Drame à l’urgence de Laval : 10 heures d’attente, un cœur qui lâche et des questions qui dérangent
Auteur: Adam David
Une fin tragique dans la salle d’attente

C’est le genre d’histoire qui nous glace le sang, parce qu’on peut tous s’imaginer à sa place, assis sur une chaise en plastique inconfortable. Un sexagénaire est décédé d’un infarctus après s’être littéralement effondré dans la salle d’attente d’une urgence bondée de Laval. Le plus terrible ? Il est resté là près de dix heures sans jamais être réévalué. Pas une seule fois.
Son cas était pourtant classé « urgent », mais la coroner Julie A. Blondin, dans son rapport d’investigation, ne mâche pas ses mots en pointant du doigt le non-respect flagrant des règles de triage. On parle ici d’une vie humaine qui s’est éteinte au milieu du chaos hospitalier, alors que le système était censé le protéger. C’est un constat d’échec brutal.
Tout a commencé le 11 février 2025. L’homme, âgé de 69 ans, se présente à l’urgence avec ce qu’il décrit comme des douleurs au niveau de la nuque et du thorax. Et ce n’était pas une petite gêne : il évalue ses douleurs à la poitrine à 9 sur 10. Imaginez la souffrance. Pourtant, cette journée allait se transformer en un interminable calvaire.
Une chronologie déroutante : de la priorité P2 à l’oubli total

Regardons les faits, minute par minute, car c’est là que le bât blesse. À 14 h 30, une infirmière du triage évalue ce patient Lavallois. Sur le coup, elle lui attribue la cote de priorité P2 – très urgente. Ses signes vitaux sont normaux à ce moment-là, et un électrocardiogramme est effectué. Jusqu’ici, ça semble correct.
Mais voilà que quelques minutes plus tard, sans qu’on comprenne trop pourquoi, l’infirmière modifie sa cote de priorité. Elle le passe à P3 (urgente). Et à 14 h 37… c’est le début de la fin : le sexagénaire est renvoyé dans la salle d’attente sans aucune médication. Rien.
C’est là que le protocole a été ignoré, je suppose. Selon l’Échelle canadienne de triage et de gravité pour les départements d’urgence, un patient avec une cote P3 ne doit pas être laissé à l’abandon. Il doit être réévalué fréquemment jusqu’à sa prise en charge par un médecin. Dans ce cas précis, il « devait être revu toutes les 30 minutes ». Mais la réalité est cruelle : il n’a jamais été réévalué.
La nuit tombe, les heures passent. Vers 0 h 20, le corps lâche. L’homme tombe en arrêt cardiorespiratoire, toujours dans cette maudite salle d’attente. La coroner décrit la scène : « Il s’est soudainement affaissé vers l’avant et s’est effondré sur le sol, près de l’agent de sécurité ». Le personnel l’a relevé et transporté sur une civière. Mais le rapport souligne un détail troublant : aucune manœuvre n’a été entamée à ce moment précis.
Des minutes perdues et une urgence qui déborde

La suite est difficile à lire. La coroner écrit : « Plusieurs minutes ont été perdues avant que le personnel n’entame le massage cardiaque, ce qui peut avoir eu un impact sur sa vie ». On parle de minutes précieuses, vitales. Malheureusement, les manœuvres effectuées par la suite n’ont pas permis de retrouver un pouls. Les examens post-mortem ont montré « des signes […] suggérant un infarctus sévère ».
Il faut dire que le contexte à l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé ce jour-là était… chaotique, c’est le moins qu’on puisse dire. L’urgence était en « situation de surcapacité ». Tenez-vous bien : le taux d’occupation des civières atteignait 173 %. C’est énorme. La coroner rapporte même que « certains ont entendu une infirmière dire que les cas non urgents devaient retourner à la maison et revenir le lendemain ».
Mais l’achalandage n’excuse pas tout, n’est-ce pas ? Selon les lignes directrices de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, « l’infirmière qui se trouve dans l’impossibilité d’assurer la réévaluation des patients doit en aviser son supérieur dans les plus brefs délais ». Or, selon Julie A. Blondin, dès l’évaluation de la priorité du patient, le guide de triage « ne semble pas avoir été appliqué par le personnel ». C’est un constat lourd.
Conclusion : Recommandations et promesses de changement

Face à ce drame, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval a dû procéder à une analyse du dossier. La coroner indique que « plusieurs lacunes ont été identifiées au niveau de la prise en charge [du défunt] à l’urgence dans le processus de triage ». C’est un aveu d’échec, quelque part.
Un plan d’action a été élaboré, incluant différentes mesures pour améliorer la prise en charge dès l’arrivée, le processus de priorisation et l’organisation quand ça déborde. Mais Julie A. Blondin a tout de même jugé nécessaire de formuler une recommandation officielle au CISSS de Laval : une formation doit être suivie par le personnel pour que le triage « respecte rigoureusement » les normes établies.
De son côté, le CISSS de Laval confirme avoir pris connaissance du rapport. L’organisation admet qu’il « met en lumière des lacunes dans les processus de fonctionnement, dans un contexte de surcapacité importante ». Ils disent prendre la recommandation « très au sérieux » et s’engagent à « renforcer la formation du personnel de l’urgence en matière de triage » ainsi qu’à « améliorer les mécanismes de réévaluation » pour ceux qui attendent. Espérons que ce ne sont pas juste des mots, pour éviter qu’un autre patient ne vive – ou plutôt ne meure – de la même façon.
Selon la source : latribune.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.