Acétaminophène et grossesse : pourquoi cette étude change tout pour votre tranquillité d’esprit
Auteur: Mathieu Gagnon
La fin d’une angoisse pour les futures mamans ?

C’est une question que l’on se pose toutes, une fois le test positif en main : est-ce que je peux prendre ce cachet sans danger ? Récemment, l’inquiétude autour de l’acétaminophène (le paracétamol) a grimpé en flèche. Mais voilà qu’une nouvelle analyse, probablement la plus rigoureuse à ce jour, vient remettre les pendules à l’heure. Publiée dans la revue prestigieuse The Lancet Obstetrics, Gynecology & Women’s Health, cette étude menée par des chercheurs de la City St George’s, University of London est formelle : prendre de l’acétaminophène pendant la grossesse n’augmente pas le risque d’autisme, de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou de déficience intellectuelle chez les enfants.
Pourquoi en parle-t-on maintenant ? Eh bien, il fallait répondre à une certaine panique. Les chercheurs ont réalisé une revue systématique et une méta-analyse de pas moins de 43 études existantes pour trancher définitivement sur la sécurité du médicament. C’était une réponse nécessaire aux inquiétudes du public qui ont suivi des affirmations, remontant à septembre 2025, suggérant que la prise d’acétaminophène durant la grossesse pourrait impacter le neurodéveloppement des enfants et accroître le risque d’autisme. On imagine le stress que cela a pu causer.
Il faut dire que ces craintes ne sortaient pas de nulle part, mais elles reposaient sur des bases fragiles. Les affirmations étaient fondées sur des études antérieures qui rapportaient de petites associations entre le médicament et ces risques. Le problème ? Ces études étaient souvent sujettes à des biais, limitées par le type de données collectées et, surtout, elles n’exploraient pas les comparaisons entre frères et sœurs pour tenir compte des antécédents familiaux, ce qui est pourtant une information vitale.
Une méthodologie qui change la donne : l’importance de la comparaison

Pour y voir plus clair, l’équipe ne s’est pas contentée de survoler le sujet. Ils ont examiné les 43 études présentant la plus haute qualité et les méthodes de recherche les plus rigoureuses. L’idée était de comparer les grossesses où la mère avait pris de l’acétaminophène à celles où elle ne l’avait pas fait. Mais là où cette analyse devient vraiment intéressante, c’est dans sa finesse.
Ils ont regroupé les résultats d’études de comparaison au sein de la fratrie. Imaginez : on compare des frères et sœurs nés de la même mère, où une grossesse impliquait une exposition à l’acétaminophène et l’autre non. C’est brillant, non ? Cette conception permet de contrôler la génétique partagée, l’environnement familial et les caractéristiques parentales à long terme, autant de facteurs que les études traditionnelles ne peuvent pas pleinement prendre en compte.
Les chiffres donnent le vertige et renforcent la crédibilité des résultats. À travers ces études de comparaison entre frères et sœurs, les données incluaient 262 852 enfants évalués pour l’autisme, 335 255 pour le TDAH et 406 681 pour la déficience intellectuelle. Lorsqu’on compare aux grossesses sans aucune exposition à l’acétaminophène, le verdict est tombé : la prise du médicament n’était liée ni à l’autisme infantile, ni au TDAH, ni à la déficience intellectuelle.
L’analyse des experts : fièvre, génétique et biais corrigés
La professeure Asma Khalil, professeure d’obstétrique et de médecine fœto-maternelle à la City St George’s, University of London et obstétricienne consultante, qui a dirigé l’étude, a tenu à clarifier les choses. Elle explique : « Nos résultats suggèrent que les liens rapportés précédemment sont susceptibles d’être expliqués par une prédisposition génétique ou d’autres facteurs maternels tels que la fièvre ou une douleur sous-jacente, plutôt que par un effet direct de l’acétaminophène lui-même. » C’est une distinction cruciale, vous ne trouvez pas ?
Elle ajoute un message rassurant pour nous toutes : « Le message est clair : l’acétaminophène reste une option sûre pendant la grossesse lorsqu’il est pris selon les recommandations. C’est important car l’acétaminophène est le médicament de première intention que nous recommandons aux femmes enceintes souffrant de douleur ou de fièvre, et elles doivent donc se sentir rassurées d’avoir toujours une option sûre pour soulager leurs symptômes. »
Pour s’assurer de la solidité de tout cela, toutes les études ont été évaluées pour leur qualité sur la base de l’outil QUIPS (Quality In Prognosis Studies). C’est un outil qui évalue de nombreux facteurs dans la manière dont la recherche a été menée pour déterminer le risque de biais. Encore une force de ce travail. D’ailleurs, l’absence d’association entre la prise d’acétaminophène et les risques pour l’enfant est restée constante même dans les études jugées à faible risque de biais (donc de la plus haute qualité), et dans celles qui avaient une période de suivi plus longue, supérieure à cinq ans.
Conclusion : Limites de l’étude et recommandation finale

Bien sûr, la science a ses limites et les auteurs le reconnaissent avec honnêteté. Ils notent qu’il n’a pas été possible d’analyser des groupes plus petits dans les études avec comparaisons fraternelles en se basant sur le trimestre de grossesse où l’acétaminophène a été consommé, le sexe du bébé ou la fréquence de prise. Pourquoi ? Simplement parce que trop peu d’études existantes rapportaient ces données spécifiques. C’est un détail, mais c’est toujours bon à savoir.
Globalement, les résultats de cette étude soutiennent les recommandations faites par les grandes organisations médicales du monde entier. Les chercheurs espèrent, et nous aussi, que cette revue de référence mettra fin à tout scepticisme concernant l’utilisation de l’acétaminophène pendant la grossesse. Car il ne faut pas oublier l’essentiel : éviter l’acétaminophène en cas de douleur importante ou de fièvre peut exposer à la fois la mère et le bébé à des risques connus, en particulier la fièvre maternelle non traitée. Mieux vaut donc se soigner sans culpabiliser.
Selon la source : medicalxpress.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.