Un fardeau invisible mais écrasant

C’est une réalité qui fait froid dans le dos, mais qu’on ne peut plus ignorer : environ un adulte sur dix vit aujourd’hui avec le diabète, et honnêtement, les chiffres ne cessent de grimper. Ce n’est pas juste une question de santé personnelle, c’est tout un système qui tremble. Une étude mondiale majeure vient de mettre des mots – et surtout des chiffres effrayants – sur ce phénomène. Les chercheurs se sont penchés sur l’impact économique de la maladie à travers 204 pays, en se projetant sur une période allant de 2020 à 2050. C’est du long terme, du très lourd.
Pour bien comprendre l’ampleur du désastre, ils ont comparé notre monde réel avec un scénario hypothétique où le diabète n’existerait tout simplement pas. La différence entre les deux ? C’est la perte économique sèche. Si l’on ne compte pas les soins prodigués gratuitement par les proches, les pertes mondiales atteignent déjà environ 10 000 milliards de dollars américains. Ça représente à peu près 0,2 % du PIB mondial chaque année. C’est déjà énorme, non ?
Mais attendez, c’est là que ça devient vertigineux. Dès qu’on intègre les soins familiaux non rémunérés dans l’équation, la facture explose littéralement. On parle alors de pertes grimpant jusqu’à 152 000 milliards de dollars. C’est un chiffre tellement colossal qu’il en devient presque abstrait.
Quand la main-d’œuvre s’effondre : le piège de l’aidant

L’économie, c’est avant tout des gens qui travaillent. Et le diabète, malheureusement, frappe là où ça fait mal : la capacité de travail. La maladie réduit l’offre de main-d’œuvre de plusieurs façons assez vicieuses. D’abord, il y a les décès précoces qui réduisent la taille de la population active, mais aussi la maladie longue durée qui fait chuter la productivité et multiplie les absences. Petit à petit, la participation nationale s’effrite.
Mais le point le plus souvent oublié, c’est l’entourage. Les soins informels retirent des travailleurs de leurs emplois rémunérés. C’est logique, au fond : les membres de la famille réduisent leurs heures ou démissionnent carrément pour s’occuper d’un proche au quotidien. Klaus Prettner, économiste à la WU et l’un des auteurs de l’étude, l’explique très bien : « Les aidants abandonnent souvent le marché du travail, au moins partiellement, ce qui crée des coûts économiques supplémentaires. »
Ce n’est pas un détail marginal. Les soins non rémunérés expliquent environ 85 à 90 % des pertes économiques totales. Pourquoi ? Parce que la prévalence du diabète est bien plus élevée que le taux de mortalité. En gros, des millions de personnes survivent mais ont besoin d’un soutien quotidien sur le très long terme.
Inégalités mondiales : qui paie vraiment l’addition ?
Les modèles économiques montrent aussi que l’épargne, qui sert normalement à financer des usines ou de la technologie, est détournée. Au lieu d’investir dans le futur, l’argent des ménages et de l’État part dans les soins de santé. Et là, on voit de sacrées disparités. Les pays riches paient le prix fort pour les traitements car les soins avancés y sont disponibles. Dans les régions à faible revenu, on dépense moins en soins, mais on perd énormément en productivité à cause des diagnostics tardifs. C’est la double peine.
Michael Kuhn, co-auteur de l’étude et responsable par intérim du groupe de recherche sur les frontières économiques à l’IIASA, a souligné quelques classements intéressants – et inquiétants :
- La République tchèque porte le fardeau le plus lourd en pourcentage du PIB (0,5 %).
- Elle est suivie par les États-Unis et l’Allemagne à 0,4 %.
Si l’on regarde par habitant, c’est encore différent. L’Irlande, Monaco et les Bermudes sont en tête avec des charges respectives de 18 000 $, 12 000 $ et 8 000 $. Kuhn précise d’ailleurs : « C’est une illustration frappante de la façon dont les régimes de traitement médical pour les maladies chroniques comme le diabète ne sont accessibles qu’aux pays à revenu élevé. » Dans ces pays riches, environ 40 % des pertes viennent des dépenses médicales, contre seulement 14 % dans les régions pauvres, où la maladie entraîne plus d’invalidité et de décès.
L’effet COVID et l’urgence de la prévention

Comme si ça ne suffisait pas, la pandémie de COVID-19 a remis une couche de dégâts par-dessus. Le diabète augmente le risque d’infection grave, et le COVID augmente le risque de développer un diabète de type 2 après guérison. Un cercle vicieux. Des pays comme la Chine, les États-Unis et l’Allemagne ont vu leurs pertes de PIB liées au diabète grimper en flèche pendant la pandémie.
Cette nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Medicine, est bien plus précise que les précédentes qui utilisaient une comptabilité simpliste. Selon Prettner, l’approche innovante intègre désormais les effets sur le marché du travail, comme les absences pour soins. Elle reconnaît aussi que les dépenses de santé ne réduisent pas forcément la production, mais déplacent la consommation.
Au final, le message est clair : la prévention est la clé. Contrairement à des maladies comme le cancer ou Alzheimer, on peut agir en amont. Activité physique, alimentation équilibrée, poids sain… des choses simples qui réduisent massivement les risques. Le dépistage précoce est crucial, surtout dans les pays à faible revenu où le sous-diagnostic est un fléau. Michael Kuhn insiste : ces étapes sont vitales pour la stabilité des systèmes de santé. Le diabète touche bien plus que la glycémie ; il hypothèque notre avenir économique. Il est temps d’agir.
Selon la source : earth.com
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