Tensions à Minneapolis : la mort de Renee Nicole Good sous les balles de l’ICE enflamme le débat politique
Auteur: Adam David
Une ville sous le choc et la colère

C’est une atmosphère lourde, presque électrique, qui règne sur Minneapolis. Vendredi, les élus démocrates de la ville n’ont pas mâché leurs mots pour fustiger l’administration Trump après le drame qui secoue la communauté : la mort de Renee Nicole Good, une Américaine de 37 ans, abattue par un agent fédéral de l’immigration. L’émotion est vive, brute, et elle se transforme rapidement en colère.
On sent que quelque chose est en train de monter. Des manifestations ont déjà éclaté, appelant au départ immédiat de ces policiers fédéraux, et ce n’est sans doute que le début. Plusieurs organisations de gauche ont lancé des appels à se rassembler un peu partout aux États-Unis ce samedi et ce dimanche. Le mouvement pourrait bien s’amplifier, dépassant largement les frontières du Minnesota.
Ce qui met le feu aux poudres, c’est aussi le sentiment d’une enquête confisquée. Les élus locaux déplorent amèrement que les enquêteurs de Minneapolis aient été, purement et simplement, écartés des investigations. Tout est désormais entre les mains des autorités fédérales. Et leur version ? Ils la martèlent depuis mercredi : le policier aurait agi en état de légitime défense, affirmant que la victime tentait de le renverser avec sa voiture. Une version officielle que la rue conteste avec véhémence.
Dialogue de sourds et tensions sur le terrain

Dans la rue, les manifestants ciblent directement l’ICE, cette police fédérale de l’immigration qui est devenue le bras armé de la politique d’expulsion à grande échelle de l’administration Trump. J’ai croisé Patrick O’Shaughnessy vendredi, un homme de 43 ans, sans emploi, visiblement secoué. « Je suis bouleversé par le meurtre de Renee », m’a-t-il confié, la voix tremblante. Pour lui, ça ne fait aucun doute, on assiste à une manipulation du gouvernement.
Il a ajouté, en regardant le bâtiment fédéral où une petite foule s’était amassée : « Quand le FBI dit qu’il ne partagera pas les preuves avec les autorités locales, le public ne peut pas croire qu’il s’agira d’une véritable enquête transparente ». C’est difficile de lui donner tort vu l’ambiance. L’atmosphère est tendue, pour ne pas dire explosive. D’un côté, quelques dizaines de protestataires ; de l’autre, des policiers fédéraux en uniforme militaire, le visage fermé.
Il y avait même une poignée de manifestants pro-Trump venus défendre l’action de l’ICE, ce qui n’a rien arrangé au climat général. Un photographe de l’AFP présent sur place a constaté au moins cinq interpellations. Ça donne une idée du chaos ambiant.
Guerre des images et récupération politique

Comme si la situation n’était pas assez confuse, une nouvelle vidéo a fait surface. Diffusée par le média local conservateur Alpha News, elle aurait été filmée par l’agent lui-même, un certain Jonathan Ross, décrit comme expérimenté par la presse. On y voit le VUS rouge de Renee Nicole Good en travers d’une route enneigée, sirènes hurlantes. C’est glaçant.
Au volant, Renee lance à l’agent : « Je ne suis pas en colère contre toi ». L’agent Ross fait le tour. Elle recule, puis avance en tournant. C’est là que deux coups de feu retentissent. Selon la vidéo, on entend l’agent marmonner juste après : « Putain de connasse ». Une phrase qui risque de peser lourd.
La vidéo a immédiatement été partagée sur X par le vice-président, J.D. Vance. Pour lui, c’est la preuve que le policier était en danger et a tiré en légitime défense. Sauf que… d’autres images, filmées par des témoins sous d’autres angles, semblent montrer que Jonathan Ross n’était pas du tout sur la trajectoire du véhicule au moment des tirs.
Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, ne cache pas son inquiétude face à la rapidité des conclusions fédérales : « Le fait que le gouvernement soit déjà parvenu à une conclusion dans ce dossier est très inquiétant », a-t-il déclaré vendredi. Pour ne rien arranger, la secrétaire à l’Agriculture a annoncé sur X couper des subventions au Minnesota suite à une fraude impliquant des immigrés somaliens, une affaire que les conservateurs utilisent pour justifier le durcissement migratoire de Donald Trump.
Conclusion : Un mémorial sur la neige

Sur les lieux du drame, un mémorial improvisé a vu le jour. Des fleurs, des bougies, quelques peluches et des ballons colorés tranchent avec la blancheur de la neige. Parfois, des petits mots sont attachés, flottant au vent. C’est d’autant plus symbolique que nous sommes à moins de deux kilomètres de l’endroit où l’Afro-Américain George Floyd avait été tué par un policier blanc en 2020. Impossible de ne pas y penser, ces événements résonnent étrangement.
D’après le média spécialisé The Trace, Renee Nicole Good est la quatrième personne tuée par des agents fédéraux de l’immigration depuis le début de la politique d’expulsion de l’administration Trump, sans compter sept blessés. Et la liste s’allonge : jeudi, dans un incident séparé à Portland (Oregon), deux autres personnes ont été blessées par des tirs de la police fédérale aux frontières lors d’un simple contrôle routier. Une semaine sombre, vraiment.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.