Des archéologues mettent au jour les vestiges oubliés d’une société romaine vieille de 2 500 ans
Auteur: Mathieu Gagnon
Une découverte inattendue sous le soleil du Delta

C’est incroyable comme le passé a cette manie de refaire surface quand on s’y attend le moins. On pense souvent à l’Égypte pour ses pyramides ou ses pharaons stars, mais il y a tellement plus qui dort sous la terre cuite par le soleil. Récemment, c’est dans le delta occidental du Nil que l’histoire a décidé de se réveiller. Une équipe d’archéologues a mis au jour quelque chose de bien plus vaste qu’une simple tombe isolée : c’est tout un complexe, une nécropole couplée à une zone industrielle datant de l’époque romaine, qui est resté là, imperturbable, pendant près de 2 000 ans.
Les fouilles ont été menées conjointement par le Conseil suprême des antiquités égyptiennes et l’Université de Padoue. Franchement, ce qu’ils ont trouvé sur les sites de Kom el-Ahmar et Kom Wasit, dans le gouvernorat de Beheira, dépasse l’entendement. Ils pensaient peut-être tomber sur quelques artefacts, mais ils ont exhumé les restes d’une partie de cité datant environ du Vème siècle avant notre ère. C’était une époque charnière, un moment où l’Égypte subissait de plein fouet l’influence des cultures grecque et romaine. Et ça se voit. Partout, dans les gravures, les poteries ou les objets rituels, on sent cette fusion esthétique, ce mélange des genres fascinant entre les traditions locales et l’envahisseur.
Nécropole et rituels : comment on mourrait à l’époque

Le cimetière romain découvert sur place est une mine d’or pour comprendre la mort — et donc la vie — de ces gens. Ce qui est frappant, c’est la diversité. Les chercheurs ont trouvé les restes de 23 individus, et il n’y a pas deux enterrements pareils, ou presque. Certains étaient simplement mis en terre, sans chichis, tandis que d’autres reposaient dans des cercueils en céramique. Le plus touchant, ou le plus étrange selon votre sensibilité, ce sont les corps d’enfants : ils ont été retrouvés encastrés dans de grandes amphores allongées. Une pratique qu’on a du mal à imaginer aujourd’hui.
Il y a un détail curieux, d’ailleurs. À cette époque, la momification était encore très pratiquée. C’était un mélange artistique : on gardait les bandelettes de lin et les hiéroglyphes égyptiens, mais on y ajoutait des portraits funéraires en plâtre peints à la romaine, très réalistes. Pourtant, ici ? Aucune momie. Rien. Les analyses préliminaires montrent au moins une bonne nouvelle pour ces défunts : ils ne semblent avoir souffert ni de violence, ni d’épidémie. C’était probablement une vie paisible, enfin, je suppose. Les analyses bioarchéologiques sont toujours en cours pour nous dire exactement comment ils vivaient, mais pour l’instant, c’est le calme plat.
L’industrie du poisson salé : le moteur économique

On oublie souvent que ces sites n’étaient pas juste des lieux de culte ou de repos éternel ; c’étaient des lieux de vie et de travail acharné. Même si le delta du Nil était plus fertile il y a des millénaires, l’Égypte romaine restait assez aride pour conserver, par chance, des trésors organiques. Les archéologues ont déterré un bâtiment industriel assez spacieux, divisé en six pièces. Et devinez à quoi ça servait ? Apparemment, l’activité principale était la transformation de poisson salé.
Ça peut sembler trivial, mais à une époque sans frigo, le poisson salé était une source de revenus cruciale, surtout pour le commerce longue distance. C’était de l’or comestible. Pour vous donner une idée de l’échelle de la production, l’équipe a dû déterrer et cataloguer pas moins de 9 700 arêtes de poisson laissées sur place après la transformation. Imaginez l’odeur à l’époque…
Artisans, amulettes et trésors oubliés

Dans d’autres pièces de ce complexe, on change d’ambiance. C’était le domaine des artisans qui fabriquaient des outils en pierre et en métal, mais surtout ces fameuses amulettes en faïence. Vous savez, ces petits objets bleu-vert, souvent en forme de scarabées, d’animaux ou de divinités. C’était un peu la protection « bon marché » accessible à tous, peu importe la taille de votre tombe. On les portait de son vivant pour se protéger, ou on les emportait dans la mort pour amadouer les dieux. L’idée, c’était souvent de placer un scarabée sur le cœur pour convaincre la déesse Maât de votre pureté lors du jugement final — histoire d’éviter de finir dans la gueule d’Ammit, la dévoreuse d’âmes. Pas très réjouissant comme perspective.
Le site donne l’impression d’avoir été abandonné en pleine activité. On a retrouvé des figures en calcaire inachevées, certaines à peine sculptées, restées posées sur les établis comme si l’artisan allait revenir d’une minute à l’autre. Il y avait aussi des preuves d’un commerce florissant : des amphores importées de Grèce et de Rome, des fragments de poterie grecque… Le monde était déjà globalisé, à sa façon. Parmi les trouvailles les plus spectaculaires, il y a cette magnifique paire de boucles d’oreilles en or, probablement appartenant à une femme, qui a été transférée au Musée égyptien du Caire. Au moins, elles ne sont plus perdues dans le sable.
Selon la source : popularmechanics.com
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