Selon une infirmière en soins palliatifs, les personnes en fin de vie expriment souvent la même chose
Auteur: Simon Kabbaj
Une infirmière devenue une voix sur la fin de vie

Lorsqu’on travaille à l’accompagnement des personnes en fin de vie, on en apprend autant sur la vie que sur la mort. C’est un peu le sentiment qu’inspire Julie McFadden, une infirmière en soins palliatifs qui a vu des centaines de personnes rendre leur dernier souffle. Une expérience qui, au lieu de la murer dans le silence, l’a poussée à en parler au plus grand nombre.
Sur les réseaux sociaux, elle est connue sous le nom d’Hospice Nurse Julie. Et il faut dire que son auditoire est immense : pas moins de 659 000 abonnés sur YouTube, 520 000 sur Instagram, et un succès phénoménal sur TikTok avec 1,7 million de followers. Au total, ça fait plus de deux millions de personnes qui la suivent pour écouter ses récits et ses conseils. C’est assez rare, pour une infirmière, d’avoir une telle audience, non ?
Son travail ne s’arrête pas aux vidéos. Elle a aussi écrit un livre, Nothing to Fear: Demystifying Death to Live More Fully, qui lui a valu le titre très prestigieux d’auteur best-seller du New York Times. Ce qui est fascinant, c’est qu’elle aborde la mort pour mieux nous parler de la vie, et des choix qu’on fait tous les jours.
Les leçons d’une vie : ce qu’elle ne ferait jamais

Dans ses partages en ligne, Julie McFadden donne parfois des conseils très concrets, tirés de son expérience en première ligne. Dans une de ses vidéos, elle a listé trois choses qu’elle ne ferait jamais, parce qu’elles peuvent, selon elle, écourter la vie de manière évitable. Des choix de vie, tout simplement.
Premièrement, boire de l’alcool quotidiennement. Elle explique cela sans détour : « J’ai vu suffisamment de personnes mourir de morts alcooliques, c’est-à-dire de cirrhose du foie, à cause de la consommation d’alcool, pour savoir que ce n’est pas bon. Et c’est évitable ». Un rappel brutal, mais qui sonne juste quand on l’entend de la bouche de quelqu’un qui a vu les conséquences.
Deuxièmement, fumer ou vapoter. Et là, elle est catégorique. « Le vapotage est tout aussi mauvais [que fumer] », affirme-t-elle. Ce n’est pas qu’une histoire de poumons, précise-t-elle, cela « affecte tout votre système cardiovasculaire ». On entend souvent le contraire, alors c’est un message important.
Enfin, la troisième chose sur sa liste : conduire une moto ou un quad (ATV). Elle ne détaille pas autant cette dernière, mais le sous-texte est clair : ce sont des activités à risques qu’elle a trop souvent vu mener à des fins tragiques et prématurées. Des choix, toujours.
Le regret le plus commun au crépuscule de la vie

Mais au-delà des conseils de prévention, le cœur du message de Julie McFadden, ce sont les paroles qu’elle recueille au chevet des mourants. En 2024, lors d’un passage sur le podcast Disruptors de Rob Moore, elle a partagé ce qu’elle entend le plus souvent. Et c’est une leçon d’humilité.
Le premier souhait, le regret qui revient souvent, c’est celui-ci : « J’aurais aimé ne pas passer autant de temps au travail ». Une plainte universelle, en quelque sorte. On le sait tous, mais c’est plus facile à dire qu’à faire quand les factures arrivent chaque mois, n’est-ce pas ? On se retrouve pris dans l’engrenage, et puis un jour, il est trop tard pour revenir en arrière.
Mais le deuxième regret est, selon Julie, encore plus fréquent. Et surtout, il concerne quelque chose sur lequel nous avons un peu plus de pouvoir, si on y pense à temps. Elle l’explique ainsi : « La principale chose que les gens disent, et que je n’entends pas beaucoup de monde mentionner, c’est : ‘J’aurais aimé apprécier ma santé’ ».
Ça paraît si simple, presque banal. Pourtant, c’est profond. « Quand on se sent bien, il est facile de tenir sa santé pour acquise », remarque Julie. On court partout, on se plaint d’une petite courbature, sans réaliser le privilège immense que c’est de simplement pouvoir respirer sans effort, marcher, vivre sans douleur chronique. C’est seulement quand la maladie frappe que ce souhait devient une obsession douloureuse.
Conclusion : Apprendre des derniers instants pour mieux vivre aujourd’hui
Cette sagesse collective, glanée au fil de centaines d’accompagnements, Julie a décidé de ne pas l’oublier. Elle en a fait une pratique personnelle, pour elle-même. Chaque soir, elle écrit ce qu’elle appelle une « liste de gratitude ». Ce n’est pas compliqué : elle note simplement les petites choses dont on s’aperçoit à peine quand tout va bien, mais qui sont en réalité tout.
« J’aime le fait que je puisse respirer, que je me promène, que je puisse sentir le soleil – des petites choses comme ça », confie-t-elle. Une manière concrète de ne pas tomber dans le piège du regret futur.
Au final, le message qui ressort de son témoignage est limpide, et peut-être un peu triste aussi. « Je pense que la plus grande chose que j’entends des gens [qui sont] en train de mourir est qu’ils auraient aimé apprécier à quel point ils se sentaient bien avant ». Une vérité universelle, murmurée dans les chambres des soins palliatifs, que Julie McFadden nous rapporte comme un cadeau. Pour nous inviter, aujourd’hui, à faire une pause. À être reconnaissant pour notre corps qui fonctionne, pour une journée sans douleur, pour un souffle facile. Parce que c’est probablement la leçon la plus précieuse que l’on puisse apprendre de ceux qui partent.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.