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Votre odeur suffit-elle à effrayer votre cheval ? La science répond enfin
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une communication invisible

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On a tous déjà entendu ce vieux dicton, souvent répété aux enfants qui s’approchent d’un chien un peu trop excité : « Ne t’inquiète pas, il sent ta peur ». C’est une croyance populaire tenace, mais qui repose sur une réalité biologique bien connue pour nos amis canins. Mais qu’en est-il des chevaux ? Après tout, ces grands animaux vivent à nos côtés depuis des millénaires. Eh bien, tenez-vous bien, car il semblerait que nos émotions soient bien plus contagieuses qu’on ne le pensait.

Une toute nouvelle étude, publiée récemment dans la revue scientifique PLOS One, vient de confirmer ce que beaucoup de cavaliers soupçonnaient déjà intuitivement. Oui, les chevaux peuvent littéralement « sentir » notre anxiété. Et je ne parle pas ici de votre langage corporel ou de vos tremblements, non, mais bien de votre odeur. Si vous ressentez de la peur près d’un cheval, il le détectera simplement via votre transpiration, ce qui — et c’est là que ça devient fascinant — modifiera immédiatement son propre comportement et même sa physiologie. C’est du moins la conclusion formelle d’une équipe de chercheurs français de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, l’INRAE.

Des films d’horreur et des tampons de coton : une expérience insolite

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Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques n’ont pas fait les choses à moitié. L’expérience est d’ailleurs assez cocasse quand on imagine la scène en coulisses. L’équipe a recruté 30 volontaires humains pour participer à une séance de cinéma un peu particulière. L’objectif ? Récolter leur sueur, littéralement. Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé des tampons en coton placés sous les aisselles des participants.

Dans un premier temps, pour générer de la « sueur de peur », les volontaires ont dû regarder le film d’horreur Sinister. Je ne l’ai pas vu, mais le titre annonce la couleur… ça ne devait pas être une partie de plaisir ! Plus tard, pour avoir un point de comparaison, on a prélevé des échantillons sur ce même groupe pendant qu’ils visionnaient des clips joyeux ou drôles, les mettant dans un état émotionnel détendu et positif. Cela a permis à l’équipe d’avoir deux types d’odeurs bien distinctes à tester : la peur et la joie.

Ensuite, place aux chevaux. Les chercheurs ont sélectionné 43 juments de race Welsh. Pour s’assurer que les chevaux ne réagissaient qu’à l’odeur et à rien d’autre, l’équipe a placé les tampons de sueur dans des muselières spéciales en Lycra fixées sur le nez des animaux. Les juments ont été réparties au hasard en trois groupes :

  • Le groupe « peur » : exposé uniquement à la sueur des spectateurs du film d’horreur.
  • Le groupe « joie » : exposé à la sueur des moments de détente.
  • Le groupe « témoin » : qui portait des muselières avec des tampons propres, sans aucune odeur humaine.

Quand l’anxiété devient contagieuse

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Une fois les dispositifs en place, les chevaux ont été soumis à quatre tests comportementaux sous l’œil attentif des auteurs de l’étude. Il s’agissait d’observer leurs réactions lors d’une séance de pansage, lors de l’ouverture soudaine d’un parapluie (le grand classique pour faire sursauter un cheval, n’est-ce pas ?), lors de l’approche d’un humain et enfin pendant l’exploration d’un nouvel objet inconnu.

Les résultats sont, je trouve, assez incroyables. Lorsqu’elles reniflaient la « sueur de la peur », les juments devenaient nettement plus nerveuses. Elles sursautaient plus facilement et fixaient les objets étranges beaucoup plus longtemps, comme si elles cherchaient à identifier une menace invisible. Pire encore, leur rythme cardiaque présentait des pics plus élevés et elles étaient moins enclines à toucher ou à s’approcher d’un humain.

Il faut bien comprendre une chose essentielle ici : ces chevaux ne pouvaient pas voir les participants effrayés. Il n’y avait aucune expression faciale paniquée ni aucun langage corporel tendu à interpréter. Les animaux réagissaient très probablement uniquement aux déclencheurs chimiques présents dans la transpiration, bien que les scientifiques précisent qu’ils n’ont pas analysé la composition chimique exacte des échantillons. Comme l’a noté l’équipe de recherche : « Ces résultats soulignent l’importance des chimiosignaux dans les interactions interspécifiques et éclairent les questions sur l’impact de la domestication sur la communication émotionnelle ».

Conclusion : Vers une meilleure compréhension du bien-être animal

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Au-delà de la curiosité scientifique, cette découverte pourrait bien changer notre façon d’interagir avec les équidés au quotidien. Cela a des implications majeures pour le bien-être animal. En gros, cela suggère que l’état émotionnel d’un cavalier ou d’un soigneur peut être communiqué à son cheval par la simple odeur, même si la personne essaie de faire bonne figure et de masquer ses sentiments. On ne peut pas mentir à leur nez, apparemment.

Les chercheurs ajoutent d’ailleurs que les implications pratiques incluent la reconnaissance de l’importance de l’état émotionnel des humains lors des interactions. Cela pourrait affecter la manière dont on approche le dressage et la gestion globale des chevaux. La prochaine fois que vous entrerez dans une écurie un peu stressé, rappelez-vous : respirer un bon coup ne servira pas qu’à vous calmer vous, mais aussi votre monture.

Selon la source : phys.org

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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