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Le passé climatique de la Terre laisse présager des pluies instables à l’avenir
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un regard vers le passé pour comprendre notre futur

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Il est fascinant de voir à quel point plonger dans les archives géologiques de la Terre peut nous éclairer sur ce qui nous attend. En observant le passé lointain, les scientifiques tentent de décrypter les conséquences du réchauffement actuel. Une période sort particulièrement du lot : le Paléogène, qui a débuté il y a environ 66 millions d’années. C’est une époque où l’atmosphère était chargée de bien plus de dioxyde de carbone qu’aujourd’hui, et où le mercure grimpait à des niveaux vertigineux.

En étudiant ce monde ancien, on commence à saisir comment la chaleur transforme tout : la pluie, les paysages, et la vie elle-même. C’est précisément l’objet d’une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de l’Utah et de la Colorado School of Mines. Mais attention, ils ne se sont pas contentés de regarder combien il pleuvait chaque année. Non, ils ont posé une question bien plus subtile : quand la pluie tombait-elle, et à quelle fréquence les épisodes de sécheresse frappaient-ils ?

Une Terre en surchauffe et les indices du paysage

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Le Paléogène, c’est cette période qui s’ouvre juste après la disparition des dinosaures et qui s’est étalée sur des millions d’années. Les mammifères commençaient à peine à conquérir la terre ferme, et c’est aussi à ce moment-là que des formations rocheuses que nous connaissons bien ont vu le jour. Prenez l’Utah, par exemple : les fameuses cheminées de fée de Bryce Canyon ou les badlands du bassin de Uinta se sont formés durant cette ère. C’était un monde extrême, littéralement. Les niveaux de CO2 atteignaient deux à quatre fois les taux modernes. Quant à la chaleur globale ? Elle a grimpé encore plus haut lors d’un événement majeur appelé le Maximum Thermique du Paléocène-Eocène, ou PETM.

Durant ce pic, les températures ont bondi d’environ 18 degrés Celsius (32 degrés Fahrenheit) au-dessus de ce qu’on connaissait juste avant le réchauffement industriel moderne. Certains scientifiques voient d’ailleurs cette période comme un aperçu potentiel de nos conditions climatiques futures extrêmes. Mais comment savoir s’il pleuvait quand on n’avait pas de pluviomètres il y a des millions d’années ? C’est là que ça devient ingénieux. Les chercheurs se tournent vers des indices indirects, des « proxys », laissés dans les roches, les sols et les fossiles.

Thomas Reichler, professeur de sciences atmosphériques à l’Université de l’Utah, explique très bien ce processus. Selon lui, on peut déduire le climat en observant la forme et la taille des feuilles fossilisées, en les comparant aux plantes actuelles qui leur ressemblent. « Ce n’est pas une mesure directe de la température ou de l’humidité ; c’est une preuve indirecte du climat de cette époque », précise-t-il. Les lits des rivières racontent aussi une histoire fascinante. Une inondation brutale ne sculpte pas la roche comme une pluie fine et régulière. Reichler souligne que lorsque des précipitations fortes et intermittentes sont suivies de longues sécheresses, le lit de la rivière se forme différemment : l’eau, en grande quantité, transporte les rochers bien plus vigoureusement qu’une simple bruine quotidienne.

Quand la pluie devient imprévisible : la surprise des tropiques

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Ce que cette recherche révèle est assez surprenant et vient bousculer une vieille croyance. Beaucoup de scientifiques pensaient que le réchauffement rendait simplement les endroits humides plus humides et les endroits secs plus secs. Eh bien, cette étude remet cette idée en question. « Il y a de bonnes raisons physiques pour cette hypothèse. Mais notre étude a été un peu surprenante dans le sens où même les régions des latitudes moyennes avaient tendance à devenir plus sèches », admet Reichler. La clé, c’est le timing. La pluie, sous cette chaleur extrême, est devenue totalement irrégulière.

On a vu apparaître de longues périodes sèches, brutalement interrompues par de courtes salves de pluies torrentielles. Ce schéma ressemble davantage à des systèmes de mousson violents qu’à nos pluies saisonnières habituelles. Si les régions polaires sont restées humides, parfois même sous un régime de mousson, de nombreuses zones des latitudes moyennes et intérieures ont subi des sécheresses prolongées, même si, paradoxalement, la quantité totale de pluie sur l’année restait similaire.

C’est ce changement de rythme qui change tout pour la nature. Reichler le dit clairement : « S’il y a des périodes sèches relativement longues et ensuite, entre les deux, des périodes très humides comme dans un climat de forte mousson, les conditions sont défavorables pour de nombreux types de végétation. » L’étude montre que ces conditions arides provenaient souvent de saisons humides raccourcies plutôt que d’un manque global d’eau. La pluie arrivait par paquets intenses, laissant de longs vides. Et ce n’était pas juste un moment passager : ces modèles ont commencé bien avant le PETM et ont continué longtemps après.

Conclusion : Les leçons d’un passé tumultueux

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Ces découvertes ne sont pas juste de l’histoire ancienne ; elles sont cruciales pour notre science climatique moderne. Souvent, les modèles climatiques se focalisent sur des moyennes annuelles. Or, cette recherche suggère que ces moyennes peuvent masquer des extrêmes dangereux. En comparant avec des simulations paléoclimatiques, on réalise que nos modèles actuels sous-estiment peut-être à quel point les précipitations deviennent inégales sous une chaleur extrême. Des sécheresses plus longues combinées à des tempêtes plus fortes ? Cela affecte tout : les écosystèmes, les rivières, les inondations et toute notre planification de l’eau.

Bien sûr, Reichler reste prudent, rappelant que les reconstructions via des proxys comportent toujours une part d’incertitude. Il n’empêche que les archives fossiles restent notre meilleure fenêtre sur des climats bien plus chauds que celui d’aujourd’hui. La leçon à tirer est claire : dans un monde qui se réchauffe, la fiabilité des pluies pourrait bien compter davantage que la quantité totale d’eau qui tombe. Comprendre cette nuance pourrait façonner la manière dont nos sociétés se préparent aux inondations et aux futures crises de l’eau. L’étude complète a été publiée dans la revue Nature Geoscience.

Selon la source : earth.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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