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Et si le plan de construction de notre corps se cachait en réalité chez les anémones de mer ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une symétrie pas si évidente

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Regardez-vous dans un miroir. Qu’est-ce que vous voyez ? Une symétrie, n’est-ce pas ? Nous sommes ce qu’on appelle des bilatériens. En gros, cela signifie que notre corps est organisé selon une symétrie bilatérale. D’un côté, il y a nous, et de l’autre, il y a des animaux qui ne rentrent pas du tout dans ce moule.

Mais bon, la nature… elle n’est jamais tout à fait noire ou blanche, n’est-ce pas ? On a souvent tendance à classer le règne animal en deux grands groupes : les Cnidaires (des animaux construits autour d’un point central, comme les méduses) et les bilatériens, ce club dont nous, les humains, sommes des membres à part entière avec notre carte de fidélité.

Pourtant, une étude récente vient brouiller les pistes d’une manière assez fascinante. Il semblerait que l’anémone de mer, membre éminent du phylum des Cnidaires, utilise des techniques… disons, étonnamment familières pour construire son corps. Des techniques qu’on croyait réservées aux bilatériens.

Une découverte surprenante venue de Vienne

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Faites l’exercice une seconde : essayez de lister des animaux complexes aussi éloignés de l’homme que possible. Je parie que les anémones de mer arriveraient en tête de votre liste (ou pas loin). L’un vit dans l’eau, l’autre non, certes. Mais les différences sont bien plus fondamentales que ça biologiquement parlant. Je veux dire… les anémones de mer n’ont même pas de cerveau !

C’est pour ça que ce qu’ont trouvé les chercheurs de l’Université de Vienne est si déroutant. Une équipe de scientifiques a découvert que ces anémones, qui grandissent pourtant de manière radiale autour d’un point central (après tout, où est le « visage » d’une méduse, hein ?), contiennent un plan ancestral destiné aux bilatériens.

Selon les résultats publiés l’année dernière dans la revue Science Advances, l’anémone utilise une technique connue sous le nom de « navette de la protéine morphogénétique osseuse » (ou BMP, pour les intimes). C’est un mécanisme qu’on associe habituellement à la formation de nos propres corps. Cela suggère que ces techniques ont probablement évolué bien avant que nos deux lignées ne se séparent, il y a environ 600 à 700 millions d’années. Enfin, c’est l’hypothèse principale, même si on ne peut pas totalement exclure qu’elles aient évolué indépendamment, comme un hasard cosmique.

La mécanique complexe des BMP et de la Chordine

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Pour essayer de faire simple — parce que la biologie moléculaire, c’est vite un casse-tête —, les BMP sont une sorte de messager moléculaire. Ils indiquent aux cellules embryonnaires où elles se trouvent dans le corps et, surtout, quel type de tissu elles doivent devenir. C’est un peu le chef de chantier.

Ce mécanisme repose sur une inhibition locale via un inhibiteur nommé Chordine (qui peut aussi agir comme une navette). Ensemble, le transport des BMP et la Chordine créent des gradients de BMP dans le corps. C’est fascinant comment ça marche :

  • Quand les niveaux sont au plus bas, le corps comprend qu’il doit former le système nerveux central.
  • Des niveaux modérés ? Ça signale le développement des reins.
  • Et des niveaux maximums ? C’est le signal pour former la peau du ventre.

C’est exactement comme ça que les bilatériens organisent leur plan corporel, du dos jusqu’au ventre. David Mörsdorf, l’un des auteurs principaux de l’étude à l’Université de Vienne, a souligné un point intéressant dans un communiqué de presse : « Tous les bilatériens n’utilisent pas le transport de BMP médié par la Chordine. Par exemple, les grenouilles le font, mais pas les poissons. »

Cependant, le fait que ce mécanisme réapparaisse encore et encore chez des animaux très éloignés, et maintenant chez les anémones, en fait un candidat idéal pour être un « mécanisme de structuration ancestral ». Si les anémones l’utilisent aussi pour façonner leurs axes corporels, cela nous dit que ce mécanisme est incroyablement ancien.

Conclusion : Un héritage vieux de 700 millions d’années

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Ce que Mörsdorf et ses collègues ont trouvé, c’est que la Chordine agit aussi comme une navette à BMP chez l’anémone, exactement comme on l’observe chez des bilatériens tels que les mouches ou les grenouilles. C’est un indice fort que ce trait évolutif particulier s’est développé avant la divergence entre les Cnidaires et les bilatériens. Et vu que ces deux phylums ont des structures biologiques radicalement différentes, cette séparation remonte à loin… très loin, probablement entre 600 et 700 millions d’années.

Bien sûr, la science reste prudente. Grigory Genikhovich, auteur senior de l’étude à l’Université de Vienne, l’a bien rappelé : « Nous ne pourrons peut-être jamais exclure la possibilité que les bilatériens et les cnidaires à symétrie bilatérale aient développé leurs plans corporels indépendamment. »

Mais il ajoute une nuance cruciale : si le dernier ancêtre commun des Cnidaires et des Bilatériens était un animal à symétrie bilatérale, il y a de fortes chances qu’il ait utilisé la Chordine pour transporter les BMP et construire son axe dos-ventre. C’est vertigineux de penser que notre « plan » remonte à si loin, non ?

Selon la source : popularmechanics.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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