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La vie complexe autour des étoiles les plus communes ? Probablement une illusion perdue
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une douche froide pour les rêveurs d’exoplanètes

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C’est un coup dur. Vraiment. Pour quiconque a passé ses nuits à regarder le ciel en imaginant des civilisations lointaines ou même de simples animaux exotiques, la nouvelle étude qui vient de tomber risque de faire l’effet d’une douche glacée. Il semblerait que nous ayons peu de chances de trouver une vie complexe autour de la majorité des étoiles de notre galaxie.

On a souvent tendance à penser que les planètes semblables à la Terre, celles qui orbitent autour de ces petites étoiles rouges qu’on appelle les naines M, sont des candidates idéales. Elles ont souvent la bonne taille, elles sont à la bonne distance… bref, sur le papier, ça vend du rêve. Mais voilà, des chercheurs de l’Université d’État de San Diego (SDSU) viennent de jeter un pavé dans la mare : selon eux, ces mondes ne reçoivent tout simplement pas le bon type de lumière pour soutenir des organismes multicellulaires.

C’est un détail auquel on ne pense pas toujours, je suppose. On se dit « lumière égale vie », mais la nature est bien plus capricieuse que ça.

L’équation vitale : photosynthèse et lumière infrarouge

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Reprenons les bases, si vous le voulez bien. Ici sur Terre, la magie opère grâce aux plantes et aux bactéries qui transforment la lumière du soleil en énergie via la photosynthèse, relâchant de l’oxygène comme sous-produit. C’est ce mécanisme qui a tout changé. Il y a environ 2,3 milliards d’années, lors de ce qu’on appelle la Grande Oxydation (ou Great Oxidation Event), l’oxygène a commencé à s’accumuler massivement dans notre atmosphère. C’est ce qui a permis, in fine, à la vie multicellulaire d’émerger.

Pour que cela se produise ailleurs, il faudrait un processus similaire. Sauf que la photosynthèse ne fonctionne pas avec n’importe quelle lumière. Elle exige ce qu’on appelle le Rayonnement Photosynthétiquement Actif, ou PAR. C’est une plage très spécifique du spectre solaire, située entre 400 et 700 nanomètres. C’est là que les plantes, les algues et les cyanobactéries prospèrent.

Le problème avec les étoiles naines M, comme le célèbre système TRAPPIST-1, c’est que leur lumière est majoritairement infrarouge. Elle tombe donc en dehors de cette zone vitale. On savait déjà que c’était différent, mais on ignorait à quel point cela pouvait ralentir l’horloge de l’évolution. Eh bien, maintenant, on a une idée, et ce n’est pas brillant.

Des milliards d’années d’attente : les chiffres vertigineux de l’étude

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L’équipe de chercheurs ne s’est pas contentée de suppositions ; ils ont fait tourner les modèles mathématiques en comparant la lumière de ces étoiles rouges à celle de notre soleil. Ils ont modélisé la production d’oxygène de diverses bactéries. Pour les amateurs de détails techniques, ils ont analysé la densité de flux de photons incidents pour la Terre moderne, pour la Terre de l’Archéen (il y a 2,65 milliards d’années, ou 2.65 Ga) et pour TRAPPIST-1e.

Leurs graphiques — crédités à arXiv (2026) avec le DOI 10.48550/arxiv.2601.02548 — montrent des zones ombrées représentant trois bandes passantes pertinentes : le PAR standard (0,40-0,70 µm), un PAR étendu (0,40-0,75 µm) et un PAR anoxique (0,40-1,1 µm). Le constat est sans appel : ces étoiles produisent si peu d’énergie utilisable que l’accumulation d’oxygène serait d’une lenteur exaspérante.

Tenez-vous bien : dans le pire des scénarios, sur une planète comme TRAPPIST-1e, il faudrait 63 milliards d’années pour atteindre les niveaux d’oxygène actuels de la Terre. 63 milliards ! L’univers lui-même n’est pas si vieux. Même en étant optimiste, en supposant que des bactéries extraterrestres puissent s’adapter à la pénombre ou aux conditions lumineuses difficiles, le délai pour une « Explosion Cambrienne » — cet événement marquant l’apparition d’une variété d’animaux complexes — dépasserait encore les dix milliards d’années.

Comme l’expliquent les chercheurs dans leur papier sur le serveur de préimpression arXiv : « Nous concluons que sur une telle planète hypothétique […], l’oxygène n’atteindrait jamais des niveaux significatifs dans l’atmosphère, et encore moins une Explosion Cambrienne. Ainsi, la vie animale complexe sur de telles planètes est très improbable. » C’est dit.

Alors, sommes-nous seuls ?

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Puisque la majorité des étoiles de notre galaxie sont des naines M, cette étude suggère, assez logiquement, que les conditions requises pour une biologie complexe sont peut-être bien plus rares qu’on ne le pensait auparavant. C’est un peu mélancolique, non ? Mais attention, le rêve n’est pas mort pour autant.

Si les maths suggèrent que ces systèmes de naines rouges sont probablement limités à une vie microbienne simple (ce qui serait déjà incroyable, soyons honnêtes), des organismes complexes pourraient tout à fait exister sur d’autres types de mondes. Au fond, cette recherche est utile : elle pourrait aider les scientifiques à ne pas perdre de temps et à concentrer leurs recherches sur des systèmes autour de soleils produisant cette fameuse lumière à haute énergie, indispensable pour déclencher une explosion évolutive.

Selon la source : phys.org

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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