L’espoir a un prix : pourquoi les nouveaux médicaments contre l’obésité restent inaccessibles à la majorité
Auteur: Mathieu Gagnon
Un fardeau mondial qui pèse lourd

L’obésité… On en parle tout le temps, n’est-ce pas ? C’est devenu, au fil des années, un problème de santé majeur aux quatre coins du globe. Aujourd’hui, un nombre effarant d’adultes vit avec un excès de graisse corporelle. Et ce n’est pas juste une question d’esthétique, loin de là. Cela fait grimper en flèche les risques de diabète de type 2, de maladies cardiaques, d’hypertension artérielle et même de certains cancers. C’est du sérieux.
Nos systèmes de santé, eux, sont sous pression. Ils craquent littéralement sous le poids des coûts engendrés par ces maladies et la baisse de qualité de vie qui s’ensuit. Mais voilà, la science nous ouvre enfin les yeux : le poids, ce n’est pas simplement une affaire de choix alimentaires ou d’aller courir le dimanche. C’est bien plus complexe. Les hormones, le métabolisme, et même notre environnement social jouent un rôle crucial. Heureusement, une lueur d’espoir apparaît avec ces nouveaux médicaments, les agonistes des récepteurs GLP-1, qui offrent une approche totalement différente pour soigner l’obésité.
La fin du mythe « Mangez moins, bougez plus »

Il faut bien comprendre que l’obésité est une condition biologique, pas un échec personnel. Un effort de recherche mondial nous explique désormais pourquoi tant d’adultes pourraient bénéficier de ces fameux médicaments GLP-1 et pourquoi il est urgent de planifier un accès équitable. L’obésité se développe par plein de chemins connectés : nos gènes, nos hormones, le stress, et même l’agencement de nos villes. Perdre du poids durablement ? C’est souvent le parcours du combattant, même avec toute la volonté du monde.
Soyons honnêtes, nos systèmes alimentaires modernes nous poussent à manger trop de calories, tandis que notre quotidien limite nos mouvements. Dans ces conditions, la motivation seule, ça ne suffit pas toujours. C’est là que les agonistes des récepteurs GLP-1 entrent en scène. Ils ciblent les signaux biologiques qui régulent la faim et le sucre dans le sang. En gros, ces médicaments ralentissent la digestion, réduisent l’appétit et améliorent l’action de l’insuline.
Les essais cliniques montrent des résultats de perte de poids impressionnants, surtout chez ceux qui ont déjà des soucis de santé liés à l’obésité. La recherche recadre enfin l’obésité comme une maladie chronique médicale. Le Dr Jennifer Manne-Goehler, médecin au Mass General Brigham et co-auteure principale, le dit très bien : « Il n’y a jamais eu d’outil aussi potentiellement transformationnel et évolutif pour l’obésité, le diabète de type 2 et d’autres complications de santé liées à l’obésité ».
Elle ajoute, et je trouve ça tellement juste : « Pendant tant de décennies, nous avons dit à tout le monde que le problème, c’était vous – vous devez bouger plus et manger moins… Les agonistes des récepteurs GLP-1 nous ont permis de comprendre que la biologie est bien plus puissante que cela, et que ‘manger moins, bouger plus’ est juste une façon trop simpliste de voir les choses ».
Une étude d’envergure : Qui a vraiment besoin de ces médicaments ?

Parlons chiffres, car c’est là que ça devient vertigineux. Une étude s’est basée sur des données d’enquêtes de santé provenant de 99 pays, collectées entre 2008 et 2021. Au total, plus de 810 000 adultes âgés de 25 à 64 ans ont été inclus. Pour savoir qui était éligible, les chercheurs ont suivi les règles des grands essais cliniques : un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30, ou alors supérieur à 27 si la personne souffre aussi de diabète ou d’hypertension. Petite précision importante : pour les populations asiatiques, des seuils d’IMC plus bas ont été utilisés, car les risques pour la santé y apparaissent à des poids plus faibles.
Le résultat ? Environ 27 % des adultes dans le monde seraient éligibles aux médicaments GLP-1 pour gérer leur poids. Vous vous rendez compte ? Plus d’un quart de la population adulte ! Et ce qui est frappant, c’est que près des quatre cinquièmes de ces adultes éligibles vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Certes, l’Europe, l’Amérique du Nord et les nations des îles du Pacifique affichent les taux d’éligibilité les plus élevés. Mais l’Asie du Sud, de l’Est et du Sud-Est compte un nombre énorme d’adultes concernés simplement à cause de la taille de leur population.
On remarque aussi que les femmes sont plus souvent éligibles que les hommes, et les personnes âgées plus que les jeunes. Il y a aussi une drôle de dynamique socio-économique : dans les pays pauvres, ce sont les ménages aux revenus élevés qui sont les plus touchés. À l’inverse, dans les pays riches, l’obésité frappe davantage les revenus modestes, reflet des inégalités alimentaires.
Le Dr Manne-Goehler a souligné ces disparités : « Ces percentiles d’éligibilité socio-économiques et de genre sont particulièrement stupéfiants. Depuis l’année dernière, le diabète de type 2 était la première cause de décès chez les femmes en Afrique du Sud. Il y a des parties du monde où les femmes peuvent vraiment bénéficier de ces médicaments ».
Barrières financières et stratégies d’avenir

C’est bien beau tout ça, mais encore faut-il pouvoir se les procurer. Des agences comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) cherchent à intégrer ces médicaments dans les soins courants. Mais le coût… c’est un obstacle majeur. Beaucoup de systèmes de santé n’ont ni les fonds, ni les chaînes d’approvisionnement, ni le personnel formé pour un traitement à long terme. Car il ne s’agit pas juste de prendre une pilule ; il faut un suivi, de l’éducation.
Le co-auteur de l’étude, le Dr Sang Gune K. Yoo, qui a mené ces travaux en tant que chercheur en cardiologie à la Washington University Medicine, ne cache pas son inquiétude. « Étant donné la prévalence croissante de l’obésité, il n’est pas surprenant que notre analyse ait trouvé que plus d’un quart des adultes dans le monde pourraient être éligibles », a-t-il déclaré. Il prévient cependant que l’accès reste un défi majeur et que ces médicaments sont difficiles à obtenir dans de nombreux contextes.
De plus, il ne faudrait pas croire au remède miracle unique. Le Dr Yoo insiste : « Le plus important, c’est que nous devons continuer à investir et à développer des stratégies non pharmacologiques efficaces pour la prévention et le traitement de l’obésité ».
L’étude, publiée dans le journal The Lancet, rappelle que les médicaments seuls ont leurs limites. Les systèmes alimentaires, la publicité, la conception de nos villes… tout cela façonne nos habitudes. L’apprentissage social joue aussi : on copie souvent ce qu’on voit autour de soi. Les environnements saturés de nourriture ultra-transformée bon marché sapent notre volonté. Les GLP-1 fonctionnent mieux s’ils font partie d’un système de soins plus large.
Pour conclure, je laisse la parole au Dr Felix Teufel de la Rollins School of Public Health de l’Université Emory, qui résume parfaitement l’enjeu : « L’accès mondial aux GLP-1 est une question d’équité en santé. L’objectif est d’assurer un accès à grande échelle pour les personnes qui en bénéficieraient le plus – pas juste ceux qui sont les plus faciles à atteindre ».
Selon la source : earth.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.