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Succession de François Legault : quand la course à la chefferie bouscule la famille caquiste
Crédit: Lea-Kim, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Un départ sur les chapeaux de roues

On sent bien que l’ambiance a changé au sein de la grande famille de la CAQ. Il règne comme une fébrilité, peut-être même un peu trop d’empressement, vous ne trouvez pas ? C’est en tout cas ce que suggère ce malaise palpable causé par la prise de position très — et peut-être trop — rapide de certains ministres. Ils n’ont pas perdu de temps pour afficher leurs couleurs envers l’un ou l’autre de leurs collègues pressentis pour prendre la relève de François Legault.

C’est une situation qui fait sourciller à l’interne. Une source gouvernementale a d’ailleurs utilisé une image assez parlante pour décrire la scène : « On dirait que certains se sentent au début d’une course de cheval et qu’ils vont trébucher un sur l’autre en voulant aller le plus vite possible ». L’expression est juste. On imagine assez bien la bousculade.

Les alliances se dévoilent : qui soutient qui ?

credit : lanature.ca (image IA)

Alors, qui sont ces ministres qui se sont déjà lancés dans la mêlée ? Faisons le point, car les allégeances se dessinent vite. D’un côté, nous avons Mathieu Lacombe et Benoit Charette qui ont clairement donné leur appui à Christine Fréchette. Ils ne sont pas les seuls, remarquez. Il y a aussi Gilles Bélanger. Lui, il n’a pas attendu : il initiait un mouvement en faveur de madame Fréchette dès le lendemain de la démission du chef. C’est dire si certains étaient dans les starting-blocks.

D’un autre côté, les lignes bougent aussi pour Simon Jolin-Barrette. C’est Jonatan Julien qui s’est rangé derrière lui pour sa part. On voit donc les camps se former, ce qui est naturel en politique, mais cela soulève une question de règlements. Vous savez, la commissaire à l’éthique a déjà signalé à la CAQ qu’il y a une apparence de conflit d’intérêts quasi constante pour les ministres qui veulent devenir chef. Résultat ? Les ministres intéressés devront obligatoirement se retirer de leurs fonctions pour se lancer officiellement dans la course.

Mais… qu’en est-il de ceux qui restent ministres tout en appuyant bruyamment un collègue ? C’est là que le bât blesse. Que signifie vraiment leur implication ? Est-ce qu’ils resteront loyaux aux positions prises par la CAQ sous l’ère Legault, ou vont-ils commencer à tirer la couverte pour favoriser les orientations de leur nouveau « poulain » ? C’est une zone grise assez inconfortable.

Flou éthique et risques de dérapage

credit : lanature.ca (image IA)

C’est une situation tellement particulière que même au bureau de la commissaire à l’éthique, on avoue être devant l’inconnu. On nous dit que cette situation « inusitée » n’avait tout simplement pas été prévue lors de la création du code de déontologie. C’est tout dire ! Une porte-parole a tenté de nuancer en affirmant que « le fait d’appuyer un candidat ne constitue pas en soi un avantage personnel ».

Cependant, elle n’a pas manqué de mettre les ministres en garde. Elle rappelle, et c’est important, qu’ils « doivent se consacrer exclusivement à l’exercice de leurs fonctions ». La ligne est mince, très mince même, entre faire de la politique partisane pour un chef potentiel et faire son travail de ministre d’État. La commissaire recommande donc la plus grande prudence. D’ailleurs, cette prudence semble avoir été entendue par certains : au moins deux membres du conseil des ministres, que nous avons contactés, songent fortement à demeurer neutres dans cette tempête.

Conclusion : Un festin pour l’opposition ?

credit : lanature.ca (image IA)

Au-delà de l’éthique, il y a un vrai problème de cohésion qui guette le gouvernement. Chose certaine, pour se démarquer, les candidats prendront probablement leurs distances avec certaines positions de Monsieur Legault. C’est inévitable. Pensez simplement au fameux troisième lien : c’est un sujet loin de faire l’unanimité au sein des troupes. On risque de voir le premier ministre continuer à le défendre, mais au travers de clans désormais divisés.

C’est évidemment du pain bénit pour les adversaires politiques. Il est facile d’imaginer Marc Tanguay, avec le verbe qu’on lui connaît, s’amuser bientôt au salon Rouge. On l’entend presque déjà tonner, sur un ton théâtral : « On ne sait plus qui dirige ce gouvernement-là ». Pour l’opposition, disons-le franchement, ce sera un joyeux festin.

Selon la source : journaldequebec.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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