La course à la direction du PLQ : Charles Milliard doit éviter le piège de l’amateurisme
Auteur: Adam David
Le spectre de la campagne ratée

S’il y a bien une chose, une seule, que Charles Milliard doit éviter à tout prix dans sa course pour la chefferie du Parti libéral du Québec, c’est cette étiquette redoutable : celle de l’amateurisme. On le sait, en politique, la perception est souvent plus forte que la réalité, et commencer avec une réputation d’amateur peut être fatal.
Il suffit de se rappeler la débâcle de Sam Hamad pour en avoir des frissons. Vous vous souvenez ? Cet ex-ministre libéral, pourtant présenté comme le candidat vedette à la mairie de Québec, a vu sa campagne tourner au cauchemar absolu. Ce fut, disons-le franchement, une véritable catastrophe.
Son équipe, qu’on croyait expérimentée, a accumulé les bourdes d’une manière presque spectaculaire. Ils ont utilisé des images de l’autoroute Décarie, à Montréal, pour illustrer la congestion à Québec… et pire encore, des plans de New York pour représenter le centre-ville de la Capitale-Nationale ! Et je vous passe les autres détails gênants. Le clou du spectacle ? Le chef et ses candidats se sont retrouvés trempés par des jeux d’eau qui se sont déclenchés inopinément en pleine conférence de presse. Résultat des courses : le maire sortant a rapidement qualifié M. Hamad d’amateur désorganisé. Il n’a jamais remonté la pente, n’a pas été élu, et aucun de ses candidats n’a réussi à percer.
Un faux départ gênant pour Charles Milliard

Bon, soyons justes, dans le cas de Charles Milliard, nous ne sommes pas — pas encore, du moins — devant une avalanche de gaffes à la Hamad, mais il y a eu un faux pas indéniable. Et c’est agaçant. Comme l’a révélé Le Journal, la vidéo de lancement censée annoncer sa candidature et illustrer le Québec montrait en réalité… la ville de Hambourg, en Allemagne.
On pourrait, je suppose, en rire et passer à autre chose. Mais le problème est plus insidieux. Cette erreur survient dans son tout premier message, celui-là même qui devait asseoir sa crédibilité et donner le ton. M. Milliard a d’ailleurs dû s’excuser ce jeudi.
C’est là que le danger réside : comme l’a prouvé l’exemple de Sam Hamad, lorsqu’un candidat commence à faire les manchettes pour des raisons loufoques, la pente devient très raide. M. Milliard et son équipe vont devoir redoubler de vigilance pour éviter d’autres dérapages ou ce que mon collègue caricaturiste YGreck appelle savoureusement des « hamaderies ».
Les défis colossaux et la stratégie de la peur

La vigilance est d’autant plus cruciale que la montagne à gravir est immense pour quiconque prendra la tête du PLQ. Si Charles Milliard l’emporte, il ne devra pas seulement remettre son parti sur pied ; il devra littéralement rallumer la flamme pour séduire l’électorat. Les libéraux ont l’obligation vitale de reconnecter avec les francophones, et honnêtement, cela ne s’annonce pas comme une mince tâche. Sa crédibilité devra être absolument sans faille.
J’observe d’ailleurs une stratégie qui semble déjà se dessiner : M. Milliard paraît miser gros sur l’idée que les Québécoises et les Québécois ne veulent pas d’un référendum. Il espère probablement que ce refus lui permettra de s’imposer comme l’unique alternative crédible face au Parti Québécois.
Cependant, est-ce un calcul gagnant ? À date, la possibilité d’un référendum dans un premier mandat péquiste n’a pas semblé effrayer les électeurs, qui continuent de percevoir ce parti et son chef comme la meilleure option pour former le prochain gouvernement. La peur est l’argument massue traditionnel des fédéralistes, c’est vrai, mais les temps changent. Les Québécois sont ailleurs, leur confiance en eux s’est accrue. Il s’agira, cet automne, d’élire un gouvernement, pas de voter à un référendum.
Conclusion : L’inspiration plutôt que l’hésitation

En fin de compte, la stratégie de la peur a ses limites. Charles Milliard, dont le charisme reste encore largement à démontrer au grand public, doit impérativement voir plus grand. Il ne suffira pas de dire ce qu’il ne fera pas, ou ce dont il faut avoir peur.
Il doit miser sur des idées porteuses, des concepts qui inspirent et, osons le dire, qui font rêver les Québécois. Sans cela, le spectre de l’amateurisme et l’ombre des campagnes ratées risquent de planer longtemps sur sa candidature.
Selon la source : journaldequebec.com
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