Ce que vos dents révèlent sur votre espérance de vie (et c’est assez effrayant)
Auteur: Mathieu Gagnon
Entre la fraise du dentiste et l’éternité

S’allonger sur ce fauteuil en vinyle, sous une lumière crue, c’est probablement la dernière chose qui excite les foules. Franchement, pour la plupart d’entre nous, une visite chez le dentiste se classe quelque part entre remplir sa déclaration d’impôts et se traîner au guichet de l’administration pour renouveler un permis. Rien que le bruit strident de la fraise suffit à transformer la salle d’attente en escape room mentale dont on ne veut qu’une chose : sortir.
Mais bon, il faut se rendre à l’évidence… souffrir un peu sur le moment en vaut la peine. Et je ne parle pas juste d’avoir un beau sourire pour les photos. Prendre soin de ses dents, éviter les caries ou les faire réparer pourrait littéralement ajouter des années à votre compteur de vie.
L’histoire nous le prouve, d’ailleurs. Des restes humains datant du Moyen Âge et de l’Antiquité ont déjà montré que les caries, les abcès dentaires et les inflammations qui se propageaient ensuite dans tout le corps étaient souvent synonymes de maladies graves, voire de mort, bien avant que la dentisterie moderne ne vienne à notre rescousse.
L’étude d’Osaka : Quand 200 000 dossiers livrent leurs secrets

C’est un sujet que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) prend très au sérieux, reconnaissant le déclin de la santé bucco-dentaire comme une préoccupation majeure chez les personnes âgées. Pour creuser la question, des chercheurs de l’Université d’Osaka au Japon ont décidé de plonger dans les archives. Et pas qu’un peu : ils ont épluché les dossiers médicaux et dentaires de près de 200 000 adultes âgés de 75 ans ou plus.
Leurs conclusions ? Elles confirment ce qu’une précédente étude laissait entendre : ceux qui ont plus de dents manquantes ou cariées présentent un risque de mortalité accru par rapport à ceux qui ont des dents saines ou soignées (obturées). C’est assez brutal comme constat.
Dans leur étude récemment publiée dans BMC Oral Health, l’équipe affirme que « le nombre de dents est un indicateur majeur de la santé bucco-dentaire ». Un faible nombre de dents restantes serait un prédicteur d’une variété impressionnante — et inquiétante — de problèmes de santé :
- Perte de poids inexpliquée
- Diabète et hypertension
- Maladies cardiovasculaires
- Insuffisance rénale terminale
- Démence et cancer
Ils vont même jusqu’à lier directement cet état dentaire à la mortalité globale. Pour évaluer le risque, l’équipe d’Osaka a compté le nombre de dents et noté leur état chez ces seniors. Les dents avaient été classées comme saines, obturées ou cariées par des dentistes lors d’examens préalables. Ensuite ? Ils ont observé les sujets sur une période de 3,4 ans. Résultat : la probabilité de mourir, toutes causes confondues, avait une association forte avec le nombre total de dents saines et soignées. La plupart des sujets décédés avant la fin de l’étude avaient soit des dents manquantes, soit des caries non traitées.
Ce que les États-Unis et la Finlande confirment (et la nuance des plombages)

Il n’y a pas qu’au Japon que les chiffres parlent. D’autres découvertes viennent appuyer ces affirmations, parfois avec des nuances intéressantes. Aux États-Unis, par exemple, l’enquête nationale sur la santé et la nutrition (NHANES) a suggéré que les sujets avec des dents cariées non soignées — comprenez par là, sans plombages, couronnes ou dévitalisations — présentaient un risque plus élevé de mortalité, toutes causes confondues, et particulièrement de mortalité cardiovasculaire.
Une étude finlandaise apporte une précision cruciale, presque rassurante pour ceux qui ont déjà passé des heures la bouche ouverte chez le praticien. Les sujets atteints de maladies coronariennes dont les caries avaient été soignées (obturées) avaient tendance à vivre nettement plus longtemps que ceux qui avaient laissé leurs dents se dégrader sans plombages. Ce qui manquait jusqu’alors dans les données, c’était une étude prenant en compte à la fois le nombre de dents et leur état précis, ce que l’équipe d’Osaka a finalement réalisé.
Fragilité orale et conclusion : Gagner une année de vie

Une autre étude récente, menée cette fois par une équipe de l’Institut des Sciences de Tokyo et publiée dans Geriatrics & Gerontology, s’est penchée sur ce qu’on appelle la « fragilité orale ». De quoi s’agit-il ? C’est un ensemble de symptômes un peu triste : dents manquantes, bouche sèche, difficultés à parler, ou encore problèmes pour mâcher et avaler.
Les chercheurs ont examiné un peu plus de 11 000 adultes âgés souffrant de ces problèmes. Le verdict est sans appel : ceux qui présentaient trois de ces symptômes ou plus étaient 1,34 fois plus susceptibles de mourir au cours de l’étude.
Le mécanisme est assez logique, quand on y pense. La fragilité orale peut raccourcir l’espérance de vie à cause de conditions liées à ces symptômes, comme la malnutrition. Si vous ne pouvez pas mâcher ou avaler correctement, vous vous affaiblissez physiquement. Mais il y a une bonne nouvelle : les visites chez le dentiste permettraient d’ajouter environ un an d’espérance de vie en bonne santé.
Comme l’ont souligné les chercheurs de Tokyo : « Le statut [de fragilité orale] est significativement associé à une espérance de vie en bonne santé plus faible… Les visites dentaires sont associées à une espérance de vie en bonne santé plus longue pour les deux sexes, quel que soit le statut. » Alors oui, ce rappel de rendez-vous pour un plombage sur votre téléphone peut piquer un peu, mais savoir qu’il pourrait vous garder en vie plus longtemps rendra peut-être ce fauteuil un tout petit peu plus supportable.
Selon la source : popularmechanics.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.