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Une percée scientifique dévoile l’origine ancienne de notre douleur
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’héritage inattendu dans nos veines

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Vous n’êtes pas franchement fan des piqûres chez le médecin ? L’idée même de rester assis pour un tatouage vous donne des sueurs froides ? Avant de vous blâmer ou de penser que vous êtes simplement douillet, sachez que votre seuil de tolérance à la douleur pourrait bien être une affaire de génétique… et d’une génétique particulièrement ancienne, pour être précis.

C’est une recherche génétique de pointe qui vient de mettre en lumière un héritage surprenant, littéralement incrusté dans notre ADN. Une étude récente a conduit des chercheurs à attribuer les seuils de douleur bas de l’humanité à nos vieux cousins, les Néandertaliens. L’équipe est convaincue qu’il y a des milliers d’années, les croisements entre nos espèces ont provoqué le développement de traits clés qui ont ensuite été transmis jusqu’aux humains modernes. C’est fascinant, non ? À mesure que l’étude de Néandertal se poursuit, de nouveaux traits viennent s’ajouter à la liste grandissante des similitudes entre nos deux espèces.

Des chercheurs basés en Europe affirment avoir établi un lien direct entre la génétique issue de ces anciens croisements néandertaliens et des seuils bas pour certains types spécifiques de douleur chez l’homme moderne. Ils ont d’ailleurs publié ces découvertes dans la revue Communications Biology. Comme l’a déclaré Kaustubh Adhikari, co-auteur de l’étude et chercheur en génétique, évolution et environnement à l’University College London (UCL) : « Nous en apprenons de plus en plus sur ce que nous avons hérité de [Néandertal] à la suite de croisements il y a des dizaines de milliers d’années ». Il ajoute, non sans une certaine prudence scientifique, que leurs résultats suggèrent que les Néandertaliens pourraient avoir été plus sensibles à certains types de douleur, mais que « d’autres recherches sont nécessaires pour comprendre pourquoi c’est le cas, et si ces variations génétiques spécifiques étaient avantageuses sur le plan de l’évolution ».

Le gène SCN9A et la mécanique précise de la douleur

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Depuis que le génome de Néandertal a été séquencé pour la première fois il y a environ 15 ans, les chercheurs ont travaillé d’arrache-pied – et c’est peu de le dire – pour relier les humains modernes à ces ancêtres archaïques de toutes les manières possibles. Jusqu’à présent, les scientifiques ont trouvé des liens allant de l’ADN néandertalien à la forme de nos nez modernes, jusqu’à notre propension à certaines maladies. C’est vaste.

Dans cette récente étude sur la douleur, les chercheurs se sont penchés sur trois variations spécifiques du gène SCN9A. Et qu’ont-ils trouvé ? Une plus grande sensibilité à la douleur chez les humains porteurs de ces trois variantes. Pour entrer un peu dans la technique, le gène SCN9A construit des canaux sodiques qui aident les cellules nerveuses à communiquer ; en particulier, il aide les cellules à alerter le système nerveux d’une menace douloureuse provenant d’un tissu endommagé. Les auteurs précisent que ces trois variantes génétiques ont été associées à un seuil de douleur plus bas pour une piqûre de la peau après une exposition préalable à de l’huile de moutarde (qui a été utilisée pour sensibiliser la zone). C’est un détail crucial.

Cependant, et c’est là que ça devient intéressant, ces variantes n’étaient pas associées à des changements de tolérance pour la douleur causée par la chaleur ou la pression. C’est très spécifique. De plus, le fait de porter les trois variantes augmentait la sensibilité à la douleur par rapport au fait d’en porter une seule. Il faut noter que ce canal sodique avait déjà été reconnu comme « crucial » dans le cadre des voies de la douleur en 2020 par des chercheurs de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionniste en Allemagne et du Karolinska Institutet en Suède. Ils suggéraient déjà à l’époque que les Néandertaliens éprouvaient une sensibilité accrue à la douleur par rapport aux humains modernes, grâce à ce fameux gène SCN9A.

Neurones sensoriels, répartition géographique et questions évolutives

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Mais voilà, l’étude précédente n’avait pas totalement exploré les aspects mécaniques de cette sensibilité accrue. On savait que ça faisait mal, mais comment ? La piqûre est plus puissante que la pression ou la chaleur, semble-t-il. Cette étude récente propose que ceux qui détiennent les trois variantes néandertaliennes ont des neurones sensoriels plus sensibilisés, et sont donc capables d’avertir le corps plus efficacement de ces douleurs induites par une piqûre. Pierre Faux, premier auteur et chercheur à l’Université d’Aix-Marseille et à l’Université de Toulouse, a résumé cela dans un communiqué de presse : « Nous avons montré comment la variation de notre code génétique peut modifier la façon dont nous percevons la douleur, y compris les gènes que les humains modernes ont acquis des Néandertaliens ».

L’équipe a également fait une découverte géographique fascinante. Ils ont constaté que les trois variantes néandertaliennes sont plus fréquentes dans les populations ayant des pourcentages plus élevés d’ascendance amérindienne. L’étude indique que les variantes sont largement absentes chez les Européens – curieux, non ? – mais courantes chez les Latino-Américains. Selon eux, cela est dû à ce qu’ils appellent des « goulots d’étranglement de population qui se sont produits lors de l’occupation initiale des Amériques ».

L’équipe veut maintenant savoir si ce seuil de douleur plus bas offrait une sorte d’avantage évolutif, ou si une sensibilité accrue à la douleur lorsqu’on est piqué n’est juste qu’un autre morceau de l’histoire de Néandertal qui continue de vivre, un peu par hasard, chez les humains modernes. C’est une question ouverte.

Selon la source : popularmechanics.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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