Mark Carney et Xi Jinping : La fin du froid polaire et le début d’un « nouveau partenariat »
Auteur: Adam David
Retrouvailles au sommet sous l’ombre de Washington

C’était dans l’air, c’est désormais officiel. Vendredi, à Pékin, le président chinois Xi Jinping et le premier ministre canadien Mark Carney ont salué, presque avec soulagement, l’avènement d’un « nouveau partenariat ». Il était temps, diront certains, après des années de brouille diplomatique assez intense entre les deux nations. Mais le contexte est particulier : les deux pays subissent aujourd’hui de plein fouet les pressions américaines.
Mark Carney n’a pas caché son enthousiasme au début des entretiens avec le leader chinois. « Je suis extrêmement heureux que nous allions de l’avant avec notre nouveau partenariat stratégique », a-t-il lancé. Pour le chef du gouvernement canadien, c’est un moment fort, le point d’orgue de sa visite, d’autant plus que c’est la première visite d’un premier ministre canadien en Chine depuis huit ans. Une éternité en politique.
De son côté, son hôte au Palais du peuple a évoqué un « nouveau chapitre ». Apparemment, le déclic s’est produit en octobre dernier, lors d’une rencontre en marge d’un sommet Asie-Pacifique en Corée du Sud. C’est là que tout s’est joué.
Du « tournant » sud-coréen aux fâcheries commerciales : retour sur un parcours chaotique

Revenons un instant sur cette fameuse rencontre d’octobre. À l’époque, Carney avait qualifié ces discussions de « tournant ». Et il ne croyait pas si bien dire, puisque cela a ouvert la voie au réchauffement que l’on voit se concrétiser cette semaine. Xi Jinping, visiblement satisfait, avait alors invité M. Carney à venir en Chine. Depuis, les choses ont bougé. Les échanges entre les gouvernements pour « restaurer et relancer la coopération dans différents domaines » ont produit, selon les mots de M. Xi vendredi, des « résultats positifs ». « J’en suis heureux », a-t-il précisé simplement.
M. Carney est arrivé mercredi soir et restera jusqu’à samedi. L’objectif est clair : tourner la page. La dernière visite d’un chef de gouvernement canadien remonte à celle de son prédécesseur, Justin Trudeau, en décembre 2017. Autant dire une autre époque. Cette visite vise à effacer plusieurs années de tensions et, surtout, à stimuler les échanges commerciaux. Car on ne va pas se mentir, les rapports sino-canadiens ont touché le fond en 2018. Vous vous souvenez sûrement de l’arrestation d’une responsable de Huawei par le Canada sur demande américaine, suivie de l’incarcération de deux Canadiens en Chine pour espionnage.
Plus récemment, depuis l’été 2024, c’est la guerre commerciale. Ottawa et Pékin s’affrontent à coups de surtaxes : le Canada vise les véhicules électriques et l’acier chinois, tandis que la Chine riposte sur les produits agricoles, notamment le canola. C’est un oléagineux crucial pour l’alimentation et les biocarburants, et le Canada en est l’un des plus gros producteurs mondiaux. M. Carney est donc là pour chercher des progrès, sans forcément s’attendre à un règlement miracle immédiat.
Objectif 2035 : Diversifier pour survivre face au retour de Trump

Au-delà des querelles sur le colza ou les voitures, il y a une vision à long terme. Mark Carney espère faire avancer un vœu cher à son gouvernement : voir le Canada doubler ses exportations vers des pays autres que les États-Unis d’ici à 2035. L’idée est simple, réduire la dépendance vis-à-vis du voisin du sud. Pourquoi ? Parce que la Chine et le Canada ont un point commun assez désagréable en ce moment : ils subissent tous deux les effets des politiques agressives de Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025.
Face à cela, Carney parie sur le multilatéralisme. Un nouveau partenariat aiderait à « améliorer le système multilatéral, un système qui a été mis à rude épreuve ces dernières années », a-t-il souligné vendredi. Il a identifié des cibles précises. « Nous nous concentrons sur des domaines où nous pouvons réaliser des progrès historiques : l’agriculture, l’énergie et la finance. C’est là que nous pouvons obtenir les résultats les plus rapides », a-t-il affirmé.
Xi Jinping semble sur la même longueur d’onde, du moins en façade. Il a souligné que développer des relations saines et stables servait les intérêts communs et contribuait à « la paix, à la stabilité et à la prospérité mondiale ».
Conclusion : Les chiffres ne mentent pas

Pour finir, jetons un œil aux chiffres, car ils sont têtus. La Chine reste le deuxième partenaire commercial du Canada, juste derrière les États-Unis, ce qui n’est pas rien. Selon les données publiées mercredi par l’État chinois, le volume des échanges de biens entre les deux pays s’est élevé à 89,62 milliards de dollars américains en 2025.
Mais attention à la balance : il y a un excédent de plus de 6 milliards en faveur de la Chine. C’est là que le bât blesse pour Ottawa. Si les exportations de la Chine vers le Canada ont grimpé de 3,2 % sur un an, ses importations de marchandises canadiennes, elles, ont chuté de 10,4 %. Un déséquilibre que ce « nouveau partenariat » devra tenter de corriger, si c’est possible.
Selon la source : journaldemontreal.com
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