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Pourquoi notre première rencontre avec des extraterrestres sera probablement brutale
Crédit: lanature.ca (image IA)

Oubliez la subtilité

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On s’imagine souvent le premier contact avec une intelligence extraterrestre comme dans les films : un signal radio discret, rythmé, caché au fond du bruit cosmique, qu’il faudrait décoder avec patience. Eh bien, oubliez cette image romantique. Selon une étude récente, si nous tombons un jour sur eux, ce sera probablement parce qu’ils auront fait quelque chose de si énorme, de si violent ou de si bruyant qu’il sera impossible de les rater.

Cette perspective change pas mal de choses, vous ne trouvez pas ? C’est ce que suggère David Kipping, chercheur à l’Université de Columbia, dans un nouvel article de recherche intitulé « L’Hypothèse Eschatienne » (The Eschatian Hypothesis). Son travail, qui doit paraître dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, s’appuie sur une logique implacable tirée de notre propre histoire.

En gros, ce que nous remarquons en premier en dit souvent plus sur ce qui est « visible » que sur ce qui est « typique ». C’est un biais de sélection classique, mais appliqué à l’échelle galactique.

Les leçons du passé : pourquoi l’extrême l’emporte toujours

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Pour comprendre où Kipping veut en venir, il faut regarder en arrière. L’histoire de la découverte de plus de 6 000 planètes connues orbitant autour d’autres étoiles est assez révélatrice. L’Hypothèse Eschatienne soutient que les premières détections favorisent toujours les signaux extrêmes et inhabituellement forts. Kipping l’écrit noir sur blanc : « Les premières signatures d’intelligence extraterrestre seront elles aussi hautement atypiques. »

Rappelez-vous… ou imaginez, si vous n’étiez pas né. En 1992, des astronomes ont rapporté la découverte de planètes orbitant non pas autour d’une étoile normale, mais autour d’un pulsar. C’est une étoile à neutrons en rotation rapide qui émet des impulsions radio chronométrées. Un environnement infernal. Les relevés ultérieurs ont montré que de tels systèmes sont rares, très rares même. Mais on les a vus en premier. Pourquoi ?

Simplement à cause de la précision du timing. Le chronométrage des pulsars produit des impulsions extrêmement régulières. Du coup, même les petites attractions gravitationnelles des planètes provoquent des décalages évidents pour les détecteurs. Chaque orbite modifie légèrement le calendrier d’arrivée de l’impulsion car la gravité fait osciller le pulsar. Ce motif se répète, permettant une vérification facile. Cette amplification naturelle explique pourquoi un système aussi inhabituel peut entrer dans les registres en premier.

C’est la même histoire avec les « Jupiters chauds ». Les premières recherches autour d’étoiles semblables au Soleil ne cessaient de trouver ces mondes énormes sur des orbites serrées. Ils tiraient fortement sur leur étoile. Pourtant, les astronomes ont appris plus tard qu’un Jupiter chaud — une géante gazeuse orbitant extrêmement près de son étoile — n’apparaît qu’autour d’environ un pour cent des étoiles semblables au Soleil. Ce décalage entre les premiers comptages et les taux réels montre bien comment nos méthodes de détection peuvent faire passer le rare pour l’ordinaire.

Levez les yeux au ciel la nuit. Vous voyez environ 2 500 étoiles, n’est-ce pas ? Eh bien, environ un tiers d’entre elles sont des géantes vieillissantes et enflées. Pourtant, ces étoiles géantes représentent moins d’un pour cent de toutes les étoiles existantes. C’est la luminosité, et non l’abondance, qui dicte ce que votre œil perçoit. C’est le même piège.

Mathématiques de la visibilité et pollution cosmique

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Kipping utilise un « modèle jouet » (un modèle simplifié) pour peser les choses : combien de temps une civilisation reste-t-elle « bruyante » par rapport à la distance à laquelle on peut la détecter ? Le calcul est fascinant. Si une société n’est bruyante que pendant une infime fraction de sa vie (disons 10 puissance -6 de son existence), elle doit émettre au moins un pour cent de son énergie totale durant cette phase pour être vue.

Ce déséquilibre montre l’avantage écrasant que la luminosité confère à une phase éphémère. Pourquoi ? Parce que la portée de détection s’accroît rapidement à mesure que la puissance émise augmente. C’est là qu’interviennent les fameuses technosignatures. Elles peuvent provenir de chaleur résiduelle, de fuites radio ou même de pollution chimique, tant qu’elles diffèrent du fond naturel.

Les chercheurs testent si un motif se répète, car les systèmes techniques conservent souvent un timing et une fréquence stables. L’hypothèse traite donc tout écart fort comme un candidat potentiel, même si la nature finit parfois par l’expliquer par un événement inconnu. Mais parlons de pollution, car c’est un point clé. Une atmosphère peut enregistrer des sous-produits industriels. Ces gaz peuvent se démarquer car ils absorbent la lumière des étoiles à des longueurs d’onde spécifiques.

Une tentative de modélisation a testé les chlorofluorocarbures (CFC), ces gaz industriels qui persistent pendant des décennies. L’étude a estimé leur détectabilité près de TRAPPIST-1e, une planète rocheuse orbitant autour d’une petite étoile voisine, avec environ 100 heures d’observation. Ce genre de travaux montre que la pollution pourrait devenir un signal « fort », même si la distance et le bruit des télescopes imposent des limites strictes.

Et c’est là qu’une idée un peu sombre émerge. Les civilisations pourraient devenir plus bruyantes précisément lorsqu’elles perdent leur stabilité. Les crises poussent la consommation d’énergie et la pollution à la hausse en très peu de temps. Regardez-nous : brûler des combustibles fossiles augmente le dioxyde de carbone, ce gaz piège la chaleur infrarouge et modifie le rayonnement sortant de notre planète. Le signal le plus fort pourrait-il être un effondrement, une agonie qui projette pollution et chaleur résiduelle dans l’espace, plutôt qu’un appel délibéré ?

Conclusion : Chercher l’éclair dans la nuit

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Alors, comment on les trouve ? Les relevés à grand champ fonctionnent mieux lorsqu’ils revisitent souvent les mêmes régions pour signaler rapidement les changements soudains. L’Observatoire Vera C. Rubin va lancer le Legacy Survey of Space and Time, traquant ce qu’on appelle les « transitoires », des éclairs ou des affaiblissements de courte durée dans le ciel. Une civilisation « bruyante » qui ne dure que quelques jours ou semaines pourrait s’inscrire comme un transitoire, même si cela ne se répète jamais.

L’hypothèse soutient que la cadence — la fréquence à laquelle un télescope revisite la même zone — compte autant que la sensibilité. Des scans fréquents construisent une chronologie, aidant les chercheurs à distinguer une véritable anomalie d’une étoile variable lente. Bien sûr, la chasse aux anomalies commence par le nettoyage des données : mauvais pixels, traînées de satellites… tout cela doit être trié. La nature obéit à une physique cohérente, pas les bugs.

Au final, ce premier contact pourrait arriver comme un cas angoissant, car le biais de sélection favorise les signatures les plus intenses et instables. Si l’hypothèse tient, une civilisation détectée pourrait déjà être en train de changer rapidement, limitant toute chance de communication bidirectionnelle. Les futures recherches couvriront plus de ciel, mais elles devront traiter chaque signal étrange comme une piste, pas une conclusion. Pour info, l’étude est également notée comme publiée dans les Research Notes of the American Astronomical Society.

Selon la source : earth.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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