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Et si nous avions tout faux sur la chronologie de l’évolution ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une histoire de temps compressé

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Vous connaissez sans doute cette fameuse analogie, celle qui remet notre ego à sa place : si l’on devait compresser l’intégralité de l’histoire géologique de la Terre en une seule année civile, nous, les humains modernes, ne ferions notre entrée en scène que vers 23h50 le soir du réveillon du Nouvel An. L’histoire écrite ? Encore plus tard. C’est assez vertigineux quand on considère l’immensité du passé de notre planète, et c’est franchement remarquable de voir tout ce que notre humble espèce a pu apprendre durant ces quelques dernières « minutes » avant minuit.

Mais bon, comme c’est toujours le cas quand on cherche à comprendre nos origines, il reste encore énormément de zones d’ombre. Même si nous avons développé un modèle plutôt fiable pour expliquer comment la vie est passée d’organismes unicellulaires à la toile complexe que nous observons aujourd’hui — merci Charles Darwin et sa théorie de l’évolution —, des questions subsistent. Et pas des moindres. La principale ? Ce fossé apparent, une sorte de vide gênant, entre le moment où les scientifiques pensent que la vie complexe a émergé et le moment où l’on voit réellement les tout premiers fossiles. Dans cet article publié le 9 janvier 2026 par Darren Orf, on découvre qu’une nouvelle étude pourrait bien bousculer nos certitudes.

L’énigme de l’horloge moléculaire et le ver manquant

credit : lanature.ca (image IA)

Le cœur du problème réside dans ce qu’on appelle la théorie de l’horloge moléculaire. Pour faire simple, cette idée suppose que les changements génétiques se produisent de manière régulière et progressive, un peu comme un métronome, ce qui nous offre un moyen fiable de regarder dans le rétroviseur pour théoriser l’apparition de la vie complexe. En utilisant ce concept — qui consiste essentiellement à remonter le fil des archives génétiques en partant du principe que les mutations sont constantes —, les scientifiques estiment qu’il y a un trou d’environ 30 millions d’années qui reste inexpliqué par rapport à ce que nous voyons dans les fossiles.

C’est énorme, non ? Le tout premier fossile que nous avons sous la main, une créature ressemblant à un ver du genre Treptichnus, est daté d’environ 538 millions d’années (ou 530 selon certaines approximations larges). Mais l’horloge moléculaire nous dit que la vie complexe aurait dû être là bien avant. Alors, où sont les preuves ? Bien sûr, les fossiles sont difficiles à trouver à la base. Une théorie avance que ces premiers animaux étaient tout simplement incroyablement petits, peut-être à cause de faibles niveaux d’oxygène, et donc quasi impossibles à dénicher. Mais une nouvelle étude publiée dans la revue Systematic Biology suggère que le problème ne vient pas de la taille des bêtes, mais de l’horloge elle-même. Et si l’évolution ne faisait pas « tic-tac » aussi régulièrement qu’on le croyait ?

Quand l’évolution appuie sur l’accélérateur

C’est là qu’entrent en scène Graham Budd, paléontologue à l’Université d’Uppsala, et Richard Mann, mathématicien écologiste de l’Université de Leeds. Ces deux chercheurs, qui analysent l’horloge moléculaire depuis longtemps et ont même développé des modèles mathématiques pour déterminer comment les grands groupes animaux s’élèvent dans l’évolution, proposent une nouvelle approche : le modèle du « Covariant Evolutionary Tempo » (Tempo Évolutif Covariant). Ce nom un peu barbare cache une idée fascinante pour expliquer les incohérences entre la génétique et les fossiles.

Selon eux, le processus s’accélère considérablement lors de l’émergence d’un grand groupe d’organismes. Les auteurs écrivent : « Ce modèle prédit que la diversité est dominée par un petit nombre de clades extrêmement larges à n’importe quelle époque historique, y compris la nôtre ; que ces grands clades devraient être caractérisés par des radiations précoces explosives accompagnées de taux élevés d’évolution moléculaire ». En gros, les organismes existants ont probablement évolué à partir d’espèces ayant des taux d’évolution inhabituellement rapides. Ce n’est pas un long fleuve tranquille, c’est parfois un torrent.

Conclusion : Vers une nouvelle lecture du passé

credit : lanature.ca (image IA)

Pour mieux comprendre, jetons un œil à l’analyse de Max Telford, biologiste de l’évolution à l’University College London, qui a décortiqué ce modèle dans un article pour The Conversation. Il explique comment ce tempo variable pourrait réduire considérablement ce fameux fossé temporel. Prenons l’exemple des humains et des chimpanzés, séparés par six millions d’années d’évolution. Si l’on observe six changements génétiques entre ces deux espèces et que l’on suppose que l’horloge est constante, cela suggère un changement génétique par million d’années.

Mais, et c’est là toute la subtilité du modèle Covariant Evolutionary Tempo, si l’évolution accélère réellement lorsqu’un grand groupe apparaît, cela fausse notre perception. Cela donnerait l’impression que plus de temps s’est écoulé, alors qu’en réalité, l’évolution était simplement en mode « avance rapide », se différenciant en divers groupes qui ont fini par apparaître dans les archives fossiles. Comme l’écrit Telford, bien que cette idée d’horloge qui s’emballe nécessite encore des tests, « elle pourrait expliquer d’autres décalages entre les horloges moléculaires et les archives fossiles ». C’est une perspective qui change la donne, je trouve.

Selon la source : popularmechanics.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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