Après un passage aux urgences : l’activité physique, clé de l’autonomie pour nos aînés
Auteur: Adam David
Une visite à l’urgence, et après ?

C’est un scénario que beaucoup connaissent, malheureusement. Une personne âgée se blesse légèrement, file à l’urgence, se fait soigner, et hop, retour à la maison. Souvent, elle repart sans trop savoir quoi faire pour la suite, sans recommandations précises. On pourrait croire que le repos est la meilleure solution, mais est-ce vraiment le cas ? Une équipe de recherche, basée au Québec et en Ontario, s’est posée une question cruciale : et si on prescrivait du sport ?
L’idée, pilotée par la professeure Marie-Josée Sirois de l’Université Laval, était de voir si un programme d’exercices physiques pouvait aider ces patients à préserver leur autonomie au quotidien. Publiés dans le prestigieux Journal of the American Geriatrics Society, les résultats de cette expérience sont, disons-le, assez frappants. Il semblerait bien que bouger soit un remède bien plus puissant qu’on ne le pense pour maintenir ses capacités après un pépin de santé.
Des chiffres qui parlent : l’ampleur du défi

Pour bien comprendre l’enjeu, il faut regarder la réalité en face. Au Canada, c’est environ 420 000 personnes âgées qui, chaque année, franchissent les portes des urgences pour des blessures mineures. La plupart du temps ? C’est une chute. Et le plus surprenant, c’est que 75 % d’entre elles rentrent chez elles tout de suite après, sans passer par la case hospitalisation. On se dit « ouf, plus de peur que de mal », n’est-ce pas ?
Pourtant, ce n’est pas si simple. Comme l’explique la professeure Sirois — qui œuvre aussi à l’École des sciences de la réadaptation de l’Université Laval et au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval —, environ 17 % de ces gens vont voir leurs capacités fonctionnelles décliner dans les six mois qui suivent. C’est énorme. Pour vérifier si l’exercice pouvait contrer ça, l’équipe a recruté plus de 800 personnes de 65 ans et plus, toutes passées par l’urgence pour un traumatisme mineur avant de rentrer chez elles.
L’expérience a divisé ce beau monde en deux groupes. D’un côté, un groupe témoin de 313 personnes qui a reçu les soins habituels. De l’autre, 526 personnes ont été orientées vers des organismes offrant des programmes d’exercices, comme les programmes PIED ou ÉquiLIBRE, ou alors un programme à faire à la maison pour ceux qui ne pouvaient pas se déplacer. L’objectif ? Voir si bouger changeait la donne.
Résultats : bouger pour ne pas décliner

L’équipe ne s’est pas contentée de regarder de loin ; ils ont évalué l’autonomie des participants à trois moments clés : avant de commencer, puis après 12 semaines d’intervention, et enfin six mois plus tard. On parle ici de choses très concrètes : être capable de prendre son bain, s’habiller, cuisiner, faire ses courses ou simplement se déplacer chez soi. C’est la base de la vie, finalement.
Et c’est là que les résultats du troisième mois sautent aux yeux, surtout chez les personnes dites « préfragiles » (celles qui commencent tout juste à perdre un peu de leurs réserves physiologiques). Tenez-vous bien : dans le groupe ayant fait de l’exercice, seulement 12 % ont subi un déclin fonctionnel. Dans le groupe témoin ? Ce chiffre grimpe à 25 %. La chercheuse est formelle, c’est une différence majeure. L’intervention a littéralement permis de réduire de moitié le taux de déclin.
Bien sûr, avec le temps, l’écart se resserre. C’est normal, comme le souligne Mme Sirois, car les gens finissent par récupérer leurs moyens naturellement. Mais l’exercice accélère cette récupération, surtout pour tout ce qui touche à la mobilité. Il y a aussi un aspect psychologique vital : le fameux syndrome postchute. Quand on tombe, on a peur de retomber. Alors on bouge moins, on s’affaiblit… et on risque encore plus de tomber. C’est un cercle vicieux que le programme d’exercices vient briser net.
Conclusion : Une fin abrupte et une équipe dévouée

L’histoire a cependant une petite note d’amertume. Ce projet de recherche fascinant a dû s’arrêter brusquement au début de la pandémie de COVID-19. Aujourd’hui, la professeure Sirois note que certains hôpitaux distribuent des feuillets pour encourager l’activité physique, mais on est encore loin d’un système organisé. Dans un monde idéal, dit-elle, cela devrait être systématique.
Il faut saluer le travail colossal de toute l’équipe derrière cette étude. Outre Marie-Josée Sirois, l’article du Journal of the American Geriatrics Society est signé par une longue liste d’experts : Joannie Blais, Laurence Fruteau de Laclos, Audrey Desjardins et Marcel Émond (tous de l’Université Laval), ainsi que Pierre-Hugues Carmichael du Centre d’excellence sur le vieillissement de Québec. L’effort était pan-canadien, impliquant aussi Mylène Aubertin-Leheudre (UQAM), Raoul Daoust (Université de Montréal), Debra Eagles et Jeffrey Perry (Université d’Ottawa), Jacques Lee (Mount Sinai Hospital de Toronto) et enfin Nancy Salbach (Université de Toronto). Une belle collaboration pour une cause essentielle.
Selon la source : lesoleil.com
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