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Les suppléments d’oméga-3 : un faux espoir pour la dépression chez les jeunes ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une lueur d’espoir qui s’estompe

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On entend souvent dire que l’huile de poisson est miraculeuse, n’est-ce pas ? Ces fameuses pilules riches en acides gras oméga-3 ont suscité beaucoup d’intérêt ces dernières années. L’idée était séduisante : les utiliser comme traitement complémentaire pour la dépression. Pourquoi ? Eh bien, tout simplement parce que quelques études menées sur des adultes avaient montré des améliorations notables des symptômes lorsqu’on les combinait avec des antidépresseurs classiques. C’était prometteur.

Mais voilà, la science est parfois capricieuse. Lorsqu’une étude similaire a été tentée avec des enfants et des adolescents, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Contre toute attente, les oméga-3 n’ont pas fait mieux qu’un simple placebo. C’est une douche froide pour ceux qui espéraient une solution naturelle et douce pour nos jeunes.

Il faut se rendre à l’évidence, ce qui fonctionne pour papa ou maman ne fonctionne pas forcément pour l’ado de la maison. C’est une distinction cruciale que cette nouvelle recherche met en lumière, et je pense qu’il est important de s’y attarder pour ne pas tomber dans le piège des remèdes à la mode.

L’enquête suisse : protocole et participants

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Pour en avoir le cœur net, une équipe de chercheurs suisses a décidé de lancer un vaste essai clinique. Ils n’ont pas fait les choses à moitié. L’étude s’est déroulée dans cinq centres différents et s’est étalée sur une période de neuf mois. L’objectif était clair : vérifier si l’ajout de suppléments d’oméga-3 au traitement standard pouvait aider les adolescents et les jeunes adultes souffrant de dépression modérée à sévère.

L’étude a impliqué 257 participants, âgés de 8 à 18 ans. C’est un échantillon assez robuste pour ce type de recherche. Ces jeunes ont été assignés au hasard – c’est la règle d’or des essais cliniques – pour recevoir soit 1,5 gramme de suppléments d’oméga-3, soit des pilules placebo, et ce, tous les jours. Personne ne savait qui prenait quoi, pour éviter de biaiser les résultats.

Les résultats de ce travail titanesque viennent d’être publiés dans le JAMA Network Open. Et franchement, ils méritent qu’on s’y attarde, car ils remettent en question pas mal d’idées reçues, surtout dans un pays comme la Suisse où environ 9,5 % de la population consomme ces suppléments pour leurs supposés bienfaits cardiovasculaires, neurologiques ou mentaux.

L’huile de poisson : la nouvelle poudre de perlimpinpin ?

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On peut légitimement se poser la question : l’huile de poisson est-elle devenue la nouvelle « poudre de perlimpinpin » ? Le contexte est alarmant. Les taux de dépression grimpent en flèche, quel que soit l’âge, le genre ou la région. Chez les enfants et les adolescents, c’est devenu l’une des principales causes de maladie mentale. Pire encore, c’est un facteur de risque majeur pour le suicide, qui est, rappelons-le, la deuxième cause de décès chez les adolescents américains.

Les chiffres font froid dans le dos. Environ un adolescent sur six a signalé avoir vécu un épisode dépressif, avec des taux nettement plus élevés chez les filles. On parle ici d’une véritable urgence de santé publique. Et pourtant… moins de la moitié de ceux qui en ont besoin reçoivent un traitement approprié. C’est terrifiant quand on y pense.

Au-delà du coût ou du manque d’accès aux soins, il y a un autre obstacle insidieux : la distraction causée par des suppléments naturels non prouvés. Les chercheurs de cette étude craignent – et je les rejoins là-dessus – que cela ne soit dangereux. Pourquoi ? Parce que cela peut inciter les familles à retarder des soins fondés sur des preuves scientifiques. Et quand on retarde un traitement efficace, la dépression peut s’installer, traîner en longueur, augmentant ainsi le risque suicidaire. C’est un pari risqué.

Résultats décevants et limites de l’étude

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Alors, qu’est-ce que ça a donné concrètement ? L’étude a révélé que compléter le traitement de la dépression avec des pilules d’huile de poisson n’était pas plus efficace que le placebo. Que ce soit pour améliorer la qualité de vie, réduire les idées suicidaires ou diminuer le besoin d’antidépresseurs, c’était chou blanc. Les deux groupes ont montré des améliorations similaires au fil du temps.

Pour être précis sur les chiffres – parce que c’est important d’être factuel –, les scores de dépression étaient de 36,5 avec les oméga-3 contre 36,8 avec le placebo. La différence est insignifiante. C’est presque pareil. Ces résultats indiquent clairement que les suppléments d’oméga-3 n’apportent aucun bénéfice supplémentaire pour la dépression pédiatrique.

Cela dit… il faut rester prudent. L’essai a été mené pendant la pandémie de COVID-19, ce qui a sans doute influencé le moral des troupes et peut-être les résultats. De plus, l’étude n’a pas contrôlé l’utilisation des réseaux sociaux, un autre facteur monstre qui pèse sur la santé mentale des jeunes aujourd’hui. Les chercheurs suggèrent maintenant d’explorer des marqueurs biologiques pour améliorer les stratégies de traitement. En attendant, mieux vaut peut-être s’en tenir aux méthodes éprouvées plutôt qu’aux pilules miracles.

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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