SpaceX a du souci à se faire : pourquoi la Chine veut envoyer 200 000 satellites là-haut
Auteur: Mathieu Gagnon
L’arroseur arrosé ?

C’est quand même assez ironique, non ? Il n’y a pas si longtemps, le gouvernement chinois pointait du doigt SpaceX, accusant l’entreprise américaine d’encombrer le ciel avec ses nuées de satellites Starlink. Et pourtant… oubliez un instant les soucis de pollution lumineuse ou les débris de métal qui dérivent en microgravité. Il semblerait que la Chine ait décidé de changer de stratégie : si on ne peut pas les battre, autant les submerger.
D’après les dernières informations, Pékin ne compte pas faire de la figuration. On parle ici de projets titanesques visant à lancer plus de 200 000 satellites d’ici le début des années 2030. Une riposte massive qui, si les soumissions sont approuvées, pourrait totalement redessiner la carte de l’orbite basse.
Des chiffres qui donnent le vertige

Pour comprendre l’ampleur du projet, il faut jeter un œil aux dossiers qui ont atterri sur les bureaux de l’Union internationale des télécommunications (UIT) le mois dernier. C’est… comment dire… astronomique. Au total, ces demandes révèlent des plans pour 203 000 satellites internet répartis en 14 constellations distinctes pour éclipser Starlink. Parmi la douzaine de soumissions d’entreprises, deux projets sortent du lot par leur ambition démesurée : CTC-1 et CTC-2.
Chacun de ces projets propose de déployer un essaim de 96 714 satellites. Oui, vous avez bien lu. Ces dossiers ont été déposés par une entité au nom à rallonge : l’Institut de l’utilisation du spectre radioélectrique et de l’innovation technologique (Institute of Radio Spectrum Utilization and Technological Innovation). Ce nouvel organisme national de recherche et développement, créé spécifiquement pour l’innovation et la commercialisation du spectre radio, est d’ailleurs responsable de plus de 95 % de ces soumissions.
Pour mettre ces chiffres en perspective, regardons la situation actuelle : il y a environ 10 824 satellites en orbite autour de la Terre. À l’heure actuelle, la Chine ne représente que 9,43 % de ce total, tandis que le géant SpaceX s’accapare une part écrasante de 75,94 %. Demander une telle quantité de fréquences radio et de ressources orbitales marque une rupture nette et brutale avec les précédents dépôts chinois.
Une mobilisation générale de l’industrie

Ce n’est pas juste l’affaire d’un institut isolé. C’est tout un écosystème qui se met en branle. D’autres soumissions ont été envoyées à l’UIT par le China Satellite Network Group (soutenu par le gouvernement) qui prévoit un essaim de 12 992 satellites. On retrouve aussi les géants des télécoms comme China Mobile et China Telecom, ainsi que des opérateurs commerciaux de satellites haute performance tels que GalaxySpace, Guodian Gaoke Space Technology et Spacety. Ah, et n’oublions pas un concurrent direct de Starlink, Shanghai Yuanxin Satellite Technology, avec une demande pour 15 000 unités.
Comme l’a expliqué Yang Feng, fondateur et PDG de Spacety, au China Daily : « Le développement de l’internet par satellite en Chine se caractérise par une coordination nationale, impliquant différentes parties. Cela a élevé l’internet par satellite d’une simple aventure commerciale autonome à un nouvel effort d’infrastructure du gouvernement chinois. »
Yang reste toutefois prudemment optimiste. Car entre coucher des chiffres sur le papier et faire voler tout ça… il y a un monde. Transformer ces concepts en constellations réelles est une tâche monumentale qui rencontrera probablement des obstacles à chaque étape, de l’ingénierie à la fabrication, sans parler du lancement lui-même. Rien que les procédures de pré-lancement, qui impliquent l’approbation des créneaux orbitaux et des bandes de fréquences radio, peuvent prendre de deux à sept ans. L’approbation finale dépendra de ce qui est réellement disponible là-haut.
Conclusion : La course contre la montre (et contre Musk)

Pour l’instant, SpaceX garde une avance confortable. L’entreprise vient d’ailleurs de recevoir le feu vert de la FCC pour lancer 7 500 satellites de deuxième génération supplémentaires d’ici la fin de 2031. L’orbite terrestre est déjà tellement encombrée que SpaceX va bientôt abaisser l’orbite de 4 400 satellites Starlink pour limiter la création de déchets spatiaux et les risques de collisions.
Mais la Chine compte bien combler son retard au cours de la prochaine décennie. Le pays développe déjà activement des constellations internet, notamment le réseau Guowang (13 000 satellites) et le réseau Quianfan (qui devrait en envoyer 15 000 d’ici 2030). Ding Botao, directeur adjoint de la recherche en information à l’Académie des sciences sociales de Shanghai, reste positif sur l’avenir extraterrestre du pays : « Ce mouvement signale la détermination et la capacité de la Chine à mener un déploiement systématique à grande échelle en orbite basse », a-t-il déclaré.
Reste à voir si les systèmes proposés par la Chine seront plus efficaces que ceux de leur rival américain. Une chose est sûre : le ciel va devenir beaucoup plus encombré.
Selon la source : popularmechanics.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.