Trump : Nous prendrons le contrôle du Groenland, pacifiquement ou par la force « qu’ils le veuillent ou non »
Auteur: Simon Kabbaj
Une obsession qui ne faiblit pas

C’était ce vendredi, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le président Donald Trump ne lâche pas l’affaire. Lors d’une rencontre à la Maison Blanche, il a de nouveau insisté lourdement pour que les États-Unis prennent le contrôle du Groenland, lançant aux journalistes présents cette phrase qui résonne encore : « Nous allons faire quelque chose concernant le Groenland, qu’ils le veuillent ou non ». C’est assez direct, non ? Le contexte était pourtant un peu différent, puisqu’il recevait des dirigeants pétroliers pour discuter des investissements au Venezuela, mais il semble que le sujet du Groenland soit revenu sur le tapis avec force. Sa justification est toujours la même, teintée de cette inquiétude géopolitique qu’il ressasse souvent : selon lui, si l’Amérique n’agit pas, ce sont « la Russie ou la Chine » qui prendront le contrôle. Il a ajouté : « Nous n’allons pas avoir la Russie ou la Chine comme voisin », ce qui en dit long sur sa vision de la carte du monde.
Le président a répété à plusieurs reprises, comme une idée fixe, qu’il souhaite s’emparer de ce territoire insulaire autonome. Comment ? Eh bien, soit en l’achetant — comme on achèterait un simple terrain, j’imagine — soit en utilisant la force militaire. Il qualifie cela de question de sécurité nationale, et ce, malgré les protestations farouches et répétées du Groenland, du Danemark et de nos alliés européens qui, franchement, commencent à trouver le temps long. Un responsable de la Maison Blanche a même glissé que l’option militaire américaine est « toujours une option » pour Trump afin d’acquérir le territoire.
Le refus catégorique du Nord et la menace de la « manière forte »

Face à ces déclarations, la réponse ne s’est pas fait attendre et elle est glaciale. Jacob Isbosethsen, qui est le chef de la représentation du Groenland aux États-Unis, a mis les choses au clair jeudi, juste après une réunion à huis clos avec des membres du Congrès. Il a déclaré aux journalistes : « Le Groenland n’est pas à vendre ». Il a tenu à rappeler que le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen et la ministre des Affaires étrangères Vivian Motzfeldt avaient été « très, très clairs » à ce sujet. Pour reprendre ses mots exacts : « Notre pays appartient au peuple groenlandais ». C’est difficile de faire plus explicite, je crois. Mais cela ne semble pas vraiment arrêter le président américain.
Quand on lui a demandé vendredi combien d’argent il pensait devoir mettre sur la table pour convaincre le Groenland d’adhérer à son projet, Trump a eu une réponse… disons, typique. Il a dit : « Je ne parle pas encore d’argent pour le Groenland. Je pourrais en parler ». Mais c’est la suite qui fait un peu froid dans le dos, vous ne trouvez pas ? Il a ajouté : « J’aimerais conclure un accord, vous savez, par la manière douce. Mais si nous ne le faisons pas par la manière douce, nous le ferons par la manière forte ». C’est une menace à peine voilée qui laisse planer un doute sérieux sur ses intentions réelles.
Levée de boucliers au Capitole : Républicains et Démocrates unis

C’est assez rare pour être souligné, mais au Capitole, Républicains et Démocrates semblent d’accord pour jeter un froid sur les ambitions de Trump. De hauts responsables des deux bords ont exprimé leur scepticisme. Le sénateur Roger Wicker, qui est tout de même le principal républicain de la commission des forces armées du Sénat, s’est exprimé après avoir rencontré jeudi Jacob Isbosethsen et l’ambassadeur du Danemark aux États-Unis, Jesper Møller Sørensen. Wicker a déclaré : « Je pense qu’il a été clairement établi par nos amis danois et nos amis du Groenland que cet avenir n’inclut pas de négociation ». Il a ajouté qu’il n’y avait « aucune volonté de leur part de négocier l’achat ou le changement de titre de leur terre », une terre qu’ils possèdent depuis si longtemps. C’est un message fort venant de son propre camp.
Du côté démocrate, la sénatrice Jeanne Shaheen, figure de proue de la commission des affaires étrangères du Sénat, a renchéri après la réunion : « Il n’y a aucune raison de négocier sur qui contrôle le Groenland car le Groenland, les États-Unis et le Danemark ont été alliés ». Elle a rappelé que nous partageons les mêmes valeurs et que nous travaillons en coopération. Même le président de la Chambre, Mike Johnson, qui est pourtant l’un des principaux alliés de Trump, a balayé l’idée d’une action militaire. Lors d’une conférence de presse mercredi, il a dit : « Je ne pense pas que quiconque envisage sérieusement cela. Et au Congrès, nous ne le faisons certainement pas ».
Conclusion : L’administration persiste malgré tout

Malgré tout ce vacarme et cette opposition, l’administration Trump ne semble pas vouloir lâcher le morceau. Le vice-président JD Vance est monté au créneau jeudi pour défendre l’intérêt de l’administration pour l’île. Lors d’un point presse avec la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, il a conseillé aux dirigeants européens et à « quiconque » de prendre le président au sérieux. Vance a listé ses arguments : « Numéro 1, le Groenland est vraiment important, non seulement pour la défense antimissile de l’Amérique, mais pour la défense antimissile du monde ». Et en numéro 2, il a souligné que des « adversaires hostiles » ont montré beaucoup d’intérêt pour ce « morceau particulier du monde ».
L’histoire est donc loin d’être terminée. On attend maintenant la semaine prochaine, où le secrétaire d’État Marco Rubio doit rencontrer ses homologues du Danemark et du Groenland. Ce sont eux qui ont demandé une réunion urgente avec lui. On peut supposer que l’ambiance risque d’être un peu tendue autour de la table, non ?
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