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Trump : Le Canada et le Mexique ne sont plus indispensables pour le commerce
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une indifférence affichée face à l’accord commercial

Side-by-side fusion: « January 2025 Official Presidential Portrait of Donald J. Trump.jpg » by Daniel Torok (Public domain) via Wikimedia Commons + « Mark Carney neutral background (blue).png » by Lea-Kim (talk · contribs) licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

C’est avec une désinvolture qui, je dois l’avouer, a de quoi glacer le sang de nos exportateurs, que le président américain Donald Trump s’est exprimé ce mardi 13 janvier 2026. Alors qu’il visitait le complexe Ford de River Rouge à Dearborn, dans le Michigan, il a tout simplement balayé du revers de la main l’importance de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM). Pour lui, c’est clair : cet accord est « sans importance » et, plus inquiétant encore, il affirme que les Américains n’ont aucun besoin des produits canadiens. C’est du moins le message qu’il a martelé, entouré pour l’occasion de tout le gratin de l’industrie automobile : Bill Ford, le président exécutif, Jim Farley, le PDG de Ford, Corey Williams, le directeur de l’usine, et même son secrétaire au Trésor, Scott Bessent.

Ses propos sont sans équivoque et franchement, ils manquent de diplomatie. « Il expire très bientôt et nous pourrions l’avoir ou non », a-t-il lancé aux journalistes présents, ajoutant avec un haussement d’épaules que « cela ne changerait rien pour moi ». Selon lui, c’est nous, le Canada, qui voulons cet accord à tout prix. « Je pense qu’ils le veulent. Je ne m’en soucie pas vraiment », a-t-il dit. Il utilise même l’acronyme américain USMCA en disant qu’il n’y pense même pas. Son obsession reste la production locale : il veut voir le Canada et le Mexique réussir, certes, mais il insiste sur le fait que les États-Unis n’ont pas besoin de nos voitures. « Nous voulons les fabriquer ici. Et c’est ce qui arrive », a-t-il tranché.

Réactions canadiennes et urgence des négociations

Dominic LeBlanc attending a conference in the United States at the Department of Justice in Washington, D.C. (DHS photo by Tia Dufour) via wikimedia public domain

Face à cette rhétorique pour le moins agressive, on sent bien que la tension monte d’un cran à Ottawa. Les déclarations de Trump ont secoué le Canada et le Mexique, surtout à l’approche de cet examen obligatoire de l’avenir du pacte commercial qui doit avoir lieu cette année. Dominic LeBlanc, notre ministre responsable des relations avec les États-Unis, est sur la brèche. Il a d’ailleurs entamé des consultations nationales, rencontrant dimanche dernier à Montréal des représentants des industries de l’aluminium et des produits laitiers — deux secteurs qui, on le sait, sont souvent dans la ligne de mire.

LeBlanc essaie de garder le cap, affirmant sur les réseaux sociaux mardi, juste avant les commentaires de Trump, que le fait d’entendre directement les industries canadiennes aidera à garantir que l’ACEUM continue de servir les intérêts de nos entreprises et de nos travailleurs. Il doit rencontrer ses homologues américains à la mi-janvier pour lancer officiellement les pourparlers. Mais la tâche s’annonce ardue. L’accord a pourtant protégé le Canada et le Mexique des pires effets des tarifs douaniers de Trump jusqu’à présent. Rappelons que le président a augmenté les droits de douane sur le Canada à 35 % en août dernier, en citant le flux de fentanyl mortel comme excuse, mais heureusement, ces tarifs ne s’appliquent pas aux marchandises conformes à l’ACEUM.

Cependant, il ne faut pas se voiler la face : nos industries souffrent déjà. Elles sont pilonnées par les tarifs sectoriels spécifiques de Trump sur des produits comme l’acier, l’aluminium, les automobiles, le bois d’œuvre, le cuivre et même les armoires. Et quand on interroge Trump sur les matières premières venant de pays comme le Canada, sa réponse est cinglante : « Nous avons beaucoup de nos propres matières premières ». C’est une vision très protectionniste qui semble ignorer des décennies d’intégration, notamment à Detroit, la fameuse « Motor City », où les trois grands constructeurs — Ford, General Motors et Stellantis — ont longtemps fonctionné main dans la main avec l’industrie canadienne.

Un avenir incertain : renouvellement, retrait ou éclatement ?

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L’histoire semble bégayer, n’est-ce pas ? L’ACEUM avait été négocié durant le premier mandat de Trump, remplaçant l’ALENA après des discussions que l’on pourrait qualifier de… tendues, c’est le moins qu’on puisse dire. À l’époque, c’était vu comme un succès. Mais depuis son retour à la Maison-Blanche l’année dernière, Trump remet constamment en question la valeur de ce pacte. Il l’avait d’ailleurs qualifié de « transitionnel » lors d’une rencontre avec le Premier ministre Mark Carney à la Maison-Blanche en octobre dernier, laissant entendre qu’il avait peut-être fait son temps.

Concrètement, nous nous dirigeons vers un carrefour décisif en juillet. L’examen de l’ACEUM offre trois options aux partenaires : renouveler l’accord pour 16 ans, s’en retirer purement et simplement, ou signaler un non-renouvellement et un non-retrait, ce qui déclencherait des révisions annuelles et maintiendrait les négociations en permanence. Les commentaires publics de Trump laissent présager soit une révision longue et pénible, soit que les États-Unis pourraient tout simplement claquer la porte.

De plus, Jamieson Greer, le représentant américain au Commerce, a déjà mis sur la table une liste d’irritants commerciaux de longue date qui feront partie des négociations. Il parle du système de gestion de l’offre pour les produits laitiers — un sujet toujours sensible chez nous — et de la prétendue subvention du secteur du bois d’œuvre. Mais ce n’est pas tout. Greer pointe aussi du doigt ce qu’il appelle des barrières non tarifaires, comme la Loi sur la diffusion continue en ligne et la Loi sur les nouvelles en ligne du Canada, ainsi que les interdictions provinciales sur la vente d’alcool américain, imposées en représailles aux tarifs de Trump. Pour couronner le tout, Greer a mentionné que l’administration Trump envisage carrément de scinder le pacte tripartite pour négocier des accords séparés avec le Canada et le Mexique. L’unité nord-américaine en prendrait un sacré coup.

Conclusion : Une période de turbulence

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En somme, la situation est précaire. D’un côté, nous avons un président américain qui martèle que l’accord est « non pertinent » pour lui et qu’il n’y a « aucun avantage réel », et de l’autre, une économie canadienne profondément imbriquée avec celle de son voisin du sud. Quand Trump dit « Le Canada l’aimerait. Le Canada le veut. Ils en ont besoin », il n’a peut-être pas tort sur notre dépendance, mais cette position de force rend les futures discussions de plus en plus incertaines.

Il va falloir s’armer de patience et de stratégie, car les mois à venir, avec cette échéance de juillet en ligne de mire, risquent d’être particulièrement mouvementés pour nos relations commerciales.

Selon la source : globalnews.ca

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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