Aller au contenu
Le yoga accélère le sevrage des opioïdes lorsqu’il est combiné aux soins standard : ce que révèle une étude récente
Crédit: lanature.ca (image IA)

Quand le corps lutte contre lui-même

credit : lanature.ca (image IA)

La dépendance aux opioïdes, ou trouble de l’usage des opioïdes (TUO), est bien plus qu’une simple mauvaise habitude ; c’est un véritable enjeu de santé mondiale, une bataille souvent marquée par des taux de rechute décourageants. C’est une épreuve redoutable. Lorsqu’un patient tente de se sevrer, il traverse des symptômes sévères, souvent causés par ce qu’on appelle une dérégulation du système nerveux autonome. En gros, la mécanique interne du corps s’emballe. Mais il y a une lueur d’espoir intéressante : une nouvelle étude, publiée dans la prestigieuse revue JAMA Psychiatry, a découvert que la pratique du yoga pourrait aider à corriger ce déséquilibre et, fait notable, accélérer la guérison lorsqu’elle accompagne les soins classiques.

Pour comprendre ce qui se joue ici, il faut regarder du côté de notre système nerveux sympathique. C’est lui qui gère notre réaction de « combat ou fuite ». Face à une menace, il s’active : le cœur s’emballe, la pression artérielle grimpe, la vigilance est à son comble et la digestion ralentit pour envoyer toute l’énergie aux muscles. C’est utile face à un danger immédiat, mais destructeur sur la durée. À l’opposé, nous avons le système parasympathique, celui du « repos et digestion », qui calme le jeu, ralentit le cœur et favorise la relaxation.

Le problème avec la dépendance aux opioïdes, c’est qu’elle entraîne une hyperactivité du système sympathique. Le corps reste coincé en mode alerte, créant un déséquilibre profond qui alimente les envies irrépressibles de consommer, le fameux « craving », et donc, la rechute. C’est un cercle vicieux physiologique.

Au-delà des médicaments : le rôle clé de la variabilité cardiaque

credit : lanature.ca (image IA)

Les auteurs de l’étude soulignent un point technique mais crucial : la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC). C’est une mesure physiologique clé qui reflète l’équilibre sympathovagal. Tiens, d’ailleurs, une revue de 2024 menée par Moon et son équipe a mis en évidence des diminutions notables de la VFC au repos chez les personnes souffrant de troubles liés à l’usage de substances. Ce n’est pas anodin, car cette baisse est significativement liée à des niveaux de stress accrus, à des envies de consommer plus fortes et à une sévérité des symptômes plus élevée. Les preuves émergentes indiquent clairement que cette dérégulation autonome, signalée par une VFC réduite, est associée à une plus grande vulnérabilité à la rechute dans le cadre du TUO.

Bien sûr, nous avons des médicaments standards, comme la buprénorphine. Ils sont absolument cruciaux pour le rétablissement, ne nous méprenons pas là-dessus. Cependant, ils ne règlent pas tout. Ils ne traitent pas entièrement ce déséquilibre autonome caractérisé par une activité parasympathique réduite et une activité sympathique qui s’emballe pendant le sevrage. C’est là que le yoga devient intéressant. Comme cette pratique est connue pour activer le système nerveux parasympathique, la nouvelle étude a cherché à l’évaluer non pas comme un remplaçant, mais comme une thérapie adjuvante pour le sevrage des opioïdes.

L’objectif était double : voir si cela aidait au sevrage, mais aussi évaluer son impact sur la VFC, l’anxiété, le sommeil et même la douleur. C’est une approche holistique qui tente de combler les lacunes de la pharmacopée traditionnelle.

L’étude en détails : 5 jours contre 9, une différence majeure

credit : lanature.ca (image IA)

Alors, qu’ont-ils fait exactement ? L’étude a pris la forme d’un essai clinique randomisé impliquant 59 participants masculins, âgés de 18 à 50 ans, présentant des symptômes de sevrage aux opioïdes légers à modérés. Ils ont été divisés en deux groupes distincts : le groupe de thérapie complémentaire par le yoga (YAT) et le groupe de traitement habituel (TAU), qui servait de groupe témoin. C’est une méthodologie classique mais rigoureuse.

Le groupe YAT n’a pas chômé. Ils ont bénéficié de 10 séances de yoga supervisées de 45 minutes réparties sur 14 jours, en plus de leur traitement standard à la buprénorphine. Le groupe témoin, lui, n’a reçu que les soins standards. Les séances de yoga n’étaient pas juste de la gymnastique ; elles incluaient des pratiques de relaxation, des postures conscientes (asanas), des techniques de régulation de la respiration et de la relaxation guidée.

Les résultats après cet essai de 14 jours sont assez frappants. Il est apparu clairement que le yoga avait un impact significatif. Ceux qui ont pratiqué le yoga en plus des soins ont connu une récupération du sevrage accélérée, avec une période de récupération médiane de seulement 5 jours, contre 9 jours pour les témoins. C’est presque le double de temps pour ceux sans yoga ! De plus, le groupe yoga a montré des améliorations significatives de la VFC, signe d’une meilleure régulation autonome. Et parlons du sommeil, souvent un cauchemar lors du sevrage : le groupe YAT s’endormait en moyenne 61 minutes plus vite. C’est énorme quand on sait à quel point les nuits peuvent être longues. Ils ont aussi noté des améliorations significatives concernant l’anxiété et la perception de la douleur.

Conclusion : Vers une nouvelle approche du soin

credit : lanature.ca (image IA)

Les auteurs de l’étude sont assez optimistes. Ils ajoutent : « En raccourcissant la période de sevrage lorsque le risque de rechute et les taux d’abandon sont les plus élevés, le yoga peut influencer ces trajectoires, améliorant potentiellement la rétention et les résultats à long terme. » C’est logique, moins on souffre longtemps, moins on a envie de craquer. L’équipe note que le yoga aide à la récupération en restaurant les processus de régulation centraux, au lieu de se contenter de traiter les symptômes de surface. Une analyse de médiation a même montré que l’augmentation de l’activité parasympathique expliquait 23 % de l’effet du yoga sur la vitesse de récupération.

Il faut tout de même garder la tête froide et noter quelques limites. L’étude ne comportait que des hommes, et la majorité des participants étaient traités pour un type spécifique d’opioïde, le tapentadol. Cela dit, les auteurs précisent : « Bien que le tapentadol ait été le principal opioïde mal utilisé, l’hyperactivation sympathique caractérise le sevrage de tous les agents, y compris la morphine et le fentanyl. » Des preuves ont montré que le sevrage des opioïdes altère largement le tonus vagal et que les réductions de VFC sont corrélées à la sévérité.

Ainsi, les bienfaits sympathovagaux du yoga s’étendent probablement à d’autres opioïdes, mais une réplication dans des contextes divers et, surtout, chez des populations dépendantes au fentanyl est nécessaire. C’est une piste prometteuse qui mérite d’être creusée davantage.

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu