Prix Nobel refusé et Trump menace d’invasion d’un allié : les démocrates réclament l’activation du 25e amendement
Auteur: Simon Kabbaj
Une escalade diplomatique sans précédent

Depuis qu’il a repris les rênes du pouvoir, Donald Trump semble avoir fait de l’acquisition du Groenland une affaire personnelle, presque vitale. Ce qui n’était au départ qu’une idée saugrenue s’est transformé en véritable crise diplomatique, le président n’excluant même pas l’usage de la force militaire pour parvenir à ses fins. Vous imaginez un peu le tableau ?
La situation a pris une tournure encore plus dramatique ce lundi, lorsque Trump a envoyé une lettre, disons… musclée, au Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre. Il y réitère son désir ardent de mettre la main sur le territoire autonome. Face à cette obstination qui bouscule toutes les conventions, plusieurs voix démocrates s’élèvent pour dire « Stop ». Leur arme ? Le fameux 25e amendement de la Constitution. L’objectif est clair : destituer le président, jugé inapte à gouverner.
Pour comprendre l’urgence ressentie par ses opposants, il faut voir ce que Trump a écrit sur la plateforme X (anciennement Twitter) et dans sa correspondance. Il semble lier cette exigence territoriale à une rancœur personnelle tenace : son échec à obtenir le prix Nobel de la Paix l’an dernier. C’est du moins ce que suggèrent ses propres mots, d’une franchise déconcertante, où il affirme ne plus se sentir obligé de « penser purement à la Paix ».
La fronde démocrate et l’ombre du Nobel

C’est là que ça devient fascinant, et un peu effrayant, il faut l’avouer. La pilule du Nobel ne passe pas. Rappelons que le prix 2025 a été attribué à María Corina Machado, la leader de l’opposition vénézuélienne, une décision prise par un comité indépendant et non par le gouvernement norvégien, comme Trump semble le croire. Dans sa lettre de lundi, le président américain lâche cette phrase incroyable : « Je ne me sens plus l’obligation de penser purement à la Paix ». Une déclaration qui a mis le feu aux poudres.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Sur X, Sydney Kamlager-Dove, démocrate de Californie, n’a pas mâché ses mots en partageant l’info : « Donald Trump est inapte à diriger et clairement hors de contrôle. Invoquez le 25e amendement. » Elle n’est pas la seule. Le sénateur du Massachusetts, Ed Markey, a repris le même refrain, appelant lui aussi à l’activation immédiate de cette procédure. C’est un tir groupé.
On sent une véritable inquiétude, presque palpable, dans les propos de Yassamin Ansari, élue de l’Arizona. Elle qualifie le président d’« extrêmement malade mentalement » et prévient que cela met « toutes nos vies en danger ». Pour elle, le 25e amendement existe précisément pour ce genre de scénario critique. De son côté, Eric Swalwell, représentant de la Californie, a fait dans la sobriété efficace en postant simplement le chiffre « 25 » en partageant la lettre de Trump. Mais soyons réalistes un instant… Pour que cela aboutisse, il faudrait, selon la section 4 de l’amendement, que le vice-président et une majorité du Cabinet se retournent contre leur chef. Et pour l’instant ? Aucun membre du cabinet n’a bronché. Thom Brooks, professeur de droit à l’université de Durham, nous rappelle d’ailleurs qu’aucun président n’a jamais été destitué ainsi et que les désaccords politiques, aussi vifs soient-ils, ne suffisent généralement pas.
Menaces économiques et ripostes politiques

Pendant que les démocrates s’agitent, la machine républicaine, elle, est plus hésitante, même si certains commencent à grincer des dents. Don Bacon, un républicain du Nebraska, a laissé entendre que cette obsession pour le Groenland pourrait déclencher des efforts de destitution (impeachment) bipartisans, affirmant même à la presse que « ce serait la fin de sa présidence ». C’est dire si le malaise est profond. De l’autre côté de l’échiquier, le démocrate texan Al Green a promis devant le Capitole de tout faire pour « mettre en accusation Donald John Trump » pour avoir créé cette « tache sur la citadelle de la démocratie ».
Mais Trump ne s’arrête pas aux mots. Il passe à la caisse. Sur son réseau Truth Social, il a annoncé samedi une mesure de rétorsion économique brutale : l’imposition de droits de douane de 10 % sur les marchandises provenant d’une liste impressionnante de pays alliés. Tenez-vous bien, cela concerne le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande. Et ce n’est que le début ! Ces tarifs entreront en vigueur le 1er février et grimperont à 25 % le 1er juin si aucun accord sur le Groenland n’est trouvé. C’est du chantage pur et simple.
Sur le plan constitutionnel, le fonctionnement du 25e amendement est complexe. Si la section 1 gère le remplacement en cas de décès ou démission, et la section 3 les incapacités temporaires (comme lors d’une opération médicale), c’est bien la section 4 qui nous intéresse ici. Elle permet une destitution involontaire. Si le président conteste son incapacité, le Congrès a 21 jours pour trancher, nécessitant une majorité des deux tiers à la Chambre et au Sénat. Une barre très haute, surtout quand on sait que les Républicains détiennent la majorité à la Chambre.
Conclusion : Un dialogue de sourds

Face à ce tourbillon, la réponse internationale tente de rester digne mais ferme. Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a rappelé lundi une évidence géographique et politique : « Le Groenland fait partie du Royaume du Danemark ». Il soutient totalement Copenhague et précise avoir expliqué à Trump — apparemment sans succès — que le prix Nobel est décerné par un comité indépendant. Un dialogue de sourds, manifestement.
Trump, lui, persiste et signe sur Truth Social, affirmant que l’OTAN demande au Danemark depuis 20 ans d’éloigner la « menace russe » du Groenland. « Malheureusement, le Danemark a été incapable de faire quoi que ce soit. Maintenant, il est temps, et ce sera fait !!! », a-t-il martelé. Entre appels au 25e amendement, menaces de destitution et guerre commerciale imminente avec l’Europe, ce début d’année 2026 s’annonce plus que tumultueux.
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