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Pourquoi s’acharner sur le même sport n’est peut-être pas la clé de la longévité
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’erreur que nous faisons tous avec le sport

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On entend ça depuis toujours, pas vrai ? « Il faut bouger plus ». Alors on court. Ou on nage. Encore et encore. Mais et si la quantité comptait moins que la diversité ? C’est la question un peu provocante, mais essentielle, que soulève une recherche récente publiée dans le journal BMJ Medicine. Ce n’est pas juste une intuition : les chercheurs suggèrent que faire régulièrement un mélange de différentes activités physiques pourrait être le véritable secret pour prolonger la durée de vie.

Ce qui est fascinant ici, c’est que les associations ne sont pas linéaires. Il y a probablement un « effet de seuil » optimal. En gros, varier les plaisirs – plutôt que de s’acharner à faire plus de la même chose – est lié à un risque de décès plus faible, peu importe la quantité totale d’exercice. Bien sûr, avoir un mode de vie actif reste crucial en soi, insistent les chercheurs (ne retournez pas tout de suite sur le canapé !), mais la nuance est de taille.

Alors que l’activité physique a toujours été associée à une meilleure santé physique et mentale, ainsi qu’à un risque de décès réduit, les preuves concernant l’impact des types spécifiques d’activité sont… disons, moins concluantes. Et franchement, on ne savait pas trop si la variété pouvait l’emporter sur la quantité brute. C’est là que l’étude devient vraiment intéressante.

Plongée dans les données : 30 ans d’analyse massive

credit : lanature.ca (image IA)

Pour creuser le sujet – et ils n’ont pas fait les choses à moitié –, les auteurs se sont appuyés sur des données provenant de deux énormes études de cohorte, avec des évaluations répétées de l’activité physique sur plus de 30 ans. On parle de l’étude sur la santé des infirmières (la fameuse Nurses’ Health Study avec 121 700 participantes) et l’étude de suivi des professionnels de santé (Health Professionals Follow-Up Study avec 51 529 hommes). C’est colossal.

Les participants des deux groupes ont rapporté leurs caractéristiques personnelles, antécédents médicaux et infos sur leur mode de vie dès leur inscription, puis tous les 2 ans via des questionnaires. Une vraie discipline. Dans les deux groupes, les infos sur la marche, le jogging, la course, le vélo (y compris d’appartement), la natation, l’aviron ou la gymnastique suédoise, le tennis, le squash ou le racquetball ont été enregistrées à partir de 1986. Mais attendez, ils ont affiné le tir par la suite.

Ils ont ajouté des questions sur la musculation ou les exercices de résistance, les exercices de faible intensité comme le yoga ou les étirements, et même – c’est là qu’on voit que tout compte – les activités vigoureuses comme tondre la pelouse. Ils ont aussi inclus le travail extérieur d’intensité modérée (jardinage, entretien) et le travail extérieur intense, genre creuser ou couper du bois. Ah, et un détail que j’adore : on demandait aussi aux participants combien d’étages ils montaient quotidiennement, en supposant que chaque étage prend environ 8 secondes à monter. Précis, non ?

Pour l’analyse des niveaux totaux d’activité physique, ils se sont basés sur 111 467 participants (70 725 de l’étude des infirmières et 40 742 des professionnels de santé). Pour la variété, c’était basé sur 111 373 personnes. Les chercheurs ont calculé le score MET pour chaque activité en multipliant le temps moyen (heures/semaine) par sa valeur MET. Les METs, c’est l’énergie brûlée par rapport au repos. Le nombre max d’activités individuelles était de 11 pour les infirmières et 13 pour les pros de santé. Sans surprise, la marche était le loisir le plus fréquent, même si les hommes étaient plus enclins à courir ou faire du jogging que les femmes. Fait notable : les participants plus actifs avaient moins de facteurs de risque (tabac, hypertension, cholestérol), un IMC plus bas, mangeaient mieux et étaient plus intégrés socialement.

Les chiffres qui font réfléchir : Risques et bénéfices

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Passons aux choses sérieuses, même si c’est un peu morbide. Durant la période de suivi de plus de 30 ans, 38 847 personnes sont décédées. Pour vous donner le détail : 9 901 de maladies cardiovasculaires, 10 719 de cancers, et 3 159 de maladies respiratoires. L’activité physique totale et la plupart des types individuels (sauf la natation, curieusement) étaient associés à un risque de décès plus faible, toutes causes confondues.

Mais attention, les associations n’étaient pas linéaires. L’effet bénéfique de l’activité totale semblait plafonner après avoir atteint 20 heures MET par semaine. Cela suggère qu’il y a un seuil optimal ; en faire des tonnes de plus ne sert peut-être pas à grand-chose. Regardons les sports un par un, c’est instructif. La marche ? Associée au risque de décès le plus faible : -17% pour ceux qui marchaient le plus. Monter des escaliers ? -10%.

Voici le reste du palmarès (le moins vs le plus) :

  • Tennis, squash ou racquetball : 15% de risque en moins.
  • Aviron ou gymnastique : 14% de risque en moins.
  • Musculation ou exercices de résistance : 13% de risque en moins.
  • Course à pied (running) : 13% de risque en moins.
  • Jogging : 11% de risque en moins.
  • Vélo : seulement 4% de risque en moins.

Mais le vrai gagnant, c’est la variété. Une plus grande variété d’activités était associée à un risque de décès plus faible. Après ajustement pour la quantité, s’engager dans la gamme la plus large d’activités était associé à un risque de décès toutes causes confondues inférieur de 19%. Et pour les maladies spécifiques (cardio, cancer, respi), la baisse allait de 13% à 41%. C’est énorme.

Conclusion : Faut-il tout changer demain ?

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Bon, gardons la tête froide. C’est une étude observationnelle. Comme toujours avec ce genre de travail, on ne peut pas tirer de conclusions définitives sur la cause et l’effet. Les chercheurs reconnaissent d’ailleurs plusieurs limites. Par exemple, les données sur l’activité physique étaient auto-déclarées (on a tous tendance à enjoliver un peu la réalité, non ?) plutôt que mesurées objectivement. De plus, les scores MET supposaient un engagement actif, et le manque d’infos sur l’intensité réelle a pu fausser les vraies dépenses énergétiques.

Il faut aussi noter que les participants étaient principalement blancs, ce qui pourrait limiter la généralisation des résultats à d’autres populations, comme ils le suggèrent eux-mêmes. Néanmoins, leur conclusion reste forte : « Dans l’ensemble, ces données soutiennent l’idée qu’un engagement à long terme dans de multiples types d’activités physiques peut aider à prolonger la durée de vie. » Alors, peut-être qu’il est temps d’essayer le tennis… ou le jardinage ?

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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