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La Chine veut que le Canada prenne ses distances avec les États-Unis
Crédit: MarkJCarney via X

Une opportunité en or pour Pékin

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Alors que le dirigeant canadien Mark Carney pose ses valises à Pékin ce mercredi, l’ambiance est… comment dire… pleine d’attentes du côté chinois. Ses hôtes y voient une occasion rêvée, presque inespérée, d’éloigner — au moins un petit peu — cet allié de longue date des États-Unis de leur rival américain.

C’est assez flagrant dans les médias d’État chinois, qui n’y vont pas par quatre chemins. Ils appellent littéralement le gouvernement canadien à tracer une voie de politique étrangère indépendante de celle des États-Unis. Ils ont même un terme pour ça : l’« autonomie stratégique ». Ça sonne bien, non ?

Le Canada a toujours été l’un des alliés les plus proches de l’Amérique, que ce soit géographiquement ou sur tous les autres plans, franchement. Mais voilà, Pékin espère que l’agression économique du président Donald Trump — et maintenant ses actions militaires — contre d’autres pays va finir par éroder cette relation qui semblait pourtant indestructible. Le gouvernement chinois s’était hérissé face aux efforts de l’ancien président américain Joe Biden pour renforcer les liens avec l’Europe, l’Australie, l’Inde et le Canada afin de contrer la Chine. Aujourd’hui, ils voient une brèche pour tenter de desserrer ces liens, même s’ils restent prudents sur la portée réelle de cette manœuvre.

Commerce et tensions : L’ombre de Trump plane

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De son côté, Carney, lui, se concentre essentiellement sur le commerce. Il décrit ce voyage en Chine comme faisant partie d’un mouvement plus large pour forger de nouveaux partenariats à travers le monde. L’objectif ? Mettre fin à la dépendance économique du Canada envers le marché américain. C’est compréhensible, je suppose.

Surtout quand on voit que Trump a frappé le Canada avec des tarifs sur ses exportations vers les États-Unis. Et ce n’est pas tout… il a même suggéré que ce vaste pays riche en ressources pourrait devenir le 51e état de l’Amérique. Une blague ? Peut-être pas tant que ça.

Le Premier ministre canadien, qui a pris ses fonctions l’année dernière, cherche donc à raviver une relation avec la Chine qui a été marquée par une acrimonie palpable pendant plus de six ans sous son prédécesseur, Justin Trudeau. On ne peut pas dire que c’était l’amour fou.

L’héritage des années Trudeau : Tarifs et représailles

President Donald Trump bids farewell to Canadian Prime Minister Justin Trudeau, Monday, Feb. 13, 2017, at the South Portico of the White House in Washington, D.C. (Official White House Photo by Shealah Craighead)

Pour comprendre l’ampleur de la tâche, il faut regarder en arrière. La dégradation des relations a commencé avec l’arrestation d’une cadre de la tech chinoise fin 2018, à la demande de l’Amérique. Ça a jeté un froid polaire.

Et plus récemment, le feu a été alimenté par la décision du gouvernement Trudeau, en 2024, de suivre l’exemple de Biden en imposant un tarif douanier massif de 100 % sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. La Chine n’a pas tardé à riposter, évidemment, pour cela et pour un tarif de 25 % sur l’acier et l’aluminium, en imposant ses propres tarifs sur les exportations canadiennes. Les cibles ? Le canola, les fruits de mer et le porc.

Les médias chinois ne se privent pas de faire la leçon. Le journal d’État China Daily a écrit dans un éditorial cette semaine : « Si la partie canadienne réfléchit aux causes profondes des revers dans les relations bilatérales au cours des dernières années — les politiques du précédent gouvernement Justin Trudeau pour contenir la Chine au pas de charge avec les États-Unis — elle réalisera qu’elle peut éviter le même résultat en défendant son autonomie stratégique dans la gestion des questions liées à la Chine. »

Le journal anglophone a même averti : « Si Ottawa choisit encore de soumettre sa politique chinoise à la volonté de Washington à l’avenir, cela ne fera que rendre vains ses efforts précédents pour réparer les liens avec Pékin. » Le Global Times, géré par le gouvernement, en a rajouté une couche en disant : « Peut-être était-ce le lourd prix payé pour avoir suivi aveuglément les États-Unis en imposant des tarifs élevés à la Chine qui a réveillé le sens de l’autonomie stratégique d’Ottawa. »

Cependant, les officiels canadiens ont déclaré qu’ils s’attendaient à ce que le voyage de Carney produise des progrès sur le commerce, mais pas une élimination définitive de tous les tarifs. Faut pas rêver non plus.

Craintes géopolitiques : Le Venezuela et le Groenland

le Président de la République du Venezuela, Nicolás Maduro. Palais du Planalto – Brasilia – DF. Photo : Ricardo Stuckert/RP via wikimedia / CC BY 2.0

Les experts chinois pensent que les deux pays pourraient trouver un terrain d’entente surprenant… la peur de l’interventionnisme américain. Ils citent l’intervention militaire américaine au Venezuela, riche en pétrole, qui a amené de force son président à New York pour faire face à des accusations. Et n’oublions pas les déclarations ultérieures de Trump selon lesquelles le Groenland, un territoire danois, devrait passer sous contrôle américain.

Cui Shoujun, un expert en politique étrangère et en Amérique latine à l’Université Renmin de Chine, note : « Nous pouvons également voir l’état actuel de malaise considérable du Canada envers les États-Unis. Si les États-Unis peuvent revendiquer le Groenland, pourraient-ils alors revendiquer le Canada ? » C’est une question qui fait réfléchir, non ?

Il a aussi prédit que l’action de Trump contre le président vénézuélien Nicolás Maduro renforcerait l’autonomie stratégique des pays d’Amérique latine pour résister à une éventuelle ingérence américaine dans leurs affaires.

Conclusion : Un réalisme nécessaire

lanature.ca (image IA)

Mais attention, la Chine reste réaliste. Elle sait très bien jusqu’où des pays comme le Canada peuvent basculer dans sa direction. Il y a toujours ces peurs concernant la puissance économique et militaire croissante de la Chine, ainsi que leurs liens historiques et culturels profonds avec les États-Unis. C’est ancré.

Ils ont aussi des différences majeures avec la Chine sur ses exportations en plein essor et la menace qu’elles posent à l’emploi dans leurs pays, sans parler des droits de l’homme et de Taiwan.

Zhu Feng, le doyen de l’École d’études internationales de l’Université de Nanjing, a d’ailleurs mis en garde contre une surestimation de l’importance de la visite de Carney, rappelant simplement : « parce que le Canada n’est pas seulement un voisin des États-Unis mais aussi un allié ».

La pression de Trump sur les partenaires traditionnels des États-Unis peut ouvrir un certain espace pour que la Chine élargisse ses relations avec eux, c’est vrai. Mais les alliés américains devront équilibrer cela avec leur dépendance continue à la force économique et militaire américaine. Ils pourront peut-être réduire cette dépendance quelque peu à court terme — mais il est peu probable qu’ils puissent l’éliminer dans un avenir prévisible. C’est le jeu complexe de la diplomatie mondiale.

Selon la source : abcnews.go.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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