Se curer le nez : ce lien « potentiellement effrayant » avec une maladie incurable
Auteur: Simon Kabbaj
Une vilaine manie plus dangereuse qu’il n’y paraît ?

C’est probablement l’un de ces petits secrets qu’on garde pour l’intimité de la salle de bain, même si on a tous déjà croisé ce type, vous savez, celui dans le train qui part joyeusement à la chasse au trésor en public sans la moindre gêne. Maman nous répétait sans cesse d’arrêter de se mettre les doigts dans le nez quand on était gamins, principalement parce que c’est franchement dégoûtant. Mais voilà, il semblerait qu’elle avait raison pour une raison bien plus grave, une raison qui pourrait littéralement venir nous hanter des années plus tard.
Ce geste, qui procure parfois un soulagement immédiat — on ne va pas se mentir —, pourrait en fait déclencher l’entrée d’une bactérie bien spécifique : la Chlamydia pneumoniae. Attention, ne confondez pas, on ne parle pas ici de l’infection sexuellement transmissible. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), il s’agit d’un type de bactérie capable de causer des infections des voies respiratoires. Elle s’attaque à la muqueuse, endommageant la gorge, la trachée et même nos poumons.
Généralement, on associe cette bactérie à des otites, des sinusites ou de simples maux de gorge. Mais le CDC prévient qu’elle peut entraîner des bronchites, des laryngites et des pneumonies. Jusque-là, c’est déjà pas terrible, mais des recherches ont mis le doigt — sans mauvais jeu de mots — sur un lien possiblement terrifiant entre cette bactérie et la maladie d’Alzheimer.
De la narine au cerveau : le cheminement inquiétant de la bactérie

C’est là que ça devient sérieux. En 2022, une étude menée par l’Université Griffith en Australie a jeté un pavé dans la mare. En travaillant sur des souris, les chercheurs ont découvert que le simple fait de se curer le nez pouvait endommager la paroi nasale, offrant une autoroute royale à la Chlamydia pneumoniae pour remonter le long du nerf olfactif. Et devinez où ce nerf mène directement ? Au cerveau.
Une fois installée là-haut, cette bactérie semble capable de stimuler le dépôt d’une protéine appelée bêta-amyloïde. Si ce nom vous dit quelque chose, c’est normal : l’accumulation de plaques de cette protéine sur le cerveau est l’un des marqueurs clés, une sorte de signature biologique, de la maladie d’Alzheimer. Ces plaques sont soupçonnées d’être à l’origine des symptômes que l’on redoute tant, comme la perte de mémoire, les problèmes de langage et les comportements imprévisibles.
Le neuroscientifique James St John, qui s’est exprimé au moment de la publication de ces travaux, n’a pas mâché ses mots. Il a déclaré, et je cite (via le New York Post) : « Nous sommes les premiers à montrer que Chlamydia pneumoniae peut monter directement par le nez et pénétrer dans le cerveau, où elle peut déclencher des pathologies qui ressemblent à la maladie d’Alzheimer ». Il a ajouté que bien que cela ait été observé sur un modèle de souris, les preuves sont « potentiellement effrayantes pour les humains également ».
Un processus lent et les leçons d’hygiène à retenir

Bon, avant de paniquer parce que vous vous êtes gratté le nez hier matin, respirons un coup. Ce n’est pas un effet instantané. Comme l’a expliqué James St John à Medical News Today, il s’agit probablement d’un « processus long et lent ». Ce n’est pas parce que la bactérie entre dans votre cerveau que vous allez développer une démence la semaine prochaine, heureusement. L’idée, c’est plutôt que cette intrusion bactérienne déclenche une progression pathologique qui pourrait prendre des décennies avant de se traduire par des symptômes concrets.
D’ailleurs, une autre revue narrative publiée en 2023 dans la National Library of Medicine a creusé cette théorie selon laquelle la neuro-inflammation dans la maladie d’Alzheimer pourrait être partiellement causée par des agents pathogènes entrant par le système olfactif via… le curage de nez.
Alors, que peut-on faire ? Les chercheurs ont une conclusion assez pragmatique : « Parmi toutes les voies d’entrée, l’amélioration de l’hygiène des mains pourrait être une étape de prévention facile ». Ils font le parallèle avec ce que nous avons vécu récemment : « L’une des leçons tirées du COVID-19 est la valeur de l’hygiène des mains ». Ils suggèrent donc que le lavage fréquent des mains et l’utilisation de désinfectants deviennent des procédures de routine obligatoires, surtout pour le « cureur de nez incurable ».
Conclusion : Une habitude à perdre pour de bon
En fin de compte, se mettre le doigt dans le nez n’est pas juste un manque de savoir-vivre, c’est potentiellement une porte ouverte à des soucis de santé qu’on préférerait éviter. Même si le lien direct chez l’homme demande encore à être bétonné par d’autres études, le principe de précaution semble s’imposer de lui-même.
Si protéger notre cerveau implique simplement de garder nos mains propres et loin de nos narines, c’est sans doute un petit effort qui en vaut la peine. Après tout, mieux vaut prévenir que guérir, surtout quand on parle de quelque chose d’aussi précieux que notre mémoire.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.