Le changement climatique modifie la qualité des aliments et le rôle des compléments alimentaires
Auteur: Mathieu Gagnon
Un changement invisible au bout de la fourchette

On le sent tous, n’est-ce pas ? Les étés deviennent brûlants, les tempêtes plus violentes… C’est le visage visible du changement climatique. Mais il y a quelque chose de beaucoup plus sournois qui se produit, quelque chose qui ne se voit pas au journal de 20 heures mais qui atterrit directement sur nos tables, matin, midi et soir. La qualité de ce que nous mangeons, notre accès à la nourriture et même la valeur nutritive de nos aliments sont en train de changer sous nos yeux (ou plutôt, sous nos papilles).
C’est un sujet qui préoccupe sérieusement les chercheurs de l’Université de Californie à Irvine. Ils tirent la sonnette d’alarme sur ce lien caché entre le stress environnemental et notre nutrition. Dans un article de perspective récent, ils soulignent comment cette pression environnementale bouleverse nos systèmes alimentaires et pose, assez naturellement, la question des compléments alimentaires. Attention cependant, je préfère vous le dire tout de suite : ce document ne vend pas de pilules miracles. Au contraire, il met le doigt sur les trous dans la raquette de la recherche actuelle, alors que les risques pour la santé augmentent. C’est une réflexion nécessaire, je pense.
Quand la nature perd ses vitamines

C’est assez fou quand on y pense, mais le climat décide littéralement de ce que valent nos récoltes. Les vagues de chaleur, les sécheresses interminables ou, à l’inverse, les inondations, ne font pas qu’abîmer les cultures ; elles perturbent tout, des semailles à la récolte. Et ça ne s’arrête pas au champ : la transformation et le transport des aliments trinquent aussi lors de ces événements extrêmes. Résultat ? La nourriture nutritive devient plus rare, ou simplement trop chère pour beaucoup d’entre nous.
Mais le plus inquiétant, c’est peut-être ce qui se passe à l’intérieur même des plantes. Des études scientifiques montrent que l’augmentation des niveaux de dioxyde de carbone fait baisser la teneur en fer, en zinc et en protéines dans des cultures de base comme le blé et le riz. C’est traître, car les calories sont là, l’estomac est rempli, mais les nutriments essentiels, eux, déclinent. Quand on sait que des millions de personnes dépendent de ces aliments chaque jour, on peut craindre des carences généralisées. Et la nature ? Elle souffre aussi. Les océans plus chauds affectent la qualité des fruits de mer, le bétail subit le stress thermique… Sans parler des pollinisateurs qui disparaissent, réduisant la production de fruits, légumes et noix, nos sources vitales de vitamine A et de folate.
Notre corps face à la tempête : risques et réactions

La sécurité nutritionnelle, c’est avoir accès tout le temps à une nourriture saine et abordable. Sauf que les perturbations environnementales fragilisent tous les maillons de cette chaîne. Les communautés qui ont déjà du mal à se nourrir sont les premières touchées quand les prix flambent et que le frais se fait rare. Et on le sait, une mauvaise nutrition ouvre la porte aux maladies chroniques. Si on manque de minéraux et de vitamines, notre système immunitaire faiblit, augmentant les risques de diabète, de maladies cardiaques et d’autres soucis à long terme. C’est particulièrement dangereux pour les enfants, les femmes enceintes, les personnes malades et, bien sûr, nous les aînés.
Margaret Nagai Singer, chercheuse à l’Université de Californie à Irvine et première auteure de l’étude, le résume parfaitement : « Le changement environnemental n’est pas seulement un problème écologique. C’est un problème de nutrition et de santé publique. » Quand le système alimentaire vacille, on le ressent dans notre chair, dans nos frais médicaux et notre quotidien. Et le stress climatique ne s’arrête pas à l’assiette. La chaleur, la fumée des feux de forêt, la pollution… tout cela attaque nos reins, nos poumons, notre cœur et même notre santé mentale. L’inflammation et le stress oxydatif font des ravages. Certaines recherches suggèrent que des nutriments comme les vitamines A, C, D, E, le zinc et les acides gras oméga-3 pourraient aider à réduire cette inflammation, mais les preuves sont encore mitigées. Il faut rester prudent.
Les compléments alimentaires : fausse bonne idée ou nécessité ?

Alors, faut-il se ruer sur les compléments alimentaires ? C’est la grande question. Ils aident déjà beaucoup de gens, c’est vrai. Et avec la pression sur nos aliments, ils pourraient devenir un outil utile, mais dans des situations limitées. Le document de recherche les voit comme une béquille potentielle face à ces nouveaux déficits nutritionnels, mais il reste tant d’inconnues… La sécurité, le dosage, l’efficacité selon l’âge… sans compter les interactions avec nos médicaments. Une mauvaise utilisation peut faire plus de mal que de bien.
Jun Wu, l’auteur principal, insiste : « Les compléments alimentaires ne remplacent pas une alimentation saine ni ne règlent les problèmes de fond de notre système alimentaire. » Mais il admet qu’il faut comprendre s’ils peuvent jouer un rôle, basé sur des preuves, alors que le climat se dérègle. Et puis, il y a l’ironie de la chose : produire ces compléments pollue aussi ! L’huile de poisson, le collagène, les emballages, le transport… tout ça a un coût carbone. Certains ingrédients botaniques posent même des soucis de durabilité. Les consommateurs veulent des produits responsables, et la recherche doit absolument évaluer si le jeu en vaut la chandelle écologique.
Conclusion : Vers où allons-nous ?

Les auteurs de l’étude, publiée dans le journal Advances in Nutrition, ont tracé trois priorités. D’abord, identifier précisément ces fameux « trous » nutritionnels causés par le climat. Ensuite, tester si les compléments nous aident vraiment à mieux résister à la chaleur ou à la pollution. Et enfin, comprendre comment l’industrie du supplément elle-même impacte l’environnement. C’est un vaste chantier.
Il faudra une collaboration monstre entre les experts en nutrition, en environnement et en santé publique pour prendre les bonnes décisions. Le changement climatique continue de façonner notre santé, qu’on le veuille ou non. Ce n’est qu’avec des preuves solides que nous pourrons protéger notre bien-être dans ce monde qui change si vite.
Selon la source : earth.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.