Carney envisage l’envoi de troupes au Groenland alors que Trump brandit la menace des taxes
Auteur: Simon Kabbaj
Un bras de fer géopolitique autour du Groenland

On se croirait presque dans un scénario de fiction politique un peu tiré par les cheveux, et pourtant, nous y sommes. Le Premier ministre Mark Carney est actuellement en pleine réflexion – et on imagine que les nuits doivent être courtes – concernant l’envoi potentiel de soldats canadiens au Groenland. Pourquoi maintenant ? Eh bien, c’est pour participer à des exercices militaires avec nos alliés de l’OTAN, mais le contexte est explosif. En face, nous avons le président américain Donald Trump qui menace purement et simplement d’imposer des tarifs douaniers aux nations européennes si elles refusent de le laisser acheter et contrôler cette île semi-autonome.
L’information nous vient de deux hauts responsables canadiens qui se sont confiés à CBC News. D’après eux, une série de plans d’urgence a été élaborée la semaine dernière – oui, c’est tout récent – et présentée au gouvernement fédéral. C’est une situation délicate, c’est le moins qu’on puisse dire, car Ottawa doit naviguer entre la solidarité alliée et la gestion de l’humeur imprévisible de son voisin du sud.
Des manœuvres militaires sur le fil du rasoir

Alors, qu’est-ce qui est concrètement sur la table ? Il faut savoir qu’un contingent de l’Aviation royale canadienne (ARC) est déjà sur place. Ils participent à un exercice pré-planifié du NORAD, rien de nouveau sous le soleil de minuit à ce niveau-là. Mais ce que le Premier ministre pèse actuellement, c’est l’envoi de forces supplémentaires pour des exercices de souveraineté que les Danois sont en train d’organiser. Cela pourrait inclure, entre autres, des entraînements pour protéger les infrastructures critiques de l’île arctique.
Les sources, que CBC n’a pas nommées car elles n’étaient pas autorisées à parler publiquement (classique, n’est-ce pas ?), ont souligné une incertitude palpable. Compte tenu des implications politiques d’une participation du Canada et du retour de bâton potentiel de l’administration Trump, personne ne sait vraiment de quel côté le gouvernement va pencher. C’est le flou artistique. Parmi les options envisagées, un petit contingent de soldats canadiens pourrait être envoyé par avion au Groenland d’ici la fin de la semaine si l’appel est lancé. Pour rendre à César ce qui est à César, c’est le Globe and Mail qui a rapporté la nouvelle de ce déploiement potentiel en premier.
Un détail technique intéressant, ou peut-être inquiétant selon le point de vue : bien que toutes les nations impliquées soient membres de l’OTAN, les sources ont insisté sur le fait que rejoindre cet exercice danois se ferait en dehors du cadre formel de l’alliance militaire occidentale. C’est un peu le même principe que la « coalition de volontaires » qui s’est formée pour aider l’Ukraine. On bricole des alliances dans l’urgence, dirait-on.
L’ultimatum de Trump : Acheter l’île ou payer les taxes

Pendant ce temps, Donald Trump ne lâche pas le morceau. Au cours du week-end, il a réitéré sa demande : les États-Unis doivent acheter et contrôler le Groenland. Son argument ? Il prétend que la Chine et la Russie convoitent également l’île. Et il n’y va pas de main morte sur les réseaux sociaux. Il a menacé d’imposer un tarif douanier de 10 % à huit pays européens qui s’opposent à son idée. La liste est précise : le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande.
Et attention, ce n’est que le début. Le taux de taxation grimperait à 25 % le 1er juin si les États-Unis ne parvenaient pas à un accord pour acheter le territoire. C’est du chantage économique pur et simple, disons les choses comme elles sont. Les pays visés par Trump ont immédiatement soutenu le Danemark. Ils ont averti qu’une saisie militaire par les États-Unis d’un territoire de l’OTAN pourrait faire s’effondrer l’alliance militaire que Washington est censé diriger. C’est gravissime.
Dans une déclaration publiée dimanche matin, ces huit pays européens ont affirmé leur totale solidarité avec le peuple du Groenland. Ils se disent prêts à engager un dialogue, mais basé sur les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale. Le communiqué ajoute que ces menaces tarifaires « sapent les relations transatlantiques et risquent d’entraîner une spirale descendante dangereuse ». De son côté, le Danemark a annoncé plus tôt cette semaine qu’il renforcerait sa présence militaire (troupes, navale et aérienne) au Groenland, en conjonction avec ses alliés de l’OTAN.
Conclusion : La réponse prudente du Canada

Face à tout ce tumulte, la réaction officielle du Canada se veut mesurée mais ferme. Lors d’une conférence de presse à Doha, au Qatar, samedi matin (bien que des photos le montrent aussi à Pékin vendredi, le Premier ministre bouge beaucoup !), Mark Carney a déclaré que le Canada est « préoccupé » par la menace tarifaire de Trump. Il a insisté : « Nous soutiendrons toujours la souveraineté et l’intégrité territoriale des pays, quelle que soit leur situation géographique. » Il a ajouté, comme pour clore le débat sur la vente, que les décisions concernant l’avenir du Groenland appartiennent au Groenland et au Danemark. Point barre.
Enfin, la générale Jennie Carignan, chef d’état-major de la défense, est intervenue sur les ondes de CBC, à l’émission Rosemary Barton Live. Elle a admis que l’intérêt de Trump pour le contrôle du Groenland suscite certainement des « discussions au sein de l’OTAN ». Quand on lui a demandé si le Canada travaillait sur une proposition pour envoyer des forces au sol, elle est restée vague mais rassurante, affirmant que le Canada « travaille toujours en étroite collaboration avec notre partenaire danois ». Elle a conclu en rappelant qu’il y a définitivement beaucoup d’intérêt pour la sécurité arctique du point de vue de l’OTAN, et qu’ils travailleront ensemble pour assurer cela. Bref, on sent que la situation est loin d’être apaisée.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.