millions d’années ne correspond à aucun ancêtre humain connu
Crédit: lanature.ca (image IA)

Le mystère de ‘Little Foot’

credit : lanature.ca (image IA)

Imaginez un crâne vieux de trois millions d’années, découvert au fond d’une grotte sud-africaine. Pendant des décennies, on a pensé connaître son espèce. Il s’appelle ‘Little Foot’, et pour beaucoup, c’était presque certainement un spécimen d’Austrolopithecus prometheus. Jusqu’à ce que… finalement, peut-être, ce ne soit pas le cas.

L’histoire, rapportée par Elizabeth Rayne en janvier 2026, commence vraiment en 1998. C’est là que l’équipe du paléoanthropologue Ronald Clarke a mis au jour ce crâne, référencé StW 573, dans les célèbres grottes de Sterkfontein, en Afrique du Sud. Et on l’a tout de suite classé, sans trop de débat public, dans cette espèce A. prometheus. La question semblait réglée. Enfin, sur le papier.

Un débat qui reprend et une analyse qui change tout

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credit : 120 / V. Mourre, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Le hic, c’est que d’autres fossiles, appartenant à une espèce cousine appelée Austrolopithecus africanus, ont aussi été trouvés dans la même région. Du coup, un doute a persisté. Little Foot était-il vraiment un prometheus ? L’archéologue Jesse Martin, de l’Université La Trobe en Australie, a donc décidé de trancher, ou du moins d’y voir plus clair. Il a analysé le crâne de Little Foot et l’a comparé méticuleusement à d’autres spécimens.

D’un côté, il y avait un crâne de A. prometheus connu sous le nom de MLD1. De l’autre, plusieurs crânes d’A. africanus. Et là, surprise : les caractéristiques de Little Foot ne correspondaient parfaitement à aucun des deux groupes. Ça a dû faire l’effet d’une petite bombe dans le milieu. C’est comme si on avait trouvé une pièce de puzzle qui ne s’emboîtait nulle part, même en forçant un peu.

Martin l’a expliqué dans son étude publiée dans l’American Journal of Biological Anthropology. Pour être de la même espèce, MLD1 et Little Foot devraient partager un ensemble unique de traits, à la fois primitifs et évolués. Mais voilà, le spécimen de référence pour A. prometheus, MLD1, n’est qu’un fragment – un morceau occipito-pariétal, pour être précis. C’est un peu comme vouloir identifier quelqu’un avec une photo très floue et très découpée. Clarke avait bien listé des similarités, mais sur MLD1, seules trois caractéristiques étaient assez bien préservées pour être vraiment étudiées : la capacité crânienne (le volume du cerveau), la crête sagittale (cette petite arête osseuse au sommet du crâne), et l’os pariétal (qui forme les côtés de la boîte crânienne).

Les détails qui font la différence et l’ombre d’une nouvelle espèce

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credit : 120 / V. Mourre, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Bref, avec si peu de preuves solides sur MLD1, impossible d’affirmer que Little Foot est un A. prometheus. Point final. Alors l’équipe de Martin a repris l’analyse depuis le début, en tenant compte de la déformation du crâne. Car oui, le temps et les processus taphonomiques – tout ce qui se passe entre la mort et la fossilisation, comme la compression, la rupture, le dessèchement – ont déformé le fossile. Et ces altérations n’avaient peut-être pas été suffisamment prises en compte auparavant.

Mais surtout, ils ont examiné deux traits que Clarke n’avait, semble-t-il, pas vraiment intégrés dans ses comparaisons : la protubérance occipitale (cette petite bosse à l’arrière du crâne, vers la nuque) et l’astérion (le point précis où trois sutures du crâne se rejoignent). C’est là que les choses se sont précisées.

Les différences avec MLD1 sont devenues flagrantes. Little Foot présente une encoche à l’astérion, un placement légèrement différent de la crête sagittale, une grande protubérance occipitale et un plan nucal plus long (cette région convexe de l’os occipital). Au final, Martin n’a trouvé aucune raison morphologique valable pour maintenir Little Foot dans l’espèce A. prometheus. Les similitudes ne tiennent pas la route face à ces distinctions.

Alors, est-ce une nouvelle espèce ? La question est sur toutes les lèvres, et la réponse est… peut-être. C’est en tout cas une possibilité très sérieuse. Mais Jesse Martin, lui, reste prudent et surtout respectueux. Il déclare clairement dans l’étude : « Nous nous abstenons de créer formellement un tel taxon ici ». Pourquoi ? Parce qu’il estime que c’est bien plus approprié que ce soit l’équipe de recherche qui a passé plus de vingt ans à excaver et analyser l’extraordinaire spécimen de Little Foot qui ait l’honneur de lui donner un nom, si nom il doit y avoir.

Conclusion : Une énigme loin d’être résolue

credit : lanature.ca (image IA)

Où cela nous mène-t-il ? Eh bien, pour l’instant, Little Foot est un peu un sans-papiers de la préhistoire. Ni tout à fait A. prometheus, ni A. africanus. Un être à part, dont le crâne vieux de 3 à 1,95 million d’années continue de questionner notre arbre généalogique.

C’est fascinant, non ? Cela montre à quel point l’histoire de nos origines est complexe et mouvante. Une découverte qui semblait classée peut, des décennies plus tard, tout remettre en question grâce à de nouvelles analyses et à un regard neuf. Le chapitre Little Foot n’est pas clos ; il attend juste que ceux qui le connaissent le mieux, ceux qui l’ont dégagé de la roche grain par grain, écrivent la suite de son histoire. Et qui sait quel nom ils lui trouveront.

Selon la source : popularmechanics.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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