Trump, l’or noir et le retour de la loi du plus fort : une géopolitique sans gants
Auteur: Adam David
Un tourbillon médiatique et le spectre iranien

Quelle semaine, mes aïeux ! On a à peine le temps de reprendre son souffle. L’actualité s’est emballée à une vitesse folle : le Venezuela, qui occupait tous les esprits, s’est fait voler la vedette par le Groenland, lui-même éclipsé par le Minnesota, avant que l’Iran ne vienne finalement coiffer tout le monde au poteau. C’est un véritable tourbillon.
Il faut dire que ce qui se trame à Téhéran est d’une gravité absolue. Certains n’hésitent pas à dire que les conséquences pourraient être plus dramatiques encore que la chute du mur de Berlin. Rien que ça. La République islamique n’a peut-être pas le statut de superpuissance, mais soyons lucides : elle a longtemps servi de béquille aux intérêts économiques de la Chine et de la Russie, tout en jouant les pompiers pyromanes avec le terrorisme au Moyen-Orient. Si le régime des ayatollahs s’effondre, c’est tout l’équilibre mondial qui vacille, ébranlant au passage Moscou et Pékin.
Cette logique de bouleversement s’applique tout autant au Venezuela. Pourquoi Donald Trump a-t-il décidé d’intervenir maintenant ? Les théories fusent. Au départ, l’administration américaine nous a servi l’argument du narcoterrorisme, peignant le régime de Caracas comme un immense cartel de la drogue et Nicolas Maduro comme son parrain.
Mais il y a aussi cette vieille idée qui refait surface, celle des « sphères d’influence ». On se partagerait le gâteau : la Chine règne sur l’Asie-Pacifique, la Russie garde la main sur l’Europe de l’Est, et les États-Unis ? Ils reviennent aux fondamentaux avec la doctrine Monroe, réaffirmant une hégémonie totale et assumée sur les Amériques.
Règlements de comptes personnels et la mainmise sur l’énergie

Au-delà de la grande stratégie, il y a l’humain — ou plutôt l’ego. Des bruits de couloir suggèrent des motivations plus… épidermiques. Il semblerait que l’appel téléphonique entre Trump et Maduro, fin novembre, n’ait pas été aussi « cordial » que le président vénézuélien a bien voulu le faire croire. Apparemment, Maduro aurait eu l’audace de tenir tête à Trump.
Grosse erreur, surtout quand on compare ce traitement à celui réservé au Colombien Gustavo Petro. Lui, après une heure de discussion avec Trump cette semaine, a décroché le gros lot : une invitation à la Maison-Blanche « dans un avenir proche ». Comme quoi, la diplomatie tient parfois à peu de choses.
Cela dit, ne soyons pas naïfs. L’intervention musclée au Venezuela et la capture spectaculaire du couple présidentiel s’éclairent d’un jour nouveau quand on regarde l’objectif réel, désormais avoué sans fard : le pétrole. Trump a d’abord parlé de « compensation » pour la nationalisation du secteur pétrolier dans les années 70. Une vieille rancune ? Peut-être, mais cela rappelle surtout que les filiales d’Exxon, de Gulf Oil et de Mobil n’avaient eu que des miettes à l’époque.
Aujourd’hui, les masques tombent. Les États-Unis ne font plus semblant : ils contrôleront la vente du pétrole vénézuélien. Le vice-président J.D. Vance a résumé la situation avec un cynisme rafraîchissant sur Fox News : « Nous contrôlons les ressources énergétiques et nous disons au régime : “Vous pouvez vendre votre pétrole tant que vous servez les intérêts nationaux américains” ». C’est clair, net et sans bavure.
L’or noir comme arme politique et électorale

Et quand on parle d’« intérêts nationaux », entendons-nous bien : ce sont d’abord ceux de Donald Trump. Sa priorité absolue reste la consolidation de son pouvoir, avec en ligne de mire les fameuses élections de mi-mandat de novembre. Il n’y a pas de secret : rien de tel pour redonner le sourire à l’électeur américain qu’un marché pétrolier inondé par les exportations vénézuéliennes, faisant chuter le prix de l’essence à la pompe.
C’est une stratégie redoutable, un coup de billard à plusieurs bandes. En inondant le marché, Trump espère alléger le coût de la vie aux États-Unis, certes. Mais l’impact géopolitique est tout aussi dévastateur pour ses ennemis.
D’abord, cela réduit drastiquement les revenus de l’Iran, un pays déjà étranglé par les sanctions et qui dépend de ses rentes pétrolières. Ensuite, cela met la pression sur la Russie. Washington peine à imposer sa vision pour régler le conflit en Ukraine ? Qu’à cela ne tienne, baisser les prix du brut frappe Moscou directement au portefeuille.
Et n’oublions pas les dommages collatéraux : les pétromonarchies du golfe Persique voient elles aussi leurs marges fondre comme neige au soleil, ce qui renforce mécaniquement le levier d’influence américain.
On le savait déjà, mais la démonstration est ici éclatante : le pétrole n’est pas qu’une simple ressource. C’est une arme. Une arme pour affaiblir les rivaux, tordre le bras aux alliés et façonner l’ordre mondial. C’est aussi, plus prosaïquement, un outil pour calmer l’électeur moyen en faisant baisser l’affichage à la station-service. À l’ère Trump, l’or noir sert plus que jamais à faire tourner la planète… mais uniquement dans le sens voulu par « sa » Maison-Blanche.
Selon la source : journaldemontreal.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.